Les biocarburants ont perdu la bataille de l'Allemagne

le 05 avril 2008 à 11h23 , mis à jour le 05 avril 2008 à 11h57

L'Allemagne a abandonné l'idée de développer massivement les biocarburants, vivement critiqués et inadaptés pour plus de trois millions de véhicules.

Huile moteur biocarburant essence plein pompe © TF1

L'Allemagne était jusqu'à présent l'un des pays européens les plus en pointe en matière de biocarburants. Le coup d'arrêt annoncé vendredi a donc un retentissement d'autant plus grand. Selon le ministre allemand de l'Environnement, Sigmar Gabriel, Berlin a décidé de renoncer au au développement massif de ces carburants, projet qui était pourtant un des piliers de sa politique environnementale.

Selon une estimation de la fédération allemande des importateurs de voitures VDIK publiée vendredi, environ 3,3 millions de véhicules, soit 30% des voitures étrangères, sont incapables de rouler avec le mélange d'éthanol et d'essence classique que Berlin voulait imposer. Or le ministre de l'Environnement avait prévenu que si le nombre de véhicules inadaptés dépassait le million, il abandonnerait le projet.

Pourquoi les écologistes critiquent les biocarburants

Cette annonce représente un coup dur pour les carburants verts, autrefois présentés comme la solution miracle au réchauffement climatique mais aujourd'hui décriés par nombre d'écologistes. Le projet, intitulé E10, prévoyait de porter de 5% à 10% dès 2009 la proportion d'éthanol dans l'essence classique pour réduire les émissions de CO2. Mais le mélange, plus corrosif que le carburant classique, risque d'user trop vite certaines pièces des moteurs et est inadapté pour les véhicules plus anciens, notamment de plus de quinze ans. Le projet E10 était par ailleurs sous le feu des critiques depuis plusieurs semaines de la part d'associations écologistes comme Greenpeace, qui dénoncent les conditions de culture du colza ou du soja indispensables aux biocarburants, et de la part du très puissant club allemand des automobilistes ADAC qui craignait un surcoût pour les consommateurs.

L'abandon du projet représente également un coup dur pour la politique environnementale du gouvernement allemand, qui avait choisi d'aller plus loin et plus vite que l'Union européenne dans ses ambitions de réduction d'émissions de CO2. Avec, entre autres, comme argument: les biocarburants. "Il n'y a pas de contrainte de temps ni de nécessité pour un cavalier seul de la République fédérale d'Allemagne. Chaque stratégie de protection de l'environnement doit impérativement être harmonisée au niveau européen et appliquée", a ainsi commenté le président de la fédération VDIK, Volker Lange.

D'après agence

le 05 avril 2008 à 11:23
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