Image pretexte © sxc.hu / DRVous avez été très nombreux à témoigner sur l'évolution de vos relations avec vos banques, prises dans la tourmente de la crise financière. Compétence des conseillers, maladresses, durcissement des emprunts : n'en déplaise aux établissements bancaires, vos témoignages révèlent une crise de confiance à leur égard, même si les Français font preuve de sang froid et ne se sont pas précipités pour réclamer leur dépôts.
Sollicitées par LCI.fr, les banques françaises jouent les grandes muettes. Société Générale, BNP, Crédit mutuel ou Caisses d'Epargne n'ont pas souhaité répondre à vos questions, au moins "pour le moment". Contactée à plusieurs reprises, la Fédération bancaire française n'était pas plus prolixe. Au niveau régional, le Crédit agricole de Normandie nous a toutefois expliqué comment il procédait pour rassurer ses clients (Voir notre interview).
Compétence des conseillers : le grand doute
Vous êtes nombreux à critiquer l'attitude et les conseils des conseillers clientèle de vos banques. "Les banquiers sont depuis un bon moment des marchands de petits pois, ils ne font plus leur travail. Ils ne connaissent plus leurs clients, à part les gros clients, et bien sûr les employés changent tout le temps", se désole Marie de Draguignan.
Lionel, du Plessis-Trévise est fataliste : "Mon conseiller ne dit plus rien... Etant donné que sa formation est "commercial" (vente d'assurance-vie, de PEA etc.) et non conseiller ! Cela fait bien longtemps que les banques ont changé et que nous ne sommes plus que des consommateurs de service bancaires... Les conseils cela fait longtemps que ça n'existe plus. D'ailleurs demandez à un de vos conseillers ce qu'il connaît du "Risque"... Rien, alors que son métier justement c'est d'évaluer les risques et de prêter en conséquence... Les banques ont voulu changer de métier, maintenant nous payons tous pour cette orientation stratégique douteuse..."
Bof de Paris tranche, sévèrement : "C'est moi qui choisis mes produits et mon banquier se tait. (...) Son avis et ses recommandations sur la crise financière ne m'intéressent pas du tout."
Les banques, inquiètes, tentent de rassurer
Selon vos témoignages, l'attitude des banques a changé, et les banquiers se font plus pressants, comme auprès de Michèle, de Chatou : "Cette semaine, une hôtesse m'a appelé au nom de ma commerciale pour me proposer un rendez-vous afin de voir quelles propositions de placements ou prêts intéressants nous pourrions voir ensemble (...) On ne nous appelle jamais et comme la crise arrive on se souvient de ses clients !". Jean de Paris fait le même constat : "Je remarque en tous cas que mon banquier m'appelle en permanence dès que le moindre découvert arrive, ce qui n'était pas le cas avant. Ont-ils peur eux aussi ? Sûrement plus que nous"...
Parallèlement à ces appels, certains conseillers font leur possible pour vous rassurer. "Mon banquier me dit que ça va durer encore "quelque temps", mais de ne pas s'alarmer, que c'est en ce moment que les banques achètent à "bas prix" et que ça va "remonter" !" explique Padecou de Sanary. D'autres sont aux abonnés absents : "Rien, il ne me dit rien... il se planque, en espérant que je ne lui pose pas de questions", constate Caroline de Compiègne.
Des banquiers sans âme et irresponsables ?
Bruno de Paris s'élève contre une attitude irresponsable des banques alors que les Français peinent à boucler leur budget : "Il y a 10 jours, la Société Générale contactait ma femme pour savoir si elle avait bien reçu leur offre de crédit à la conso (forcément à un taux tout à fait indécent) en s'étonnant qu'elle ne veuille pas craquer pour leur superbe offre ! Si c'est pas pousser à la conso, ça ? Pas sûr qu'aujourd'hui ce même conseiller (s'il ne s'est pas fait virer) ait le même discours...."
Azteque38 de Grenoble juge qu'il n'est pas assez informé et le fait savoir. "J'ai reçu hier mes relevés mensuels habituels, compte courant, compte titres avec une pub pour "un nouveau placement innovant" mais aucun mot rassurant de mon banquier (AXA Banque). Je leur ai donc envoyé un mail pour leur dire qu'il fallait oser envoyer une offre de placement par les temps qui courent et au moment où l'on attendrait plutôt quelques mots de décodage sur la crise et ses conséquences !"
