Attitude des banques : vos témoignages

Par , le 13 octobre 2008 à 11h06 , mis à jour le 13 octobre 2008 à 11h53

Compétence des conseillers, maladresses, durcissement des emprunts... La crise bancaire vue par les internautes de LCI.fr.

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Vous avez été très nombreux à témoigner sur l'évolution de vos relations avec vos banques, prises dans la tourmente de la crise financière. Compétence des conseillers, maladresses, durcissement des emprunts : n'en déplaise aux établissements bancaires, vos témoignages révèlent une crise de confiance à leur égard, même si les Français font preuve de sang froid et ne se sont pas précipités pour réclamer leur dépôts.
 
Sollicitées par LCI.fr, les banques françaises jouent les grandes muettes. Société Générale, BNP, Crédit mutuel ou Caisses d'Epargne n'ont pas souhaité répondre à vos questions, au moins "pour le moment". Contactée à plusieurs reprises, la Fédération bancaire française  n'était pas plus prolixe. Au niveau régional, le Crédit agricole de Normandie nous a toutefois expliqué comment il procédait pour rassurer ses clients (Voir notre interview).
 
Compétence des conseillers : le grand doute
 
Vous êtes nombreux à critiquer l'attitude et les conseils des conseillers clientèle de vos banques.  "Les banquiers sont depuis un bon moment des marchands de petits pois, ils ne font plus leur travail. Ils ne connaissent plus leurs clients, à part les gros clients, et bien sûr les employés changent tout le temps", se désole Marie de Draguignan.
 
Lionel, du Plessis-Trévise est fataliste : "Mon conseiller ne dit plus rien... Etant donné que sa formation est "commercial" (vente d'assurance-vie, de PEA etc.) et non conseiller ! Cela fait bien longtemps que les banques ont changé et que nous ne sommes plus que des consommateurs de service bancaires... Les conseils cela fait longtemps que ça n'existe plus. D'ailleurs demandez à un de vos conseillers ce qu'il connaît du "Risque"... Rien, alors que son métier justement c'est d'évaluer les risques et de prêter en conséquence... Les banques ont voulu changer de métier, maintenant nous payons tous pour cette orientation stratégique douteuse..."
 
Bof de Paris tranche, sévèrement : "C'est moi qui choisis mes produits et mon banquier se tait. (...)  Son avis  et ses recommandations sur la crise financière ne m'intéressent pas du tout."
 
Les banques, inquiètes, tentent de rassurer
 
Selon vos témoignages, l'attitude des banques a changé, et les banquiers se font plus pressants, comme auprès de Michèle, de Chatou : "Cette semaine, une hôtesse m'a appelé au nom de ma commerciale pour me proposer un rendez-vous afin de voir quelles propositions de  placements ou prêts intéressants nous pourrions voir ensemble (...) On ne nous appelle jamais et comme la crise arrive on se souvient de ses clients !". Jean de Paris fait le même constat : "Je remarque en tous cas que mon banquier m'appelle en permanence dès que le moindre découvert arrive, ce qui n'était pas le cas avant. Ont-ils peur eux aussi ? Sûrement plus que nous"...
 
Parallèlement à ces appels, certains conseillers font leur possible pour vous rassurer. "Mon banquier me dit que ça va durer encore "quelque temps", mais de ne pas s'alarmer, que c'est en ce moment que les banques achètent à "bas prix" et que ça va "remonter" !" explique Padecou de Sanary. D'autres sont aux abonnés absents : "Rien, il ne me dit rien... il se planque, en espérant que je ne lui pose pas de questions", constate Caroline de Compiègne.
 
Des banquiers sans âme et irresponsables ?
 
Bruno de Paris s'élève contre une attitude irresponsable des banques alors que les Français peinent à boucler leur budget : "Il y a 10 jours, la Société Générale contactait ma femme pour savoir si elle avait bien reçu leur offre de crédit à la conso (forcément à un taux tout à fait indécent) en s'étonnant qu'elle ne veuille pas craquer pour leur superbe offre !  Si c'est pas pousser à la conso, ça ?  Pas sûr qu'aujourd'hui ce même conseiller (s'il ne s'est pas fait virer) ait le même discours...."
 
Azteque38 de Grenoble juge qu'il n'est pas assez informé et le fait savoir. "J'ai reçu hier mes relevés mensuels habituels, compte courant, compte titres avec une pub pour "un nouveau placement innovant" mais aucun mot rassurant de mon banquier (AXA Banque). Je leur ai donc envoyé un mail pour leur dire qu'il fallait oser envoyer une offre de placement par les temps qui courent et au moment où l'on attendrait plutôt quelques mots de décodage sur la crise et ses conséquences !"
 
