Image d'archives © TF1Le fabricant franco-italien de semi-conducteurs STMicroelectronics, confronté au "repli brutal de l'économie mondiale" en fin d'année, a annoncé mardi soir la suppression de 4500 postes dans le monde en 2009. Le groupe, qui a enregistré en 2008 une nouvelle année de pertes (786 millions de dollars), a indiqué qu'il prévoyait de réduire ses coûts "de plus de 700 millions de dollars" cette année, "grâce aux initiatives de restructuration en cours et aux nouveaux programmes qui visent à redimensionner nos activités de production et à rationaliser nos dépenses". STMicro, qui compte 45.000 salariés dans le monde, dont environ 10.000 dans l'Hexagone, a déjà pris des mesures de chômage partiel dans plusieurs sites, notamment à Crolles, dans l'Isère, Rousset, dans les Bouches-du-Rhône, et Tours.
Victime du repli de la demande en produits technologiques (téléphones mobiles, baladeurs, appareils photo...) et des difficultés de la filière automobile, l'industrie des semi-conducteurs est frappé de plein fouet par la crise. Le marché devrait s'effondrer de 16,3% en 2009, après une baisse de 4,4% en 2008, pour la première fois depuis l'éclatement de la "bulle internet" en 2001, selon le cabinet d'études Gartner. Une série noire sans précédent.
Apple se démarque
STMicroelectronics n'est d'ailleurs pas le seul à annoncer des mesures douloureuses. Microsoft, Philips ou Sony : les annonces de suppressions d'emplois se succèdent depuis le début de l'année dans le secteur de l'informatique et de l'électronique. Pour la première fois de son histoire, Microsoft, qui avait pris l'habitude d'accroître ses effectifs de 15% par an, a décidé de se séparer de 5000 employés. Un jour auparavant, le numéro un mondial des microprocesseurs, l'américain Intel, avait annoncé des fermetures d'usines touchant de 5000 à 6000 personnes, peu de temps après son concurrent Advanced Micro Devices (AMD) qui a de son côté supprimé 1100 postes.
Dans un contexte, non seulement de crise globale, mais aussi de crise structurelle du secteur, les fabricants de PC ont été parmi les premiers à réduire leurs effectifs. Dans la foulée du leader mondial Hewlett-Packard, qui a dévoilé mi-septembre un plan portant sur près de 25.000 emplois, le chinois Lenovo a ainsi annoncé 2500 licenciements le 8 janvier. Le même jour, l'américain Dell, deuxième fabricant mondial, qui avait déjà supprimé 8800 postes en un an, avait fait part de son intention de transférer sa production d'Irlande en Pologne. Conséquence: 1900 emplois détruits dans l'île.
Dans l'électronique, l'ambiance est également à la morosité. Le japonais Sony a prévenu il y a quelques jours qu'il risquait de subir de très lourdes pertes financières cette année et qu'il était donc contraint d'amplifier son plan de restructuration touchant 16.000 postes. Puis, le néerlandais Philips annonçait à son tour 6000 suppressions d'emplois. La crise accentue par ailleurs les difficultés des équipementiers télécoms, à l'image de Motorola qui va supprimer 4000 emplois ou du canadien Nortel, proche de la faillite. Le suédois Ericsson a quant à lui annoncé 5000 licenciements pour conserver sa place de numéro un dans les réseaux mobiles. Dans ce tableau sombre, quelques-uns résistent, comme Apple qui a publié des résultats annuels "historiques".
Avec agences
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