© DRIls sont vingt, vingt français et familles qui doivent retenir leur souffle alors que le Fisc s'apprête à passer au crible leurs finances personnelles. C'est le dernier épisode de l'affaire de la fraude fiscale massive au Liechtenstein qui touche de nombreux pays en Europe. "La Direction générale des impôts va lancer dans les jours qui viennent des contrôles fiscaux approfondis sur vingt groupes familiaux ou personnes", a annoncé le ministre du budget Eric Woerth devant la commission des Finances du Sénat. Cette enquête, appelée "examen de la situation fiscale personnelle" (ESFP), portera notamment pour les personnes concernées sur l'impôt sur le revenu, l'Impôt sur la fortune (ISF) et les droits de mutation, a-t-il précisé.
Eric Woerth a rappelé que les autorités françaises avaient reçu fin 2007 une liste de 200 personnes regroupées en "64 groupes familiaux", soupçonnées d'évasion fiscale via le Liechtenstein. Les Britanniques ont ensuite transmis "fin janvier 2008" des éléments complémentaires sur vingt groupes familiaux. Le contrôle fiscal approfondi portera sur ces derniers.
"Fisc judiciaire"
Le ministre a indiqué qu'une "deuxième vague" de contrôles sur les autres personnes soupçonnées "débutera quand nous aurons des éléments plus probants pour la déclencher dans de bonnes conditions". Il a rappelé qu'au total, les sommes transférées au Liechtenstein par ces Français représentaient un montant d'un milliard d'euros. Plus généralement, M. Woerth s'est prononcé pour la création d'un "fisc judiciaire", à l'image de ce qui existe en Allemagne et qui a permis, selon lui, aux autorités de ce pays de détecter plus rapidement la fraude.
"On pourrait réfléchir à un fisc judiciaire", a-t-il dit, "soit en fusion avec la douane (...) soit d'une façon séparée". Eric Woerth a aussi réaffirmé sa volonté d'une modification de la loi européenne pour mieux lutter contre la fraude fiscale afin de mieux combattre les paradis fiscaux. Le ministre français a rappelé qu'il travaillait sur ce sujet avec son homologue allemand, Peer Steinbrück, tout en soulignant que ce serait "long et difficile" car cette question requiert "l'unanimité" des membres de l'UE. La justice italienne vient par ailleurs de placer sous enquête 390 personnes dont les noms se trouvent sur la liste de titulaires de comptes au Liechtenstein.
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