Crédit : les vannes étaient donc fermées...

Par Olivier LEVARD avec agences, le 14 octobre 2008 à 16h27 , mis à jour le 14 octobre 2008 à 17h16

Nicolas Sarkozy a demandé aux banques de relancer le crédit mis à mal par la crise financière. Elles peinent pourtant à admettre un durcissement des prêts.

banque guichet argent

Le crédit est un poumon de l'économie, laissez-la respirer ! Nicolas Sarkozy a demandé mardi aux banques françaises, qui vont bénéficier d'un plan de soutien de 360 milliards d'euros, de relancer les emprunts à destination des ménages et des entreprises, mis à mal par la crise financière internationale.
 
Au lendemain de l'annonce de ce plan, le président de la République avait réuni au Palais de l'Elysée les dirigeants des principales banques et compagnies d'assurances françaises pour la troisième fois en 15 jours. Il avait également invité, cette fois, deux dirigeants du patronat français : la présidence du Medef, Laurence Parisot, et son homologue de la CGPME, Jean-François Roubaud.
 
Le message est apparemment passé : à l'issue de la réunion, le président de la Fédération bancaire française (FBF) a estimé que les mesures arrêtées lundi en conseil des ministres répondaient "parfaitement aux besoins de l'économie et aux besoins des banques". "Les banques vont se réunir dès cet après-midi pour engager le processus de mise en oeuvre qui leur revient", a dit Georges Pauget. "D'ores et déjà nous avons assuré les pouvoirs publics de notre volonté de faire pleinement et de façon responsable le métier de financement de l'économie qui nous échoit." "Nous nous engageons à proposer une offre de crédit, notamment aux ménages et aux petites et moyennes entreprises, qui réponde aux besoins exprimés. Nous en avons désormais les moyens", a-t-il ajouté.
 
"Il n'y a pas de restriction du crédit"
 
Les banques n'avaient donc plus les moyens de financer particuliers et entreprises ? C'est ce que révélaient les très nombreux témoignages d'internautes postés sur notre site (Voir notre article). Pourtant, interrogée par LCI.fr après la faillite de Lehman Brothers, la Fédération bancaire française (FBF) n'admettait pas la frilosité des établissements bancaires à prêter de l'argent. Interrogée sur un "durcissement du crédit" alors évoqué par la ministre de l'économie, Ariane Obolensky, directrice générale de la FBF, estimait que "Madame Lagarde a simplement voulu souligner que c'est le prix de l'argent qui a augmenté. Le financement des emprunts est plus onéreux pour les établissements bancaires et cela se répercute sur les crédits des entreprises et des particuliers. Mais cela ne signifie pas que les banques ne donnent plus de crédit !".
 
Quelques jours plus tard, le Crédit Agricole de Normandie renchérissait sur notre site en affirmant qu' "il n'y a pas de restriction du crédit. Ce qu'il se passe simplement, c'est que l'augmentation des taux sur les marchés a entraîné une augmentation des taux des crédits dans les derniers mois. Quand les clients disent qu'on ne leur fait plus crédit, c'est simplement parce que, lorsque les taux montent, le remboursement va être plus élevé et le banquier ne peut plus les mettre sur un crédit qu'ils ne pourront pas assumer."
 
Les taux ont bons dos
 
Une étude du courtier Empruntis donne partiellement raison aux banques. Selon ses conclusions, un ménage sur cinq, qui pouvait contracter un  emprunt immobilier en janvier 2007, ne le peut plus aujourd'hui, en raison de la  hausse des taux d'intérêt. Le coût du crédit a fortement augmenté depuis janvier 2007 à cause de la  hausse des taux d'intérêt, qui ont atteint 5,30% en moyenne pour les crédits  immobiliers à 15 ans. Dans les dernières années, le taux a  atteint en moyenne un plus bas de 3,5% en octobre 2005. "Le crédit immobilier n'est plus disponible que pour une catégorie  privilégiée de la population", en conclut Geoffroy Bragadir, le fondateur  d'Empruntis.
 
Mais ce que pointe l'étude et que taisent les banques, c'est que leur inquiétude les a poussées à "durcir" les conditions  d'octroi de crédit, comme le taux d'endettement de l'emprunteur ou la durée  d'emprunt. C'est justement ce qui ressort des témoignages des internautes. De l'histoire ancienne ? Selon un communiqué de l'Elysée, les banques donneront "immédiatement" à leurs réseaux des instructions pour que les dossiers de financement des investissements et des besoins des de trésorerie des entreprises, grandes ou petites, "soient traités sans délais et sans contraintes supplémentaires".
 
La profession et le ministère de l'Economie vont également mettre en place une cellule de suivi des prêts relais aux ménages. Elle aura pour mission de s'assurer qu'ils disposeront "des moyens de mener à terme les achats immobiliers en cours". Si le dispositif n'a pas raison de la frilosité des banques, les ménages pourront toujours se consoler avec la baisse des prix de l'immobilier à venir. Selon Empruntis, elle devrait atteindre 5%  en 2008 et 9% à 14% en 2009.  

