L' UFC-Que Choisir © DR"Avec cet amendement, Numericable sera libre de pénétrer dans les immeubles où il est déjà présent et de déployer ses infrastructures sans que les copropriétés, encore traumatisées par ses agissements lors du déploiement du câble, aient leur mot à dire". L'UFC-Que Choisir a dénoncé mardi un amendement voté à l'Assemblée dans le cadre de la Loi de modernisation de l'économie qui permet à Numericable "d'échapper à la future réglementation" sur l'internet à très haut débit par fibre optique, estimant qu'il "tue la concurrence".
Dans ce communiqué publié en commun avec l'ARC (Association des responsables de copropriété), l'association de défense des consommateurs s'insurge contre "le cadeau de dernière minute fait à Numericable" qui va "mettre à bas l'ensemble des principes prévus dans la loi, notamment l'équilibre établi entre les droits et devoirs des copropriétés et ceux des opérateurs".
"Une bourde monumentale"
A l'origine de la publication de ce communiqué vengeur : l'article 29 de la LME, texte actuellement en discussion à l'Assemblée nationale, qui prévoit un cadre aux relations entre opérateurs et gestionnaires d'immeubles. Un article dont l'insertion dans la loi avait été permis par "une action et une concertation menées depuis plusieurs mois par l'ARC et l'UFC-Que Choisir", affirme le communiqué. Il prévoit que les copropriétés devront permettre l'accès des opérateurs de fibre optique, mais qu'en contrepartie, ceux-ci devront signer une convention qui précise leurs obligations (engagement sur la qualité des travaux, sur la mutualisation...). Une obligation à laquelle Numericable échapperait donc du fait d'un amendement...
L'UFC met en doute la volonté de Numericable, "une entreprise détenue par des fonds d'investissements étrangers qui ont comme objectif une valorisation à court terme de leurs actifs", d'investir et d'innover. Alors que les opérateurs vont installer la fibre jusqu'aux habitations, Numericable "se contente de déployer la fibre jusque dans les caves des immeubles (...) puis ensuite utilise ses anciennes installations (coaxial)", fait valoir l'association. "Le gouvernement soutient un acteur qui déploie une technologie non pérenne et incompatible avec celle des autres, annihilant toute possibilité de mutualisation et donc de concurrence !", souligne encore l'UFC qui appelle les sénateurs à "corriger" une "bourde monumentale".
D'après agence
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