Voitures à vendre chez un concessionnaire américain © TF1/LCIAlors que la consommation en France accuse le coup (-0,9% le mois dernier), les crédits sont au plus mal. Selon les chiffres publiés jeudi par l'Association des sociétés financières (ASF), la production de nouveaux crédits à la consommation a enregistré une baisse de 10,2% en glissement annuel au quatrième trimestre 2008, la décrue sur un an atteignant 2,2%,
"C'est du jamais vu depuis huit ans", explique à LCI.fr Nicolas Pécourt, le directeur des études de Sofinco, qui ajoute que "en 2000, ce n'était en plus qu'une baisse technique après une forte augmentation l'année précédente". Il s'agit "de la plus mauvaise performance constatée depuis 1993, année où la production s'était réduite de 3,2%", souligne de son côté l'ASF.
Immobilier et automobile en cause
En décembre 2008, pour le troisième mois consécutif, la signature de nouveaux crédits est en recul par rapport au même mois de l'année précédente, de 4,5%. Les contractions en octobre et novembre avaient été encore plus marquées (-8,8 et -17,5% ! ).
Le crédit à la consommation est victime des crises conjointes de l'immobilier et de l'automobile, des secteurs grands consommateurs de crédit. "Contrairement à ce que l'on pourrait croire, les crédits immobiliers incitent au crédit à la consommation car un ménage sur quatre qui achète un bien immobilier va, par exemple, prendre un autre crédit dans l'année pour acheter des meubles", confie Nicolas Pécourt.
Vivement la relance
Ce sont les "prêts personnels" (crédit à la consommation sans objet spécifié) qui chutent le plus lourdement (-23,1% au 4e trimestre). Le recul sur l'année, de 9,9%, est d'une "ampleur jamais atteinte sur les deux dernières décennies", affirme l'Association. Les financements de voitures particulières neuves reculent de 10,8% au dernier trimestre, mais maintiennent, grâce à un bon début d'année, une légère progression pour l'ensemble de l'année (+1,8%).
Enfin, les nouvelles utilisations de crédit renouvelable (dit aussi "revolving"), que le gouvernement souhaite mieux encadrer pour en limiter les dérives, se contractent de 5,2% sur les trois dernier mois de l'année (-0,8% sur 2008).
La profession s'inquiète et garde donc un œil sur les performances de l'automobile et l'immobilier pour le trimestre prochain, un autre sur le plan de relance du gouvernement. "Le plan automobile, notamment s'il y a un geste en direction des crédits, pourrait avoir un impact important", analyse Nicolas Pécourt. Réponse d'ici début février lorsque Nicolas Sarkozy annoncera les grandes mesures de son plan.
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