Image d'archives © TF1/LCIEt si les pertes enregistrées en Bourse en 2008 par les particuliers étaient déduites de leurs revenus imposables de 2009 ? C'est ce que prévoit un amendement au projet de budget 2009 défendu par le sénateur Philippe Marini (UMP), a annoncé samedi ce dernier. Confirmant une information publiée samedi dans La Tribune, le rapporteur général de la commission des Finances de la Haute assemblée a déclaré que cet amendement, élaboré "en concertation" avec Bercy, serait soumis au vote lundi, dans le cadre de la discussion sur les articles dits "non-rattachés" du projet de budget.
Concrètement, les particuliers pourront déduire de leurs revenus de l'année 2009 les moins-values (pertes) de cession de valeurs mobilières cotées en Bourse, dans la limite de 10.700 euros. Le CAC 40, l'indice de la Bourse de Paris, a en effet perdu près de 47% de sa valeur depuis le début de l'année. Sont concernées les opérations de cession de moins de 25.000 euros au total, intervenues entre le 1er janvier et le 1er décembre 2008 (et non le 31 décembre, pour éviter tout effet d'aubaine). Cette mesure se répercutera sur l'impôt sur le revenu en 2010. Au-delà de 10.700 euros, a précisé Philippe Marini, le solde des pertes sera reporté sur les gains en Bourse des 10 années suivantes, conformément au dispositif en vigueur depuis 2003.
Les ménages ont placé moins d'1/10e de leur patrimoine en Bourse
Interrogé sur le coût de cette mesure et le nombre de bénéficiaires potentiels, M. Marini a indiqué qu'il était encore trop tôt pour faire une estimation. "Ce ne sera pas une très grosse mesure. Elle devrait concerner les portefeuilles boursiers modestes de particuliers d'un certain âge qui ont été dans l'obligation de vendre leurs actions dans ce marché aussi baissier", a-t-il affirmé. Les ménages français ont placé moins d'un dixième de leur patrimoine en Bourse, soit 925 milliards d'euros, selon l'Insee, et l'on dénombrait en 2008 6,2 millions de petits porteurs.
Pour Didier Cornardeau, président de l'Association des petits porteurs actifs, la plupart des investisseurs n'ont toutefois pas vendu leurs titres en 2008, mais "gelé leur portefeuille" en attendant une reprise de la Bourse: ils ne devraient donc pas bénéficier de la mesure. Mais "pour ceux qui détenaient des actions de banques ou de promoteurs et qui les ont vendues, c'est une mesure intéressante", ajoute-t-il. D'après ses estimations, un million de petits actionnaires se sont retirés de la Bourse en 2007. Ceux qui sont restés ont gelé leur portefeuille. Le Bureau d'information et de prévision économique (Bipe) évalue à 550 milliards d'euros la perte de valeur du patrimoine global (immobilier et financier) des Français du fait de la crise conjointe des marchés immobiliers et boursiers en 2008 et 2009. Ce patrimoine était proche de 10.000 milliards d'euros début 2008. Le Bipe qualifie cette régression de "fait inédit depuis plusieurs décennies".
Retour MYTF1
Chargement en cours...




