Luc Chatel secrétaire d'Etat à la consommation et au tourisme © LCI.frS'il en doutait encore, Luc Chatel a pu constater mardi que la France n'était pas un pays bon marché. Le secrétaire d'Etat à la Consommation a fait ses courses dans un hypermarché de Strasbourg puis dans un supermarché de la ville allemande voisine de Kehl. Verdict : les produits de grande marque sont de 20 à 30% moins chers de l'autre côté du Rhin.
"C'est la démonstration que sur les grandes marques, la loi française a été perverse et structurellement inflationniste", a estimé Luc Chatel lors d'une conférence de presse. Une démonstration qui a permis au secrétaire d'Etat à la Consommation de vérifier sur le terrain les différences de prix qui justifient, selon lui, la réforme des règles de la concurrence prévue dans la loi de modernisation de l'économie (LME).
de 300 à 1000 m2
Le projet de loi, qui sera examiné par les députés à partir du 27 mai, rétablit la liberté de négociation entre distributeurs et fournisseurs et relève de 300 à 1.000 m2 le seuil à partir duquel l'implantation d'une grande surface requiert une autorisation en commission départementale d'équipement commercial.
En Allemagne, seules les surfaces de plus de 800 m2 en centre-ville relèvent d'une autorisation spécifique, ce qui a favorisé depuis quinze ans le développement du hard-discount et a poussé les enseignes traditionnelles à baisser leurs prix.
65% des produits moins chers en Allemagne
"Notre objectif est d'avoir la même législation en France et en Allemagne", a précisé Luc Chatel dans les rayons du Kaufland de Kehl. Dans ce supermarché de 3.500 m2, il a rempli son chariot des mêmes produits achetés une demi-heure plus tôt dans un magasin Auchan de 13.000 m2. Bilan à la caisse : une différence de prix de 14,33% en faveur de l'Allemagne en dépit d'une TVA moins favorable.
Si les petits suisses Danone, le thon Saupiquet ou le shampooing Garnier sont sans conteste moins chers en Allemagne, la France reprend l'avantage pour les premiers prix ou pour le fromage.
Une enquête réalisée en 2007 par l'Euro info consommateurs de Kehl, une structure franco-allemande, montrait que 65% des produits étaient moins chers en Allemagne. Selon la directrice, Martine Mérigeau, "40% de la clientèle à Kehl est une clientèle française".
| Se nourrir coûte toujours plus cher |
Entre février 2007 et février 2008, les prix des produits alimentaires ont augmenté de 5% en France, selon l'INSEE. La situation est similaire dans la plupart des pays européens : +5,8% pour la zone euro, +6,6% pour l'ensemble de l'Union européenne. Par ailleurs, le directeur général de la Banque Mondiale, Juan José Daboub, a estimé mardi que "les prix des produits alimentaires de base pourraient rester élevés au cours des trois prochaines années, ce qui risque d'entraver la lutte contre la pauvreté". |
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