Elles se réunissent pour rouvrir leur usineLe chef de l'Etat a annoncé jeudi la suppression de la taxe professionnelle en 2010 avec pour objectif de "garder les usines en France". Sans surprise, le patronat français s'en est félicité vendredi. Laurence Parisot, la présidente du Medef, a salué "une bonne mesure". "A condition que cet impôt ne soit pas remplacé par un autre", a mis en garde sur Europe 1 la patronne des patrons. Cette mesure était en tout cas attendue "de longue date" par les entreprises, rappelle la Confédération générale des petites et moyennes entreprises.
La réponse des syndicats ne s'est pas fait attendre. Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, a ironisé : "le Medef mène huit milliards à zéro ", en référence au montant de la taxe professionnelle estimé par Nicolas Sarkozy. Un chiffre que conteste le Parti socialiste. Pour la première secrétaire du PS, cet impôt, certes "archaïque" et qu'il faut "réformer", ne représente non pas "8 milliards" mais "20 milliards". Et la perte pour les collectivités locales est elle estimée à 26 milliards d'euros, dénonce Jean Louis Bianco, président socialiste des Alpes de Haute Provence.
Les collectivités locales, " boucs émissaires"
Face à ces divergences, l'entourage de la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, a tenu à préciser que "seule 80% de la taxe serait supprimée", ce qui correspond à la part des équipements et des biens matériels. La taxe concernant la partie foncière, soit 20% subsisterait. Mais quels que soient les chiffres, François Hollande estime que la suppression de cette taxe "n'est pas sans danger (...). Qui paiera l'équivalent de la taxe ? Ou ce sont les entreprises, et alors je ne vois pas où serait l'avantage de la compétitivité retrouvée, ou ce sont les ménages et ça c'est le pire". Et le président socialiste de la région Ile de France, Jean-Paul Huchon de dénoncer : Nicolas Sarkozy prend les collectivités locales pour des "boucs émissaires". Selon lui, le président de la république "supprime leurs ressources, avec l'annonce ex abrupto de la disparition de la taxe professionnelle, sans évidemment proposer une réforme de la fiscalité locale, ni de compensation financière digne de ce nom".
Quant au président du MoDem, François Bayrou, il prévient que des "déficits abyssaux" sont à craindre, d'autant que le chef de l'Etat a également proposé la suppression de la première tranche de l'impôt sur le revenu. "Tout cela nous entraîne vers une situation catastrophique, de laquelle le pays aura le plus grand mal à sortir ". Et ce n'est pas la secrétaire nationale du Parti communiste qui risque de le contredire. Marie-George Buffet a trouvé "assez lamentable" l'intervention de Nicolas Sarkozy. Et a ironisé sur "cette seule mesure concrète" : un "cadeau aux patrons". Mais pour Xavier Bertrand, le secrétaire général de l'UMP, "les socialistes en avaient rêvé, nous le faisons", faisant allusion à une proposition commune de Diminique Strauss-Kahn et Christian Sautter à la fin des années 1990. "Si certains voulaient engager une polémique, elle va faire long feu : les 8 milliards supprimés seront totalement compensés."
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