Wanadur de Tarbes confirme avec ironie : "On reçoit toujours des incitations à acheter des actions, mais les prospectus ont été postés quelques jours avant la débâcle. Cela confirme que les experts en placements sont surtout compétents pour donner des avis sur...ce qui s'est passé hier".
 
Certains d'entre vous, en situation critique,  ne comprennent pas l'intransigeance des banques. C'est le cas de Gilbert à Ivry-sur-seine : "Pour avoir dépasser mon découvert autorisé de 800 euros, la banque, pour ne pas la nommer la HSBC,  me donne un ultimatum de 48 heures pour trouver 3500 euros. Atteint d'une maladie grave, je n'ai pas pu toucher mon salaire pour me nourrir, je vais donc perdre mon appartement et devenir interdit bancaire dans quelque heures. Merci la crise financière..."
 
Et si les banquiers ne sont pas épargnés, les journalistes en prennent aussi pour leur grade comme dans cette mise au point de Chanchan au Chesnay : "Je trouve que la sinistrose est peut être très porteur pour le journalisme mais elle a ses risques et ses limites. Relisez votre article et votre vocabulaire (effondrement, chaos...) (...) La sinistrose est une opportunité pour certains. Le rôle du journaliste est peut être d'être un peu plus objectif et les rôles des experts n'est pas de faire la promotion de leur livre mais de parler d'éléments concrets".
 
Emprunts : ça coince
 
Didou de Besancon est une victime collatérale des nouvelles exigences des banques en matière d'emprunt immobilier : "Un acheteur s'est positionné sur notre bien immobilier. D'après ses simulations faites en août, tout était ok. Mais sa banque a tardé à traiter son dossier de financement pour finalement s'entendre dire il y a 3 semaines, qu'elle le suivait si il apportait 40.000 euros... La donne a changé et notre acheteur essaie de rassembler cette somme, nous devons donc reporter notre vente de deux mois en espérant qu'il trouvera les fonds"
 
Benoît d'Orléans constate de son côté que la Caisse d'Epargne lui propose "un emprunt immobilier avec au moins 20% d'apport et taux variables des le début (pour bien se faire ***** tout le long) sur des durées allant jusqu'a 30 ans !"
 
S'agissant des emprunts déjà souscrits, la situation se complique aussi selon des témoignages comme celui de Walstreeter de Nancy : "Avant que la crise n'enflamme le paysage financier français, j'avais demandé une revue de mon emprunt suite à la clôture d'un emprunt de consommation. celui-ci m'a dit qu'il n'y avait pas d'intérêt à le faire de suite... par contre quand le vent a tourné un mois plus tard, celui-ci s'est empressé de me proposer une révision de mon emprunt... pur hasard... ou  la banque essayait d'accroître ces bénéfices sur mon dos ? "
 
Une situation qui révolte Chtivals de Valenciennes : "J'ai demandé la semaine dernière une renégociation de mes prêts pour alléger mes mensualités. Réponse ce jour: c'est niet "vous comprenez, la crise, tout est bloqué, etc... etc..." bref on préfère me laisser dans la M... comme d'hab les petits payent pour les frasques de ces messieurs de la haute finance !"
 
Mais le tableau n'est pas totalement noir. "Pas de souci avec ma banque, la Société Générale, j'ai obtenu mon prêt au taux qu'elle m avait promis, avec les conditions requises annoncées au préalable", témoigne  Bipluna. Maverick 17 de La Rochelle confirme : "Je suis au Crédit Mutuel Atlantique et ma conseillère est sereine. Elle m'a précisé qu'elle 'avait pas  reçu de consignes de sa direction quant à une restriction des crédits offerts aux clients. Elle m'a précisé que les taux d'intérêt, pour un  crédit à la construction, augmentent et augmenteront encore, ce qui de facto n'encourage pas à emprunter. Je fais actuellement construire, je n ai pas rencontré de difficultés lors des déblocage de fonds. Je pense qu'il faut garder la tête froide et finalement, cette crise assainira certainement les marchés financiers". La voix de la raison ?

Retrouvez prochaînement sur LCI.fr les réactions des PME face à la crise. Vous êtes chef d'entreprise ou salarié, témoignez en cliquant ci-dessous sur "Réagir à cet article."

