Berlin veut mettre la Suisse à l'index

Par L.D. (Avec agence), le 21 octobre 2008 à 15h35 , mis à jour le 22 octobre 2008 à 17h26

Les 17 pays réunis à Paris mardi ont demandé à l'OCDE de "réactualiser" d'ici à mi-2009 sa "liste noire" des paradis fiscaux non coopératifs.

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L'offensive anti paradis fiscaux passe à la vitesse supérieure en Europe avec l'Allemagne et la France comme principaux moteurs. Les 17 pays réunis à Paris mardi ont demandé à l'OCDE de "réactualiser" d'ici à mi-2009 sa "liste noire" des paradis fiscaux non coopératifs, à laquelle Berlin souhaite ajouter la Suisse.
 
"Nous avons demandé à l'OCDE de compléter, de réactualiser, de totalement faire le ménage sur la liste" actuelle qui ne contient que trois noms, a déclaré le ministre du Budget Eric Woerth à l'issue de la réunion consacrée à la lutte contre les paradis fiscaux, à laquelle la Suisse et le Luxembourg ont renoncé à participer in extremis. Nous aurons une réunion à l'invitation de Peer Steinbrück (ministre allemand des Finances, ndlr) en mai ou juin, avant le G8 à Berlin sur ce sujet", a-t-il précisé. "Nous avons évoqué un certain nombre de pays, les Bahamas, îles Caïmans, îles vierges britanniques, Samoa, des centre financiers offshore comme Singapour pour, au fur et à mesure du temps, mettre la pression sur ces Etats en attendant d'avoir bâti cette liste", a encore expliqué Eric Woerth.

La réponse sèche de la Suisse

Rapidement, le gouvernement suisse a répondu ne "pas voir de raison" de réagir dans l'immédiat à la conférence de Paris sur les paradis fiscaux et aux déclarations du ministre allemand des Finances. "La base commune pour l'échange de données bancaires est le rapport du comité fiscal de l'OCDE de 2000", a-t-il dit. "En tant que membre actif de l'OCDE, (la Suisse) se sent liée à cette plate-forme supportée par l'ensemble des 30 pays membres et s'engage à tout faire pour mettre en oeuvre de manière conséquente les recommandations" contenues dans ce rapport, a souligné le ministère.

Au fil des ans, de nombreux Etats ont été rayés de la liste des paradis fiscaux non coopératifs de l'OCDE après avoir pris des engagements de transparence, au point que n'y figurent plus que Monaco, Andorre et le Liechtenstein. Mais certains n'ont pas respecté leurs engagements et l'OCDE est maintenant chargée de faire la distinction entre ceux qui ont mis en oeuvre leurs engagements concernant les échanges de renseignements avec les pays tiers et ceux qui ne l'ont pas fait.
  
Le Luxembourg pointé par Sarkozy

Peer Steinbrück a estimé pour sa part que la Suisse méritait d'être inscrite sur la "liste noire", lui reprochant d'offrir à ses compatriotes des placements leur permettant d'échapper à l'impôt et de ne pas coopérer suffisamment en matière fiscale. Interrogé sur l'absence de la Suisse à cette réunion, Eric Woerth a estimé que c'était "significatif".
 
De son côté, à Strasbourg, Nicolas Sarkozy y est aussi allé de sa pique contre ces Etats peu scrupuleux sur leur législation bancaire, pointant notamment le Luxembourg. Il a déclaré lors de son discours devant le Parlement européen que la réforme de l'architecture financière qu'il prône devait concerner les pays de l'Union européenne, y compris le Grand duché. "On ne peut pas se battre à l'extérieur de notre continent contre certaines pratiques et les tolérer sur notre continent, c'est tout", a insisté le chef de l'Etat français, reprenant à son compte une déclaration de la députée MoDem Marielle de Sarnez.

Jean-Claude Juncker s'est dit mardi ouvert à une discussion sur le secret bancaire qui est appliqué par son pays, mais pas sur convocation de la France et de l'Allemagne. Le Luxembourg "doit être prêt à discuter" du secret bancaire dans le cadre de la réforme financière mondiale prônée par la France, a déclaré mardi le Premier ministre luxembourgeois, en refusant toutefois que son pays soit assimilé à un paradis fiscal.
 
