Les Carrefour, Leclerc, Auchan épargnés par la loi ?

Par , le 03 juin 2008 à 17h36 , mis à jour le 05 juin 2008 à 18h19

La Loi de Modernisation de l'Economie devrait faciliter le développement des enseignes à bas prix. Tout en protégeant les géants français des supermarchés ?

prix coût supermarché tichet de caisse inflationImage d'archives © TF1

La LME (Loi de Modernisation de l'Economie), sera-t-elle une "Loi Maxi Economies" pour les ménages ? C'est la promesse de Christine Lagarde qui présente le développement de la concurrence entre supermarchés comme un volet phare de son projet. Pour parvenir à ses fins, la première mesure dégainée par la ministre de l'Economie est le changement des règles d'implantation de nouvelles grandes surfaces. Il devrait permettre d'intensifier la concurrence en favorisant en particulier les magasins hard discount, "maxidiscompte" en français, qui cassent les prix.
 
Le texte prévoit un relèvement du seuil des procédures d'autorisation d'installation de 300 à 1.000m2 de surface hérité de la très critiquée Loi Raffarin. En clair, pour s'implanter, les nouveaux magasins de moins de 1000m2 n'auront aucune autorisation à demander. Une belle épine enlevée du pied du hard discount qui se voit refuser près d'une demande sur deux, parfois pour des motifs assez obscurs.
 
L'UMP hésitante
 
Un obstacle s'était levé devant cette première initiative : les députés UMP, qui sont souvent maires, s'inquiétaient de perdre leur pouvoir sur les futures implantations. Pour les rassurer, Matignon a promis que trois amendements leur seront proposés (un renforcement du droit de préemption des maires, la possibilité pour eux de saisir l'autorité de concurrence créée par la LME ou une commission départementale dans les communes de moins de 15.000 habitants).
 
Mais pas question pour autant de renoncer à cette avancée. "Le maire ne doit pas être l'arbitre de la concurrence. Là, on rentre dans un système administré, et ce système administré a donné les pires résultats qui soient. Malgré le fait qu'on ait contrôlé l'implantation des grandes surfaces de manière extrêmement sévère dans notre pays, on a la concentration de grandes surfaces la plus élevée, et finalement les prix les plus élevés", a justifié François Fillon.
 
Les Leclerc, Carrefour et Auchan restent discrets
 
Pour faire baisser les prix, la LME réinstaure aussi la négociabilité des tarifs entre clients et fournisseurs, c'est à dire entre les grandes surfaces et ceux qui leur vendent des produits. Le Parti Socialiste juge ce volet bien timide. François Brottes, le vice-président du groupe PS à l'Assemblée considère, dans une interview à Libération, que "le texte que l'on nous propose ne va modifier en rien le fonctionnement de la concurrence. Il va plutôt conforter les positions acquises par la grande distribution. Et pressurer encore davantage les PME et les petits agriculteurs".
 
Et François Brottes de proposer une mesure bien plus radicale. Que l'Autorité de la concurrence créée par la loi "puisse obliger les distributeurs à céder leurs grandes surfaces à chaque fois que leur part de marché dépasse 25 %". Cela permettrait de répondre au manque de concurrence locale que nous évoquions récemment sur LCI.fr (Voir notre article). Signe de l'apparente indulgence du projet de loi à l'égard des géants Français de la grande distribution, les Leclerc, Carrefour, Auchan, ou Système U se sont bien gardés de monter au créneau contre les principes du texte.

Bien au contraire, Michel-Edouard Leclerc souhaiterait qu'il aille plus loin. Il s'est opposé mercredi à l'implication des maires dans le choix des enseignes lors des autorisations de nouvelles ouvertures de grandes surfaces et a qualifié de "surréaliste" l'idée de seuil pour les implantations commerciales. Jugeant '"astucieuse" l'idée de mettre fin aux autorisations en 2009, il souhaite qu'elle s'étende au delà des surface de 1000 m2.

L'Assemblée nationale poursuivra jusqu'au lundi 16 juin l'examen du projet de loi dont le vote solennel pourrait avoir lieu le mardi 17. Les trois autres grands volets de la loi visent à aider les PME et les entreprises individuelles, développer le très haut débit par la fibre optique, et généraliser le Livret A à toutes les banques.

