© TF1-LCITout le monde a un portable aujourd'hui, et c'est bien le problème : les numéros de téléphone commençant par le désormais célèbre "06" pourraient venir à manquer. L'Autorité de Régulation des Communications Electroniques et des Postes vient donc d'ouvrir une consultation publique pour proposer aux acteurs du marché (opérateurs, associations de consommateurs...) une solution. Avant de passer au "07" dans la foulée ? Pour LCI.fr, l'Arcep revient sur l'ouverture éventuelle de la "tranche 07" dans les prochaines années.
LCI.fr : Pourquoi avoir lancé une consultation publique sur l'éventuel lancement du "07" pour les portables ?
Jean-François Hernandez, responsable de la communication de l'Arcep : Nous sommes au début d'une réflexion. Les opérateurs mobiles nous ont demandé davantage de numéros et donc d'ouvrir cette réflexion pour ouvrir le 07. Il faut s'avoir qu'une tranche, c'est 100 millions de numéros, et que, sur le "06", 95 millions ont déjà été distribués. Mais il y aura des ressources jusqu'en 2010, c'est certain. La question est maintenant de savoir si les besoins des opérateurs vont continuer à croître. Nous leurs demandons donc de faire des prévisions pour 2010, 2015, 2020...
LCI.fr : Tous les Français ou presque ont un portable aujourd'hui. D'où vient cette demande de numéros?
J-F. H. : Nous savons que le "machine to machine", c'est-à-dire le fait de mettre des puces SIM (NDLR : les puces auxquelles sont associées un numéro, comme les téléphones) dans des ascenseurs, voitures, ou pacemakers va se développer. Aujourd'hui, lorsqu'un distributeur de café n'a plus de café, il peut envoyer un sms à une base pour le signaler, lorsqu'un ascenseur tombe en panne, un sms part pour une centrale... Même chose pour la vidéosurveillance des résidences secondaires ou l'éclairage public et l'on peut imaginer beaucoup d'autres applications. Une question se pose : est-il toujours nécessaire de faire passer ces services par la numérotation téléphonique qui, par définition, est limitée, ou alors faut-il imaginer une alternative, du type adressage IP (NDLR : comme les ordinateurs sur Internet) qui pourrait remplacer les numéros de téléphones.
LCI.fr : Comment se passe aujourd'hui l'attribution des numéros de téléphone par l'Arcep?
J-F. H. : Nous attribuons aux opérateurs des blocs de 100.000 ou 1.000.000 de numéros et ensuite ils les redistribuent au consommateur, un par un. Nous nous demandons aujourd'hui s'il n'est pas souhaitable de distribuer des tranches plus fines, de 10.000 numéros par exemple. Si un nouvel opérateur arrive, c'est la fameuse quatrième licence, il est en effet nécessaire que nous lui conservions des numéros en 06.
LCI.fr : Dans un souci de justice?
J-F. H. : Oui, il parait logique que tous les opérateurs aient les mêmes typologies de numéro.
LCI.fr : Les opérateurs paient-ils pour ces numéros ?
J-F. H. : Ils payent une redevance annuelle de 40 millions d'euros au budget de l'Etat à comparer avec les 238 millions d'euros pour leurs fréquences.
LCI.fr : Aujourd'hui, l'expression "passe-moi ton 06" s'est imposée dans le champ de la drague pour demander un numéro de portable. Doit-on s'entraîner à dire "passe-moi ton 07"?
J-F. H. : (Rires) On n'en est pas là : rien n'est décidé. Il y a encore 5.600.000 numéros disponibles et le marché croit de deux millions par an... Cela montre en tout cas que les questions de numérotation sont très techniques mais qu'elles touchent finalement la vie de chacun en tant qu'individu.
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