La nouvelle Twingo de Renault © Renault BLM StudioLe secteur de l'automobile est en crise et pourtant, il faut parfois plusieurs mois pour recevoir la livraison de sa voiture. Les clients en attente de leur commande ne comprennent pas : pourquoi des constructeurs qui appellent à l'aide et ferment temporairement des usines ne sont-il pas en mesure de livrer leurs véhicules dans des délais raisonnables ?
Plusieurs mois d'attente pour être livré d'une Twingo, c'est ce qui arrive à l'un de nos internautes, Romain Belliot. Cet automobiliste séduit par les offres de prime à la casse et de bonus écologique s'était enfin décidé à se séparer de sa vieille voiture de 26 ans. Mi-décembre, il commande donc une Twingo. Mais alors qu'on lui avait promis une livraison dans les deux mois, il apprend que le délai est finalement rallongé de trois semaines. Motif invoqué : "l'avalanche de commandes".
Succès des petites voitures
Contacté par LCI.fr, Renault et le groupe PSA Peugeot Citroën confirment que les commandes ont augmenté en décembre. La mesure de prime à la casse et le bonus écologique ont eu l'effet désiré par le gouvernement : inciter les automobilistes à acheter un véhicule neuf. Selon les derniers chiffres publiés lundi pour le mois de janvier, les ventes de voitures particulières neuves ont ralenti leur chute en janvier (-7,9%) après un plongeon en novembre (-14%) et décembre (-15.8%).
Parmi tous les véhicules commandés, les petits modèles de type Twingo, C1 ou 107 rencontrent le plus grand succès. Sur l'ensemble des ventes de décembre de Renault, entre 45 et 60% concernaient les seules Twingo, le modèle d'entrée de gamme de la marque. Cumulé avec les différentes offres, le prix de ces véhicules est devenu très attractif, les réductions pouvant atteindre 25% du prix initial. Une tendance que l'on constate également chez Peugeot et Citroën.
Si Peugeot semble encore pouvoir livrer ses véhicules relativement vite - en moyenne 18 jours pour la 107 - chez Renault et Citroën les délais de livraison de la Twingo et de la C1 s'allongent. Jusqu'à 4 mois pour la petite Citroën et environ 3 mois pour sa rivale chez Renault. L'explication n'est pas à chercher bien loin : les usines qui produisent ces modèles tournent déjà à pleine capacité.
Des usines qui ne font plus face à la demande
Avec la crise économique, les Français ont privilégié ces petits modèles au détriment d'autres, plus gros, principalement fabriqués dans les usines françaises. C'est ainsi l'usine de Sandouville - dont on a beaucoup entendu parler en fin d'année - qui accueille les plateformes de production de la Laguna, l'Espace et de la Velsatis. Problème : ces modèles coûtent plus chers et sont boudés par des consommateurs qui évitent de recourir à des crédits à la consommation trop importants.
Les usines françaises des constructeurs tournent au ralenti. Et, pourtant, le succès des ventes des petits modèles n'y changera rien. Ce type de véhicule est en effet souvent fabriqué en Europe de l'Est. "Les voitures sont produites là où la demande est la plus forte", explique Laurent Cicolella, un des porte-parole du groupe PSA Peugeot Citroen, contacté par LCI.fr. Et le marché de l'Europe de l'Est était jusqu'ici le plus favorable à ces petits modèles... C'est pourquoi, l'usine de la C1 a été installée en République Tchèque et celle de la Twingo en Slovénie. Et pourquoi la prime à la casse ne profite pas toujours aux travailleurs français.
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