
Le crédit est un poumon de l'économie, laissez-la respirer ! Nicolas Sarkozy a demandé mardi aux banques françaises, qui vont bénéficier d'un plan de soutien de 360 milliards d'euros, de relancer les emprunts à destination des ménages et des entreprises, mis à mal par la crise financière internationale.
Au lendemain de l'annonce de ce plan, le président de la République avait réuni au Palais de l'Elysée les dirigeants des principales banques et compagnies d'assurances françaises pour la troisième fois en 15 jours. Il avait également invité, cette fois, deux dirigeants du patronat français : la présidence du Medef, Laurence Parisot, et son homologue de la CGPME, Jean-François Roubaud.
Le message est apparemment passé : à l'issue de la réunion, le président de la Fédération bancaire française (FBF) a estimé que les mesures arrêtées lundi en conseil des ministres répondaient "parfaitement aux besoins de l'économie et aux besoins des banques". "Les banques vont se réunir dès cet après-midi pour engager le processus de mise en oeuvre qui leur revient", a dit Georges Pauget. "D'ores et déjà nous avons assuré les pouvoirs publics de notre volonté de faire pleinement et de façon responsable le métier de financement de l'économie qui nous échoit." "Nous nous engageons à proposer une offre de crédit, notamment aux ménages et aux petites et moyennes entreprises, qui réponde aux besoins exprimés. Nous en avons désormais les moyens", a-t-il ajouté.
"Il n'y a pas de restriction du crédit"
Les banques n'avaient donc plus les moyens de financer particuliers et entreprises ? C'est ce que révélaient les très nombreux témoignages d'internautes postés sur notre site (Voir notre article). Pourtant, interrogée par LCI.fr après la faillite de Lehman Brothers, la Fédération bancaire française (FBF) n'admettait pas la frilosité des établissements bancaires à prêter de l'argent. Interrogée sur un "durcissement du crédit" alors évoqué par la ministre de l'économie, Ariane Obolensky, directrice générale de la FBF, estimait que "Madame Lagarde a simplement voulu souligner que c'est le prix de l'argent qui a augmenté. Le financement des emprunts est plus onéreux pour les établissements bancaires et cela se répercute sur les crédits des entreprises et des particuliers. Mais cela ne signifie pas que les banques ne donnent plus de crédit !".
Quelques jours plus tard, le Crédit Agricole de Normandie renchérissait sur notre site en affirmant qu' "il n'y a pas de restriction du crédit. Ce qu'il se passe simplement, c'est que l'augmentation des taux sur les marchés a entraîné une augmentation des taux des crédits dans les derniers mois. Quand les clients disent qu'on ne leur fait plus crédit, c'est simplement parce que, lorsque les taux montent, le remboursement va être plus élevé et le banquier ne peut plus les mettre sur un crédit qu'ils ne pourront pas assumer."
Les taux ont bons dos
Une étude du courtier Empruntis donne partiellement raison aux banques. Selon ses conclusions, un ménage sur cinq, qui pouvait contracter un emprunt immobilier en janvier 2007, ne le peut plus aujourd'hui, en raison de la hausse des taux d'intérêt. Le coût du crédit a fortement augmenté depuis janvier 2007 à cause de la hausse des taux d'intérêt, qui ont atteint 5,30% en moyenne pour les crédits immobiliers à 15 ans. Dans les dernières années, le taux a atteint en moyenne un plus bas de 3,5% en octobre 2005. "Le crédit immobilier n'est plus disponible que pour une catégorie privilégiée de la population", en conclut Geoffroy Bragadir, le fondateur d'Empruntis.
Mais ce que pointe l'étude et que taisent les banques, c'est que leur inquiétude les a poussées à "durcir" les conditions d'octroi de crédit, comme le taux d'endettement de l'emprunteur ou la durée d'emprunt. C'est justement ce qui ressort des témoignages des internautes. De l'histoire ancienne ? Selon un communiqué de l'Elysée, les banques donneront "immédiatement" à leurs réseaux des instructions pour que les dossiers de financement des investissements et des besoins des de trésorerie des entreprises, grandes ou petites, "soient traités sans délais et sans contraintes supplémentaires".
La profession et le ministère de l'Economie vont également mettre en place une cellule de suivi des prêts relais aux ménages. Elle aura pour mission de s'assurer qu'ils disposeront "des moyens de mener à terme les achats immobiliers en cours". Si le dispositif n'a pas raison de la frilosité des banques, les ménages pourront toujours se consoler avec la baisse des prix de l'immobilier à venir. Selon Empruntis, elle devrait atteindre 5% en 2008 et 9% à 14% en 2009.
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