
Le pouvoir d'achat des Français est en baisse et les grandes enseignes de supermarchés l'on bien compris. Il faut proposer des avantages à ses clients pour les inciter à revenir. Et comme à chaque enseigne correspond une carte de fidélité, les Mousquetaires, pour se démarquer, ont lancé une "super carte de fidélité": la "carte Mousquetaire". Une carte de fidélité certes, mais surtout une carte de paiement et de crédit.
Une première de co-branding
C'est la première carte de paiement au nom d'une enseigne de supermarché. Les détenteurs de cette carte pourront l'utiliser comme moyen de paiement ou de retrait en France et à l'étranger. Ils bénéficieront surtout d'avantages supplémentaires par rapport à la carte de fidélité simple (10 centimes offerts dès 30 euros d'achats ou encore 10 centimes crédités sur la carte à chaque plein d'essence dans une station Intermarché ou Ecomarché). Cette carte va plus loin encore dans la fidélisation en proposant 200 euros en bons d'achats en cas de coups durs (hospitalisation de plus de 10 jours pour maladie ou suite à un accident, d'arrêt de travail de plus de 45 jours ou au-delà de 90 jours d'inscription d'Assedic suite à un licenciement). Cette carte, accessible sans ouverture de compte, s'adosse au compte existant du porteur dans sa banque habituelle. Elle est utilisable au comptant et, uniquement sur demande du porteur, à crédit.
Attention, danger ?
Permettre aux consommateurs de payer ses courses à crédit, n'est-ce pas les inciter à dépenser plus et les endetter davantage ? Eric Magliori, responsable du lancement de la carte Mousquetaires, se défend "nous ne cherchons pas à changer les comportements de notre clientèle, mais à lui faciliter la vie". "Nous lui proposons des solutions si elle en a besoin, nous ne la poussons pas à s'endetter. Nous voulons qu'elle revienne." De son coté, Vanessa Dagand, chargée de mission banques pour l'UFC Que Choisir, dit "attention danger. De plus en plus de magasins proposent des crédits revolving au lieu des crédits dits affectés - crédit accordé pour un achat précis et pour une durée fixée à l'avance. Les coûts des crédits ne sont pas non plus les mêmes. Pour un revolving, les taux d'intérêt varient de 14 à 19%, alors que pour un crédit personnel ou affecté ils sont autour de 6%. Selon Vanessa Dagand, "les revolving ne répondent pas au problème du pouvoir d'achat parce qu'ils coûtent beaucoup plus cher. Et elle précise que "dans 80% des dossiers de surendettement, on retrouve des crédits de ce type. Le conseil économique et social a d'ailleurs établi le lien entre revolving et surendettement. En effet, les clients ne sont souvent pas conscients qu'ils souscrivent à un crédit. C'est tout le problème de ces cartes multifonctions."
Chez les Mousquetaires on assure que cette carte est lancée avant tout pour apporter des avantages supplémentaires à sa clientèle.
Retour MYTF1
Chargement en cours...





