Fillon et Lagarde, pas sur la même longueur d'ondes © TF1 / Abacapresse / LCI.fr / R. Bousquet |
| Les propos de Fillon sur Europe 1 |
Evoquer une baisse de l'impôt pour les plus riches quand les syndicats dénoncent une rentré "douche froide" pour les salariés, cela ressemble fort à une gaffe. Le Premier ministre s'est empressé de tuer dans l'œuf la polémique que lui promettait les propos de sa ministre de l'économie. Une réforme de l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF) "n'est pas à l'ordre du jour", a assuré lundi François Fillon.
Il s'exprimait sur Europe 1 après Christine Lagarde, qui ouvrait au contraire le matin la voie à une réforme de la taxation du patrimoine, dont l'ISF, dans une interview publiée dans la Tribune. "Nous avons constaté (...) que l'imposition du patrimoine (3% du PIB) était bien supérieure à la moyenne européenne, à la différence de l'imposition des revenus du capital, qui apparaît, à l'inverse, la plus faible", a expliqué la ministre de l'Economie. "Je ferai prochainement d'autres propositions au président de la République pour rééquilibrer notre fiscalité et la rapprocher de la moyenne européenne", a t-elle souligné. A la question de savoir si l'ISF serait concerné, elle répondait : "C'est une possibilité. On en débattra sans doute pendant la discussion budgétaire."
Lagarde : je "fais des propositions", le "Premier ministre décide"
Revenant sur ce cafouillage, la ministre a ensuite estimé, lundi soir sur LCI, que son travail au gouvernement consistait à "faire des propositions" mais que la décision revenait au Premier ministre. "Chacun doit être à sa place. Mon métier à moi, c'est de faire des propositions; et le patron de l'équipe, le capitaine du bateau, tient la barre et décide d'aller dans telle ou telle direction", a-t-elle.
"Je soumettrai des propositions qui porteront sur la détention de l'ensemble des éléments du patrimoine ; et puis le Premier ministre, puisque c'est lui qui est le patron", décidera s'il faut en prendre une partie et pas l'autre, a insisté Christine Lagarde sur LCI.
"On n'ira pas plus loin"
Le gouvernement a déjà réformé l'ISF en permettant aux personnes redevables de cet impôt de déduire une partie des sommes qu'elles déclarent en les investissant dans les petites et moyennes entreprises, a rappelé le Premier ministre en soulignant que cette mesure avait rencontré un franc succès. "Nous avons fait une réforme, on a mis en place le bouclier fiscal à 50%, le président de la République a souhaité d'ailleurs qu'il soit renforcé en utilisant ce qu'on appelle le mode déclaratif. On n'ira pas plus loin, il n'y a pas de réforme de l'ISF à l'ordre du jour", a-t-il dit lors d'une interview de Rentrée qui ressemblai du coup à une mise au point. Il a redit cependant que le gouvernement étudiait une réforme de la taxe professionnelle et ajouté que des propositions seraient annoncées au début 2009.
Récession ou stagnation ?
S'agissant de l'économie française dans sa globalité, l'heure est bien au réalisme. Le Premier ministre François Fillon a espéré que la croissance en 2008 serait d'"un peu plus de 1%". Le gouvernement escomptait jusqu'à présent une croissance comprise entre 1,7 et 2% en 2008. Le budget 2009 avait été bâti sur une hypothèse de croissance de 2,25%. "Nous sommes frappés par une décélération de l'économie mondiale qui est très, très sérieuse", a justifié le chef du gouvernement. Il a toutefois à nouveau récusé l'idée d'une entrée en récession. "Il faut utiliser les mots qui conviennent, a-t-il expliqué. Quand il y a de la croissance, on ne parle pas de récession". "Ma conviction", a-t-il poursuivi, "est que l'année 2008 sera une année positive en termes de croissance, un peu plus de 1%, et que 2009 sera également une année positive."
Dans la foulée, le Parti socialiste a demandé "immédiatement au Premier ministre des explications" sur la situation "réelle des finances publiques" du pays. "Les Français ont le droit savoir où en sont les finances publiques de la France. Où en sommes-nous ?", a demandé Stéphane Le Foll, directeur de cabinet du premier secrétaire François Hollande, lors du point de presse hebdomadaire du parti.
| Le bouclier fiscal protège de la taxe sur le RSA |
La nouvelle taxe sur les revenus des capitaux prévue pour financer le Revenu minimum de solidarité sera "naturellement" incluse dans le bouclier fiscal, a expliqué ce lundi matin Christine Lagarde dans la Tribune. "Je crois qu'il ne faut pas changer la logique du bouclier, parce qu'elle est bonne. Cela conduit naturellement à inclure la nouvelle contribution RSA dans le bouclier fiscal", a affirmé la ministre. Ce dispositif plafonne à 50% des revenus le niveau des impôts directs, CSG (Contribution sociale généralisée) et CRDS (Contribution au remboursement de la dette sociale) comprises. "S'il y a une ligne claire dans la politique fiscale du gouvernement, c'est quand tous les Français sont appelés à payer, les seuls qui échappent ce sont les plus favorisés", a réagi Stéphane Le Foll pour le PS. "Les inégalités se creusent et le gouvernement et le président de la République continuent de les creuser", a-t-il accusé. Le PS votera-t-il le RSA ? "Il est probable que la discussion va être difficile", selon lui. Le Haut-commissaire aux solidarités actives, Martin Hirsch, a estimé lundi que "dire que ce sont les classes moyennes qui vont financer le RSA (Revenu de solidarité active) est un contresens". "Le RSA est un bouclier social, un bouclier pour les plus pauvres", a-t-il dit. |
Retour MYTF1
Chargement en cours...




