Laurence Parisot, présidente du Medef © LCI.frLa présidente du Medef, Laurence Parisot, a jugé mardi qu'il serait "sain" de supprimer l'Impôt de solidarité sur la fortune (ISF) qu'elle considère comme une "catastrophe économique".
"Plus j'observe ce qui se passe dans notre pays, plus je vois que cet impôt, qui a une valeur symbolique très forte, est en réalité une catastrophe économique. Je le dis très clairement aujourd'hui, oui il serait sain de supprimer l'ISF", a-t-elle déclaré sur RMC.
La ministre de l'Economie, Christine Lagarde, avait évoqué lundi l'éventualité d'une réforme de l'ISF dans un entretien à la Tribune. Le Premier ministre François Fillon avait aussitôt affirmé qu'une telle réforme n'était "pas à l'ordre du jour". (Lire notre article)
"La meilleure façon de conserver des investisseurs dans notre pays"
La suppression de l'ISF serait, pour Laurence Parisot, "la meilleure façon de conserver des investisseurs dans notre pays et la meilleure façon de faire venir d'autres investisseurs qui avaient quitté notre pays". "Comment voulez-vous qu'on puisse continuer à créer des entreprises, à investir dans des entreprises si nous n'avons plus le capitaliste prêt à risquer son argent dans une entreprise ?", a-t-elle interrogé. "L'ISF nous a abîmé de ce point de vue là de façon catastrophique", a-t-elle jugé.
Laurence Parisot a affirmé avoir "changé d'avis" sur la question. "Pendant longtemps, je pensais que ce n'était pas le sujet d'y toucher. J'ai plaidé pour qu'au moins une partie de l'ISF soit investie dans les PME, ça me semblait la priorité", a-t-elle répondu. L'ISF est un impôt déclaratif dû par les personnes physiques domiciliées en France dont le patrimoine privé excédait 770.000 euros au 1er janvier 2008.
Laurence Parisot s'est par ailleurs dite "assez surprise" face aux récentes annonces du gouvernement de hausses de taxes. Elle a rappelé que le président de la République, Nicolas Sarkozy, avait promis de ne pas augmenter les charges des entreprises. Or "en ce moment ce qui se passe c'est qu'on les augmente, on met la France dans une situation très délicate", a-t-elle affirmé. Interrogée notamment sur le projet de taxer la participation et l'intéressement pour renflouer les caisses de la Sécurité sociale, elle a jugé l'hypothèse "incompréhensible". "C'est contradictoire avec l'idée d'augmenter le pouvoir d'achat net des salariés", a-t-elle estimé.
Affaire UIMM : une loi d'amnistie "inconcevable" |
TEXTE La présidente du Medef a par ailleurs jugé "inconcevable" une loi d'amnistie pour les bénéficiaires des financements occultes du patronat de la métallurgie (UIMM), envisagée par Nicolas Sarkozy selon le secrétaire général de la CFDT François Chérèque. Interrogée sur RMC pour savoir si elle serait favorable à une telle amnistie, Laurence Parisot a répondu: "certainement pas, en aucun cas, c'est inconcevable". "Je voudrais d'abord savoir quels sont les griefs, les fautes qui seraient reprochées", a-t-elle argumenté. "Il y a eu jusque dans des périodes récentes, une utilisation à l'évidence anormale d'argent liquide, il n'est pas possible que le patronat puisse cautionner de telles façons d'agir", a-t-elle poursuivi. |
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