Le réseau électrique en période critique

le 02 janvier 2009 à 12h22 , mis à jour le 02 janvier 2009 à 12h26

La multiplication des appareils électriques rend le réseau fragile en période de grand froid. D'où un risque de rupture d'approvisionnement, notamment en ce début janvier.

TF1/LCI : Ligne électrique à haute tensionLigne électrique à haute tension © TF1/LCI

En pleine vague de froid, les appareils de chauffage tournent à plein régime. Des appareils qui sont, de plus en plus souvent, électriques : les promoteurs et constructeurs privilégient dans les nouveaux logements ces radiateurs faciles à installer et nécessitant peu d'entretien, d'autant plus que des nouvelles technologies moins gourmandes en énergie, couplées aux aléas des prix des hydrocarbures, limitent l'impact de ce type de chauffage sur les factures. Il n'en est pas de même pour EDF, qui voit la consommation électrique nationale augmenter chaque année, et les pics hivernaux battre record sur record. Alors que, parallèlement, le réseau électrique, très sollicité par cette surconsommation, se révèle fragile. Il a ainsi été victime de nombreuses coupures ces derniers mois.

En ce mois de janvier, période de jours courts accroissant en outre les besoins d'éclairage, le voici en période critique. En hiver, une baisse de température d'un degré sur l'ensemble du territoire peut entraîner une hausse d'environ 2100 mégawatts de la consommation, soit environ deux fois la consommation de Marseille et de son agglomération un jour de pointe. Le phénomène est particulièrement aigu autour de 19 heures, quand les Français rentrent du travail et mettent en marche chauffages, machines à laver, fours et plaques chauffantes... Ces gestes apparemment anodins font alors bondir la consommation à des niveaux records. Et la multiplication des appareils électroniques (ordinateur portable, chaîne hi-fi...) accentue encore cette tendance : la consommation en période de pointe progresse ainsi chaque année plus fortement que la consommation moyenne.

La Bretagne, zone particulièrement fragile

Dans un document publié en octobre, le Réseau de Transport d'Electricité, gestionnaire des lignes à haute tension, jugeait ainsi qu'il existait un "risque modéré de rupture d'approvisionnement" durant la première quinzaine de janvier en cas de "vague de froid intense et durable". Pour faire face à ces périodes dites "d'extrême pointe", RTE doit réquisitionner tous les moyens de production disponibles. Il s'agit par exemple des turbines à combustion au fioul et au gaz : fortement émettrices de gaz à effet de serre, elles ont toutefois l'avantage de pouvoir être portées à pleine puissance en une vingtaine de minutes seulement. Si ces centrales ne s'avèrent toujours pas suffisantes, de l'électricité peut alors être importée d'Allemagne, d'Italie ou de Suisse. RTE prévoit de le faire durant une semaine ce mois-ci.

En dernier recours, le gestionnaire du réseau de transport peut décider de procéder à des "délestages", c'est-à-dire à des coupures de courant partielles. Le risque est en effet qu'une surconsommation entraîne une baisse de la fréquence électrique sur le réseau, ce qui ferait disjoncter des centrales et menacerait de faire s'écrouler le système. Pour faire face à la situation particulièrement critique de la Bretagne, qui dépend à 92% des autres régions de France pour sa consommation, RTE a lancé un système d'alerte par e-mail et SMS afin d'inciter les habitants à limiter leur consommation en cas de grand froid. Le système pourrait être étendu à toute la France dans les deux ou trois ans à venir.

D'après agence

le 02 janvier 2009 à 12:22
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