Par Olivier Levard le 13 octobre 2008 à 11:06
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22 Commentaires

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  • Nat 38, le 25/10/2009 à 11h20

    Les banques on une attitude destructrice vis à vis des entreprise , elles n'hésitent pas à vous couper les vivre , elles ne sont aucunement receptives aux solutions que l'on peut apporter , le mot d'ordre couvrir sinon nous rejettons les traites , comment une entreprise peut elle évoluer correctement dans un climat tel que celui ci

  • Nat 38, le 25/10/2009 à 11h17

    Les banques on une attitude destructrice vis à vis des entreprise , elles n'hésitent pas à vous couper les vivre , elles ne sont aucunement receptives aux solutions que l'on peut apporter , le mot d'ordre couvrir sinon nous rejettons les traites , comment une entreprise peut elle évoluer correctement dans un climat tel que celui ci

  • Graffenberg, le 20/10/2008 à 10h43

    Monsieur le Directeur, L'incompétence des banquiers sur-diplômés, tout le monde voit bien que c'est déjà fort loin d'être agréable. Mais le mépris, ouvertement............ La Société Générale vient de m'envoyer un bulletin trimestriel sur l'Assurance-vie qu'elle m'a vivement poussé à souscrire. Ce bulletin s'intitule: "Toutes les récompenses que nous adresse la presse financière" - alors que je ne cesse de perdre de l'argent, ça fait rudement plaisir. Au bout de 15 jours je finis, tout de même, par obtenir un rendez-vous avec un responsable, qui "déplore que le contact humain soit de plus en plus remplacé par des messages internet". N'empêche qu'il m'a planté là, quatre fois, au cours de l'entretien, "pour affaire urgente". Et puis, et puis... c'était fini... Son heure de déjeuner venait d'arriver. Comme quoi l'Affaire J.K. a porté ses fruits...... à tous points de vue. Y compris la politesse!!! Mais, pas grave, le Patron qui avait juré ne prendre QU'UN EURO SYMBOLIQUE pour salaire annuel, vient de "se faire" quasiment 2 Millions d'Euro de bonus (en cachette, évidemment). Le moral est sauf, non? Merci, merci, merci pour tout, vraiment très sincèrement. Avec admiration pour tant de cran............

  • JLJ, le 17/10/2008 à 17h19

    Patron de 4 agences immobilieres, nous avons souvent des decalages de signatures notaires qui nous oblige a avoir un delta de decouvert plus ou moins important.Fin aout, j'ai signalé a ma banque la caisse epargne de SAUMUR, avoir besoin d'un decouvert sup a la moyenne, et je lui ai presenté sur 3 mois les signatures a venir .J'ai attendu 15j pour avoir une reponse malgré 3rdv.Reponse, desole plus de decouvert.Depuis juillet 08, la caisse d'epargne a donné des consignes pour ne plus suivre les agences immobilieres et un certain rype de commercants.Consequence je me suis mis en redressement judiciaire le 16 sept2008.3 salaries en licenciements. Et je peux pas beneficier de l'approche du plan de relance des TPE concernant le plan SARKO.

  • JLJ, le 17/10/2008 à 17h19

    Patron de 4 agences immobilieres, nous avons souvent des decalages de signatures notaires qui nous oblige a avoir un delta de decouvert plus ou moins important.Fin aout, j'ai signalé a ma banque la caisse epargne de SAUMUR, avoir besoin d'un decouvert sup a la moyenne, et je lui ai presenté sur 3 mois les signatures a venir .J'ai attendu 15j pour avoir une reponse malgré 3rdv.Reponse, desole plus de decouvert.Depuis juillet 08, la caisse d'epargne a donné des consignes pour ne plus suivre les agences immobilieres et un certain rype de commercants.Consequence je me suis mis en redressement judiciaire le 16 sept2008.3 salaries en licenciements. Et je peux pas beneficier de l'approche du plan de relance des TPE concernant le plan SARKO.

  • Tof57, le 14/10/2008 à 20h03

    Je suis directeur d'une agence bancaire. La crise ? Nos clients en savent ce que la presse leur en dit. Chaos, historique, krach... Comment ne pas céder à la panique. Qui a dit que les banquiers ne pretaient plus? Et si c'étaiet les clients qui étaient moins solvables face à la hausse des taux. Un exemple : 100000 ? sur 20 ans il y a 1 an à 4 % = 606 ? par mois. Aujourd'hui, à 5.50 % =688 ? par mois, soit une hausse de 14 % de la mensualité pour 100000 ? ! Le débat est ici. La banque fait son boulot. Nous sommes bien obligés de regarder ce qu'ils restent à vivre pour nos clients. Ici c'est 82 ? de moins. Si je prete à un couple qui pouvait emprunter il y a 1 an mais qui ne peut plus aujourd'hui de par la hausse des taux, n'est ce pas revenir à l'origine de cette crise ? Le surrendettement des ménages, obligés de revendre massivement leur biens immobiliers conduisant à une chute du secteur immobilier, et à des créances massives irrecouvrables pour les banques. Ca ne vous rappelle rien? Soyons sérieux. Laissez nous faire notre métier, mais vous avez tous raison, bien le faire. Votre banquier doit avant tout être votre conseiller avant d'être votre commercial . Mais je pense que ce n'est pas là le débat, malgré le fait que je suis entièrement d'accord des dérives de certains conseillers, à corriger très rapidement. Et ça, c'est mon boulot. Merci !