Wanadur de Tarbes confirme avec ironie : "On reçoit toujours des incitations à acheter des actions, mais les prospectus ont été postés quelques jours avant la débâcle. Cela confirme que les experts en placements sont surtout compétents pour donner des avis sur...ce qui s'est passé hier".
Certains d'entre vous, en situation critique, ne comprennent pas l'intransigeance des banques. C'est le cas de Gilbert à Ivry-sur-seine : "Pour avoir dépasser mon découvert autorisé de 800 euros, la banque, pour ne pas la nommer la HSBC, me donne un ultimatum de 48 heures pour trouver 3500 euros. Atteint d'une maladie grave, je n'ai pas pu toucher mon salaire pour me nourrir, je vais donc perdre mon appartement et devenir interdit bancaire dans quelque heures. Merci la crise financière..."
Et si les banquiers ne sont pas épargnés, les journalistes en prennent aussi pour leur grade comme dans cette mise au point de Chanchan au Chesnay : "Je trouve que la sinistrose est peut être très porteur pour le journalisme mais elle a ses risques et ses limites. Relisez votre article et votre vocabulaire (effondrement, chaos...) (...) La sinistrose est une opportunité pour certains. Le rôle du journaliste est peut être d'être un peu plus objectif et les rôles des experts n'est pas de faire la promotion de leur livre mais de parler d'éléments concrets".
Emprunts : ça coince
Didou de Besancon est une victime collatérale des nouvelles exigences des banques en matière d'emprunt immobilier : "Un acheteur s'est positionné sur notre bien immobilier. D'après ses simulations faites en août, tout était ok. Mais sa banque a tardé à traiter son dossier de financement pour finalement s'entendre dire il y a 3 semaines, qu'elle le suivait si il apportait 40.000 euros... La donne a changé et notre acheteur essaie de rassembler cette somme, nous devons donc reporter notre vente de deux mois en espérant qu'il trouvera les fonds"
Benoît d'Orléans constate de son côté que la Caisse d'Epargne lui propose "un emprunt immobilier avec au moins 20% d'apport et taux variables des le début (pour bien se faire ***** tout le long) sur des durées allant jusqu'a 30 ans !"
S'agissant des emprunts déjà souscrits, la situation se complique aussi selon des témoignages comme celui de Walstreeter de Nancy : "Avant que la crise n'enflamme le paysage financier français, j'avais demandé une revue de mon emprunt suite à la clôture d'un emprunt de consommation. celui-ci m'a dit qu'il n'y avait pas d'intérêt à le faire de suite... par contre quand le vent a tourné un mois plus tard, celui-ci s'est empressé de me proposer une révision de mon emprunt... pur hasard... ou la banque essayait d'accroître ces bénéfices sur mon dos ? "
Une situation qui révolte Chtivals de Valenciennes : "J'ai demandé la semaine dernière une renégociation de mes prêts pour alléger mes mensualités. Réponse ce jour: c'est niet "vous comprenez, la crise, tout est bloqué, etc... etc..." bref on préfère me laisser dans la M... comme d'hab les petits payent pour les frasques de ces messieurs de la haute finance !"
Mais le tableau n'est pas totalement noir. "Pas de souci avec ma banque, la Société Générale, j'ai obtenu mon prêt au taux qu'elle m avait promis, avec les conditions requises annoncées au préalable", témoigne Bipluna. Maverick 17 de La Rochelle confirme : "Je suis au Crédit Mutuel Atlantique et ma conseillère est sereine. Elle m'a précisé qu'elle 'avait pas reçu de consignes de sa direction quant à une restriction des crédits offerts aux clients. Elle m'a précisé que les taux d'intérêt, pour un crédit à la construction, augmentent et augmenteront encore, ce qui de facto n'encourage pas à emprunter. Je fais actuellement construire, je n ai pas rencontré de difficultés lors des déblocage de fonds. Je pense qu'il faut garder la tête froide et finalement, cette crise assainira certainement les marchés financiers". La voix de la raison ?
Retrouvez prochaînement sur LCI.fr les réactions des PME face à la crise. Vous êtes chef d'entreprise ou salarié, témoignez en cliquant ci-dessous sur "Réagir à cet article."
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