Evoquant par ailleurs le plan de soutien de Paris aux banques françaises (360 milliards d'euros) dévoilé la semaine dernière, Eric Woerth a souligné qu'une "banque française qui bénéficie du soutien national devra être totalement claire sur ses relations avec les paradis fiscaux" (lire notre article). 

Par L.D. (Avec agence) le 21 octobre 2008 à 15:35
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8 Commentaires

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  • égalité, le 22/10/2008 à 07h33

    Berlin veut mettre la suise à l'index pays hors de l'union européenne ? et ne dit rien sur le luxembourg et l'angleterre ? qui sont aussi des paradis fiscaux ? MERKEL en ce moment dit n'inporte quois

  • égalité, le 22/10/2008 à 07h29

    Pour supprimmer les paradis fiscaux il suffit simplement de nationaliserdans chaque pays toutes les banques par un accord international entre toutes les nations ,

  • Jean Bonnot, le 22/10/2008 à 02h02

    Mettre la Suisse à l'index revient à faire sa pub : ceux qui veulent échapper au rackett de leur ministre des finances fric vont se précipiter en Suisse et faire la fortune de ce pays. Vive la Suisse qui n'a que faire d'être mise à l'index.

  • Contribuable, le 21/10/2008 à 18h26

    Je suis un français travaillant à monaco dans une Banque, je paie mes impots au gouvernement au même titre que les autres. Des dizaine de milliers de français travaillent à monaco (pays à fiscalité réduite) et payent leurs impots en france (enfer fiscal). Les "grands" gouvernements d'Europe ont été incapables de créer de la richesse ils ont au contraire paupérisé leurs concitoyens et maintenant ils veulent s'en prendre à ceux qui ont réussi à faire venir des capitaux et à créer cette richesse. Qu'ils baissent les taxes et les paradis fiscaux disparaitront tout seul !

  • Saint Pierre, le 21/10/2008 à 17h34

    Laissez venir à moi les petits euros! c'est la devise de la Suisse et elle a raison ! La France et l'allemagne, tous grands pays qui dilapident les impôts de la france qui se lève tôt et fait des heures sup en salaires d'une fonction publique pléthorique et dépenses diverses de l'Etat providence feraient bien de se décider à faire concurrence à des pays mieux gérés en se rendant plus attractifs financièrement aux yeux de leurs propres ressortissants; il n'y a pas que des nantis qui trouvent les prélèvements obligatoires démesurés ; il suffit de voir le nombre de prolétaires qui bossent au noir pour y échapper pour comprendre que la solution passe par une amélioration de la compétitivité interne de la "maison france" dans notre beau pays pas besoin d'être bien riche pour payer des impôts mais paradoxalement une multitude de niches fiscales tendent les bras aux plus riches. quant à l'ISF et autes impôts idéoligiques seuls les propriétaires immobiliers les payent car il ya longtemps que les véritables grandes fortunes ont taillé la route en emportant ailleurs des fonds qui manquent à nos entreprises.

  • Remi, le 21/10/2008 à 16h33

    Chacun son point de vue, pour ma part je vois la Suisse qui refuse d'etre complice d'un racket en bande organisee.

  • Lolo, le 21/10/2008 à 16h17

    Fermez les banques suisses et luxembourgeoises... et vous verrez de nombreuses zones sinistrées en France, proches des frontières... Car ces régions vivent grâce aux emplois que procurent ces pays que l'on décrie. Trouvez une solution monsieur Sarkozy, trouvez une solution, merci

  • Pelap, le 21/10/2008 à 16h14

    Alors pourquoi la France laisse t elle le Credit Agricole, la Société Générale, BNP Paribas, et autres institutions financieres Françaises à ouvrir des bureaux à Geneve et donc soumises à la legislation des banque Suisses et en particulier soumises au secret banquaire.?... Pourquoi la filliale de Nissan pour les voitures de luxe Infinity de Mr. Goosh patron de Renault est elle intallé à Lausanne?

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