Image d'archives © TF1/LCIC'est donc un non ferme et définitif. Le Premier ministre François Fillon a annoncé que le gouvernement donnerait, lundi lors du débat budgétaire au Sénat, un avis défavorable à l'amendement de l'UMP Philippe Marini sur la déduction fiscale des pertes boursières en 2008. Du coup, Philippe Marini a retiré lundi soit son amendement qui avait rencontré une réprobation quasi-unanime.
Lundi matin, le sujet semblait déjà voué à devenir la nouvelle pomme de discorde au sein de lla majorité au vu des réactions pour le moins divergentes. "Je ne suis pas sûr que ce soit une idée formidable, que ce soit en tous les cas la priorité". Les propos du ministre de la Relance Patrick Devedjian sur RTL lundi ont ainsi donné le ton. De son côté, Jean-François Copé, président du groupe UMP, a qualifié l'idée de "séduisante" tout en restant prudent. "C'est quelque chose qui se regarde dans une période de crise, maintenant il faut voir si tout cela est possible techniquement, parce que ça demande une étude approfondie", a-t-il précisé sur Europe 1.
Le sénateur Philippe Marini entendait faire débattre cette semaine au Sénat de son idée qui consiste à permettre la déduction des revenus imposables des pertes intervenues à l'occasion de cessions de moins de 25.000 euros, intervenues entre le 1er janvier et le 1er décembre 2008 (lire notre article). La déduction serait limitée à 10.700 euros.
"Les boursicoteurs" privilégiés ?
A gauche, assez logiquement, le nouveau porte-parole du PS Benoît Hamon a fait part de son indignation. "C'est quand même invraisemblable qu'aujourd'hui ce soit aux boursicoteurs que l'on pense et pas du tout aux salariés qui sont victimes de cette spéculation en bourse", a-t-il déclaré sur France info. "Les salariés qui eux, ne spéculent pas et sont directement victimes, dans leur pouvoir d'achat comme dans leur emploi de la spéculation en bourse de la folie des marchés financiers : rien pour eux ! Mais par contre, les amis de Nicolas Sarkozy qui ont perdu de l'argent en bourse vont avoir leurs pertes déduites de leurs impôts !", a-t-il poursuivi.
Certains économistes font remarquer que les gains en Bourse sont actuellement taxés plus légèrement que les revenus, si bien que la proposition Marini, si elle devenait réalité, reviendrait à amortir les pertes des risques pris en Bourse et à récompenser fiscalement les gains.
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