Soldes à la carte et livres à prix cassés

Pour faire baisser les prix, Christine Lagarde compte aussi sur les très populaires soldes, en inventant une formule "à la carte". Elle a confirmé que le texte allait "autoriser les commerçants à pratiquer deux semaines complémentaires de soldes par an, à des dates qu'ils choisiront", "tout en réduisant d'une semaine les deux périodes officielles, qui sont aujourd'hui un peu longues".
 
Un amendement sur le prix des livres, issu de la majorité, promet aussi un débat passionné. Selon Anne Hidalgo, il vise "à réduire de deux ans à six mois le délai avant lequel il est interdit de pratiquer un rabais supérieur à 5% sur les prix des livres". La secrétaire nationale du PS chargée de la culture ne décolère pas. "Il s'agit clairement d'une scandaleuse attaque en règle contre la loi Lang de 1981 sur le prix unique du livre, loi qui est pourtant ardemment défendue par les éditeurs, les auteurs et les libraires".

 

Par Olivier Levard le 03 juin 2008 à 17:36
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11 Commentaires

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  • Faga06, le 05/06/2008 à 18h02

    Une seule solution: la révolution !!!

  • Caféaulait, le 04/06/2008 à 21h44

    Toujours plus de grandes surfaces ne fera pas baisser les prix,la concurrence n'existe que dans la tète des personnes qui nous gouvernent,les"leclerc ,carrefour et autres" ne se font pas d'ombre et ne s'en feront jamais de plus avec le prix du carburant en augmentation, les courses se feront au plus près,car courir pour un prix bas hypothétique ,c'est faire des économies de bout de chandelles,

  • Jean Bonnot, le 04/06/2008 à 18h23

    Il n'est pas facile de libérer la concurrence lorsqu'on veut l'encadrer. C'est un peu comme si l'on voulait manger de la paëlla en évitant le riz, les moules, le safran, les crevettes, les petits pois, le chorizo, l'agneau, le poulet, le poivron et la tomate. On ne peut ensuite bouffer que du sel et du poivre ! Ce n'est plus très gastronomique mais la concurrence s'exerce à plein !

  • Radiolo, le 04/06/2008 à 17h39

    Les commerçants du centre-ville de Besançon sont furieux de voir encourager le développement des Grandes surfaces déjà nombreuses dans l'agglomération !

  • Gafo, le 04/06/2008 à 12h46

    C'est une honte encore une foi la mafia de la distribution à gagner;messieurs les députés vous etes des imcompétents à tous les niveaux,vous, vous n'avez pas de problèmes de pouvoir d'achat,expliquez çà à ma mére qui vit avec une pension de reversion de 620?/mois. Cassez-vous......

  • Val85, le 04/06/2008 à 12h37

    Se sera les magasins de la misère qui vont s'intaller, la plupart des gens qui vont dans les magasins hard discount se sont les gens qui n'ont plus les moyens d'acheter de la nourriture de marque. c'est pour cette raison que les grandes enseignes ne s'inquiète pas trop de cette nouvelle loi de modernisation

  • Lizz, le 04/06/2008 à 12h15

    Ce nouveau projet de loi LME est du grand n'importe quoi .. c'est pas çà qui va remettre de l'argent dans le porte monnaie des Français, on ne peut pas demander aux Français de dépenser plus qu'ils ne gagnent c'est une hérésie et cela les encourage plutôt à s'endetter lourdement.

  • Chantal, le 04/06/2008 à 12h14

    Comme à son habitude le gouvernement ne s'attaquera pas aux gros, les grandes surfaces ont encore de beaux jours devant elles, et ce n'est pas demain que les prix des produits de première necessité vont baisser. au contraire avec de telles mesures, il y aura des arrangements entre les gros fournisseurs et les grandes surfaces et nous consommateurs nous payerons encore l'addition!

  • YOYO, le 04/06/2008 à 11h43

    Ce n'est pas en multipliant les grandes surfaces que le gens auront plus d'argent, les hypers, supers etc font dépenser bien plus que dans des enseignes à taille plus humaine avec moins de choix certe mais des produits de nécessité et non tous ces produits de surconsommation inutiles qui nous pollue la vie ....... bravo il y aura un peu plus de beton en périphérie des villes

  • Axel, le 04/06/2008 à 11h03

    "soldes" est un nom masculin. Ils ne peuvent donc pas être nouvelles. Combien de fois voit-on cette faute ? C'est d'autant plus choquant quand cela sort de la main d'un journaliste !

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