L'hémicycle de l'Assemblée nationale © TF1/LCIDernièrement, le secrétaire d'Etat à la consommation Luc Chatel estimait que le texte sur la modernisation de l'économie (LME), qui veut relancer la croissance par la baisse des prix, pouvait faire baisser l'inflation de 1,6 point sur trois ans. En présentant le projet de loi en avril, François Fillon tablait sur "0,3% de croissance supplémentaire chaque année et 50.000 emplois par an". Alors que les députés s'attaquent ce lundi au texte, le député UMP qui va défendre le texte à l'Assemblée, Jean-Paul Charié, a tempéré : "Je suis incapable de vérifier la pertinence de ce calcul".
De son côté, le PS a déjà tiré à vue sur une loi que les Français vont "payer cher" : "travail au rabais", "concurrence au rabais", "épargne au rabais"... Et ce dimanche, l'ex-ministre PS de l'Economie Michel Sapin a lancé une nouvelle charge en estimant que le projet n'est que du "blabla". "Lorsque les grandes enseignes se battront pour un seul emplacement, la tentation de corruption sera considérable. Le projet de loi LME réintroduit de l'opacité, avec les risques de dérapage que cela représente. Je crains le retour du soupçon", a ajouté dans Le Journal du dimanche celui qui fut le promoteur en 1993 d'une loi sur la prévention de la corruption.
1500 amendements annoncés
Mais outre le PS, la loi concentre les attaques et les soupçons. Avant la discussion générale lundi, le Premier ministre a continué à négocier tout le week-end, et jusqu'à ce lundi, avec les députés UMP opposés à l'un des points-clés de la LME, l'assouplissement des conditions d'installation des grandes surfaces dans les villes au nom de la concurrence voulue par le gouvernement. Jusqu'à cet accord de principe entre le gouvernement et la majorité, arraché lors d'une réunion à laquelle participaient, outre François Fillon, Luc Chatel, secrétaire d'Etat à la Consommation, Jean-François Copé, président du groupe UMP à l'Assemblée, Patrick Ollier, président de la commission des Affaires économiques, et le rapporteur du texte Jean-Paul Charié. Le projet de loi inclura donc bien le relèvement du seuil de 300 m2 à 1000 m2 pour les implantations commerciales tout en dotant les maires de pouvoir d'intervention renforcés...
La question des grandes surfaces n'est pourtant qu'un aspect de la LME, avec les PME (réduction des délais de paiement...), l'attractivité des territoires (généralisation du très haut débit en fibre optique...), le financement de l'économie (généralisation du Livret A...). Ce texte devrait être débattu pendant deux semaines à l'Assemblée, dont les services indiquent qu'ils ont rarement vu autant d'amendements aussi techniques. Au total 1500 amendements sont annoncés, dont 350 seulement de l'opposition, les autres provenant de députés de la majorité. Preuve que ces derniers sont loin de se satisfaire du texte tel qu'il est sorti du Conseil des ministres.
D'après agence
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