Sarkozy veut rassurer les fournisseurs

le 13 mai 2008 à 07h49 , mis à jour le 13 mai 2008 à 11h31

Le président va visiter mardi une usine de yaourt en Isère. Objectif : expliquer le projet de loi de modernisation de l'économie, qui mise sur la concurrence pour faire baisser les prix.

Nicolas Sarkozy Gard retraites emploiNicolas Sarkozy dans le Gard mardi 6 mai © TF1

"Expliquer l'action gouvernementale". Le président Nicolas Sarkozy l'a fait la semaine dernière dans le Gard à propos de l'emploi des seniors. Il s'y attelle à nouveau mardi lors d'un déplacement en Isère sur le thème de la modernisation de l'économie (LME). A Vienne, le chef de l'Etat va défendre ce projet de loi, et en particulier son volet le plus controversé : le renforcement de la concurrence pour faire baisser les prix dans la distribution. Une visite en deux étapes : d'abord une usine de Yaourt pour illustrer les relations entre fournisseurs et distributeurs, puis une table ronde. L'Assemblée nationale doit se saisir à partir du 27 mai de ce texte, qui mise sur la concurrence pour améliorer le pouvoir d'achat.
 
Le chef de l'Etat "est convaincu que le passage à l'euro a été l'occasion d'une hausse des prix qui n'était ni rationnelle ni mécanique", rappelle son entourage. Pour faire jouer davantage la concurrence, la LME prévoit une série de mesures. Ainsi, instaurer une liberté de tarifs et de négociation des conditions générales de vente entre fournisseurs et distributeurs, sans contrepartie obligatoire aux discriminations tarifaires. Les fournisseurs, en particulier les PME agroalimentaires, redoutent que cela se traduise par une pression accrue des groupes de la grande distribution sur leurs marges, même si la vente à perte reste exclue. La LME prévoit par ailleurs d'abaisser à 60 jours les délais maximum de paiement à compter du 1er janvier 2009.
 
"Lutter à armes égales"
 
Une autre disposition inquiète les élus et les petits commerçants : l'allègement de la procédure d'autorisation pour l'implantation de nouvelles grandes surfaces. "Il y a en France trop de zones de chalandise qui ne bénéficient pas d'une situation concurrentielle satisfaisante", explique la présidence de la République. Pour tenter d'y remédier, la LME porte de 300 à 1.000 m2 le seuil à partir duquel un commerce doit obtenir une autorisation pour s'implanter, ce qui favoriserait les "hard-discounters" type Aldi ou Lidl. En outre, les installations seront désormais libres pour l'hôtellerie, les stations de distribution de carburants, les concessions automobiles, etc.
 
L'entourage de Nicolas Sarkozy récuse l'idée selon laquelle cette disposition menacerait la survie du petit commerce. "Le petit commerce rend des services particuliers. Là où il existe, il persistera parce que, précisément, il rend des services que les autres ne rendent pas", fait valoir l'Elysée, lui reconnaît cependant qu'il faut permettre au petit commerce de "lutter à armes égales" et de se développer.
 
Améliorations possibles
 
La LME prévoit par ailleurs deux semaines de soldes supplémentaires, dont les dates seront fixées librement par les commerçants, sous réserve d'une déclaration préalable. Enfin, ce texte prévoit la création d'une Autorité de la concurrence, qui se substituera au Conseil de la concurrence et disposera de pouvoirs d'enquête et de contrôle renforcés. Selon l'Elysée, "il n'est pas question de faire un contrôle des prix mais d'observer les prix" afin de dénoncer les hausses trop importantes et de mieux informer les consommateurs.
 
La présidence de la République se dit ouverte à des améliorations du texte, qui doit être adopté avant l'été, notamment pour le développement des petites entreprises.

le 13 mai 2008 à 07:49
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7 Commentaires

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  • André, le 13/05/2008 à 10h35

    Bravo Monsieur le Président, et merci pour tout ce que vous faites pour sortir la France du bourbier dans lequel nous nous sommes enfonçé depuis plus de quarante ans.

  • Michel, le 13/05/2008 à 10h34

    Je vis en angleterre et je constate que la livre a fortement baisse et les prix n'ont cesse d'augmenter. Comment notre super economiste de calibre international qu'est notre president explique cela ?

  • Bruno, le 13/05/2008 à 10h20

    Parfait, des Lidle et autre discounter avec leur bouffe horrible de tres basse qualité pour les pauvres smicards a 1000 Euros et les 'Fauchon' avec des produits de tres haute qualité pour les nantis ! belle société qu'il nous prépare sans compter que les ouvriers meurent largement plus tot que les cadres ou autres cadres dirigeants ou artisans, avec de telles pratique culinaire, cet ecart s'aggravera ! Donc Messieurs a 1000 euros, vous inquietez pas, on s'occupe de vous, on va vous nourrir avec des sous produits pendant que votre patron se tapera une bonne escalope de veau ! C'est inadmissible !

  • Pére, le 13/05/2008 à 09h37

    Seule solution pour le pouvoir d'achat Monsieur Sarkosy ,augmenter les salaires et les retraites de 171% comme vous avez fait pour vous ;cela est possible puisque tous les FRANCAIS sont égaux devant la loi , enfin en parole seulement .

  • Armand, le 13/05/2008 à 09h03

    "La concurrence pour faire baisser les prix"... Amen.

  • Noemie, le 13/05/2008 à 08h32

    Je vis en Allemagne où les épiceries n'existent pas car leur service est rendu par les magasins "Hard discount". En effet, ici il y a ces magasins à tous les coins de rue. Avant de dire que le petit commerce rend des services particuliers que les autres ne rendent pas, allez regarder comment ca se passe là où ces petites grandes surfaces sont bien implantées. Je ne trouve pas de boucherie ici, elles sont très rares. Je n'ai jamais vu d'épicerie dans les deux régions où j'ai habité. Les seuls petits commerces qui subsistent, ce sont les boulangeries. Ca risque fortement de tuer les épiceries, moi j'en suis sûre. Mais puisque des politiques le disent, eux qui ne vont pas faire leurs courses eux-mêmes et qui connaissent tous les pays du monde pour y avoir fait des discours et avoir visité les aéroports, les ambassades et les résidences des gouvernants, alors c'est qu'ils ont raison, bien sûr...

  • Claude, le 13/05/2008 à 08h12

    Sarkozy et le pouvoir d'achat : le gag du quinquennat ou comment gagner une election en prenant les Français pour des couillons !

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