  • Lolo, le 13/10/2008 à 23h50

    En reponse a la remarque de surpanam de paris, je lui confirme que le perp est un produit financier qui subit les hausses et les baisses du marche un minimmun de 20% d'action francaise est obligatoire pour beneficier de l'appellation perp de plus la sortie de ce plan ne peut se faire que sous forme de rente qui sera fiscalisé a la sortie ( sauf pour ceux qui paie l'isf et dont le revenu ne rentre pas en compte dans le calcul) et il n'est liberable qu'au moment de l'ouverture des droits a la retraite toutefois, il permets de beneficier d'une reduction d'impots sur les versements effectuer bien entendu hors frais d'acquisition et frais de gestion en fait il ne se passe rien d'anormales sur ton compte perp

  • Tchampa, le 13/10/2008 à 23h20

    Le Crédit Mutuel a spolié nombre de particuliers et de petits entrepreneurs. Le mode opératoire étant toujours le même. concourt bancaire exagéré, soutien abusif, et rupture abusive des concours bancaires non sans avoir oublié de tirer au passage le cautionnement hypothécaire du dirigeant alors que la situation de l'entreprise était déjà compromise. Toutes ces opérations sont normalement sanctionnées par le Droit bancaire, sauf curieusement lorsque le banquier s'appelle Crédit Mutuel. Ce dernier fort de son implication locale et notamment dans le milieu des auxiliaires judiciaires (avocats, notaires, commissaires aux comptes, comptables etc..) il n'est pas rare de trouver un nombre conséquent d' auxiliaires de justice siégeant dans les conseils d'administrations des caisses et donc membre de la structure dirigeante du Crédit Mutuel. Il n'est pas rare non plus de voir ces mêmes auxiliaires de justice "défendre" un client contre le Crédit Mutuel et l'emmener droit au casse pipe. En effet le client ne savait pas que son "défenseur" faisait parti du Crédit Mutuel. Ce n'est pas "Dallas" ça se passe en Alsace fief du Crédit Mutuel et c'est arrivé à une de mes connaissance. Cette affaire est particulièrement invraisemblable. Il s'avère que cette situation n'est pas rare du tout dès que quelqu'un se plaint des agissements de ce banquier. D'après ce que j'ai pu entendre il semblerait que lorsqu'une entreprise met la clé sous la porte aidé en cela par son banquier CM bien aimé, il se trouve confronté à une véritable organisation où chaque auxiliaire de justice à un rôle bien déterminé et dont la finalité est de laminer le liquidé et lui prendre le peu qui lui reste (économie, maison etc..). L'acharnement judiciaire est particulièrement odieux et on ne comprend pas pourquoi la justice alsacienne (et peut être ailleurs aussi) se laisse berner. Donc aujourd'hui les banquiers sont mis à l'index. Pourquoi pas liquider les dirigeants fautifs ?

  • SURPANAM, le 13/10/2008 à 18h02

    La société générale dément toutes pertes sur les produits structurés , QUE DE MENSONGES !!!!!!!!! de la part du siége. le PERP fait parti des produits structurés et il a perdu ce week end de la valeur encore une fois (- 200 euros pour ma part en 24 heures sur l action) et comme mon conseiller est un naze , au lieu de m indiquer de passer en totale sécurité il n a rien fait , depuis mi aout 2006 je lui indique qu il se passe des choses anormales sur le PERP , et on voit le résultat maintenant. pour ma part je porte plainte demain

  • Chris83, le 13/10/2008 à 17h53

    C'etait a prévoir depuis lomgtemps , car les banques ont jouer avec le feu et il se sont brulés,mais il sent sort bien grace a l'aide de l'etat, car nous en temps que client qu'en on fait une erreur , on nous mais des frais a gogo ! et nous l'etat ne vient pas a notre secours. les banques ont voulu le beurre et l'argent du beurre et voila le resultat!

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