Par Olivier LEVARD avec agences le 14 octobre 2008 à 16:27
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8 Commentaires

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  • Patounette, le 16/10/2008 à 10h11

    Il serait temps que le secteur bancaire revienne à des taux d'intérêt raisonnables. Ayant ouvert une agence immobilière depuis bientôt 3 ans, je vois bon nombre de mes clients n'ayant plus le budget pouvant les faire accéder à la propriété; 170 000e il y a 3 mois et aujourd'hui 130 000e!!!!! Ou est l'erreur?

  • Yann, le 15/10/2008 à 21h28

    Je suis désolé de lire votre article. vous prétendez que les banques ont durci les conditions d'octroi d'un crédit mais je peux vous l'affirmer en tant que responsable d'agence d'une grande banque française, je n'ai aucunes consignes de durcissement des conditions d'octroi que ce soit pour les prêts immobiliers ou les prêts aux professionnels. un simple étudiant muni d'une calculette financière pourrait vous confirmer qu'un prêt immobilier de 20000? sur 240 mois au taux de 4% vous couterait 1300? mensuels et 1650? mensuels pour un taux de 5.30%. donc lorsqu'une banque calcule la capacité de remboursement d'un ménage gagnant 3000?, à 4% celui peut emprunter 200000? avec un endettement de 41%<45% le max que nous acceptons. A 5.30% ce taux d'endettement se situe à 52% soit au delà de nos conditions d'octroi il ne peut plus emprunter 200000?. si il souhaite acheter le même bien au même prix il devra donc apporter plus, c'est des mathématiques basiques. la banque n'a rien changé dans ces conditions d'octroi ce sont les conditions de marché qui ont changé. le seul ajustement est la baisse du prix de l'immobilier. comme avant nous acceptons si le taux d'endettement reste inférieur à cette règle ancienne d'endettement<45% de financer l'acquisition et les frais pour des ménages. pour finir si vous faites votre métier vous direz à vos lecteurs que nous avons déjà connus ces 10 dernières années des taux à 5.30% et au delà, que cela n'a rien d'exceptionnel, c'était sans doute des taux à 3.5% qui l'étaient favorisant la hausse de l'immobilier que nous avons connu en solvabilisant des personnes qui auparavant ne pouvaient emprunter.

  • Clementine, le 15/10/2008 à 12h26

    Ce n'est pas un scoop il faut arrêter de prendre les gens que pour des cons! on le sais depuis longtemps que les banques n'accorde plus de crédit immobilier malgré ce qu'elles disent par contre pour renflouer les "caisses" elles n'hésitent pas a créer des frais en plus qui n'existait pas bravent gens faite très attention regarder bien vos relever de comptes. tout ça pour dire que sans crédit pas de consommation et pas de consommation pas d'économie dans le pays et après on va nous dire que les banques ne foutent pas la merde.

  • Syndrael, le 15/10/2008 à 09h18

    Biensur qu'il n'y a pas de restriction à un crédit. Il faudra juste m'expliquer pourquoi une banque a refusé dernièrement un crédit pour un commerce dont la peintures des volets contenait du plomb et qui faisanit l'objet d'une dépose pour renovation (devis à l'appui).. Aucune restriction..

  • Papillon, le 15/10/2008 à 08h14

    Un beau chèque pour couvrir les erreurs des banques ! Pas de sanction, juste une petite tape sur les doigts et encore. Mais moi je ne peu toujours pas emprunter, atteinte d'une sclérose en plaque, personne ne veux me couvrir. Une belle injustice de plus !!!!

  • Ting Mei, le 15/10/2008 à 02h26

    C'est vrai que les taux ont bons dos. De l'aveu meme de ma banque, elle m'a précisé que désormais tous les credits immobiliés a 110% ( comprends sans apport et frais de notaire ) seront systematiquement refusés. Pas d'apport d'au moins 20% ? Credit refusé ... De nombreuses personnes se sont retrouvés dans la galère sur le changement de leur habitation et des prets relais acceptés, puis réfusés après coup une fois le premier bien .... vendu. Les banques sont surprotégées en France, ils peuvent limite faire n'importe quoi, balancer des chequiers à n'importe qui ... de toute facon, en cas de cheque en bois, c'est le commerçant qui prendra, et non pas la banque ... Y'a vraiment besoin d'un sacré coup de peinture dans la régulation bancaire dans notre pays.

  • Claire, le 14/10/2008 à 23h11

    Nous sommes actuellement très touchés par cette crise, en effet étant actuellement en train d'acquérir un terrain, les banques sont de plus en plus pessimistes. Selon elles, nous ne pouvons pas emprunter le montant suffisant pour la construction de notre maison on nous propose des taux a 6,7 % sur 25 ans !!! catastrophe que faire ??? Attendre ou pas ??

  • Eric, le 14/10/2008 à 20h29

    Et encore vous n'avez rien vu, attention "dur, va être la chute"

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