L'Assemblée nationale. Image d'archive. © TF1-LCI"Alain Ducasse a donné le signal, assez d'idéologie !" La naturalisation monégasque du grand chef étoilé a donné le signal d'un retour au front pour le député UMP Jérôme Chartier, pourfendeur affiché de l'Impôt de Solidarité sur la Fortune. Il veut notamment "sacraliser" la maison familiale - en clair, la sortir du calcul de l'ISF. Pour Jérôme Chartier, "il faut revoir de fond en comble cette fiscalité française. Il faut ouvrir ce débat de façon très adulte". L'élu frondeur veut ainsi "que l'argent des plus riches reste bien en France" malgré "la concurrence fiscale" entre pays.
Il n'est pas le seul à être reparti à l'assaut : cette "idéologie" de l'ISF est dénoncée par plusieurs de ses collègues de l'Assemblée ou du Sénat. Comme, notamment, le président UMP de la commission des Affaires économiques, Patrick Ollier, gaulliste revendiqué. Ou encore la sénatrice UMP Catherine Dumas : pour elle, "la France est une nouvelle fois victime de sa fiscalité excessive. Après nos artistes, nos sportifs et nos grands chefs d'entreprises, l'ISF s'attaque désormais à nos artisans de renom et de talent".
Copé botte en touche
Face à la fronde, Jean-François Copé, patron des députés UMP, botte en touche : bien que prompt en général à porter les doléances de ses ouailles, même si elles vont à l'encontre de la volonté du président, il a assuré mardi ne pas être au courant de cette résurgence du débat sur l'ISF. En tout état de cause, sur un sujet aussi "sensible", selon lui, un projet de réforme ne pourrait se faire que sur la base de propositions gouvernementales. Fin de non-recevoir, donc, aux élus frondeurs...
Mais la fronde s'attaque aussi au fameux "bouclier fiscal", voté en juillet 2007, censé garantir aux contribuables aisés tentés par l'exil (comme Johnny Halliday parti en Suisse) de bénéficier, in fine, d'au moins 50% de leurs revenus (et non 40% comme avant). "Le bouclier fiscal a montré ses limites, parce qu'il y a des boucliers fiscaux beaucoup plus performants qu'en France", estime aujourd'hui Jérôme Chartier. "Ce bouclier a apporté un début de réponse mais ce n'est pas suffisant parce qu'il y a encore aujourd'hui au moins deux contribuables qui quittent le pays chaque jour", renchérit le président UMP de l'Assemblée Bernard Accoyer.
Au PS, au contraire, l'affaire Ducasse a évidemment relancé les critiques contre le bouclier fiscal. "Les riches ne veulent plus payer aucun impôt. Le bouclier fiscal a servi de légitimation morale à des attitudes qui ne le sont pas", a commenté le député PS strauss-kahnien de Paris Jean-Marie Le Guen.
D'après agence
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