Nicolas Sarkozy dans le Gard mardi 6 mai © TF1"Expliquer l'action gouvernementale". Le président Nicolas Sarkozy l'a fait la semaine dernière dans le Gard à propos de l'emploi des seniors. Il s'y attelle à nouveau mardi lors d'un déplacement en Isère sur le thème de la modernisation de l'économie (LME). A Vienne, le chef de l'Etat va défendre ce projet de loi, et en particulier son volet le plus controversé : le renforcement de la concurrence pour faire baisser les prix dans la distribution. Une visite en deux étapes : d'abord une usine de Yaourt pour illustrer les relations entre fournisseurs et distributeurs, puis une table ronde. L'Assemblée nationale doit se saisir à partir du 27 mai de ce texte, qui mise sur la concurrence pour améliorer le pouvoir d'achat.
Le chef de l'Etat "est convaincu que le passage à l'euro a été l'occasion d'une hausse des prix qui n'était ni rationnelle ni mécanique", rappelle son entourage. Pour faire jouer davantage la concurrence, la LME prévoit une série de mesures. Ainsi, instaurer une liberté de tarifs et de négociation des conditions générales de vente entre fournisseurs et distributeurs, sans contrepartie obligatoire aux discriminations tarifaires. Les fournisseurs, en particulier les PME agroalimentaires, redoutent que cela se traduise par une pression accrue des groupes de la grande distribution sur leurs marges, même si la vente à perte reste exclue. La LME prévoit par ailleurs d'abaisser à 60 jours les délais maximum de paiement à compter du 1er janvier 2009.
"Lutter à armes égales"
Une autre disposition inquiète les élus et les petits commerçants : l'allègement de la procédure d'autorisation pour l'implantation de nouvelles grandes surfaces. "Il y a en France trop de zones de chalandise qui ne bénéficient pas d'une situation concurrentielle satisfaisante", explique la présidence de la République. Pour tenter d'y remédier, la LME porte de 300 à 1.000 m2 le seuil à partir duquel un commerce doit obtenir une autorisation pour s'implanter, ce qui favoriserait les "hard-discounters" type Aldi ou Lidl. En outre, les installations seront désormais libres pour l'hôtellerie, les stations de distribution de carburants, les concessions automobiles, etc.
L'entourage de Nicolas Sarkozy récuse l'idée selon laquelle cette disposition menacerait la survie du petit commerce. "Le petit commerce rend des services particuliers. Là où il existe, il persistera parce que, précisément, il rend des services que les autres ne rendent pas", fait valoir l'Elysée, lui reconnaît cependant qu'il faut permettre au petit commerce de "lutter à armes égales" et de se développer.
Améliorations possibles
La LME prévoit par ailleurs deux semaines de soldes supplémentaires, dont les dates seront fixées librement par les commerçants, sous réserve d'une déclaration préalable. Enfin, ce texte prévoit la création d'une Autorité de la concurrence, qui se substituera au Conseil de la concurrence et disposera de pouvoirs d'enquête et de contrôle renforcés. Selon l'Elysée, "il n'est pas question de faire un contrôle des prix mais d'observer les prix" afin de dénoncer les hausses trop importantes et de mieux informer les consommateurs.
La présidence de la République se dit ouverte à des améliorations du texte, qui doit être adopté avant l'été, notamment pour le développement des petites entreprises.
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