© www.sxc.huLa France réclame cette autorisation depuis des années. Jacques Chirac en avait même fait l'un de ses arguments de campagne pour la présidentielle 2002. Mais Berlin était, jusque là, opposé à cette mesure. La semaine dernière, le ministre allemand des finances, Peer Steinbrück, a déclaré que l'Allemagne était "prête à oeuvrer en faveur d'un compromis" sur l'élargissement des taux réduits de TVA aux secteurs à forte intensité de main d'oeuvre et à la restauration.
Une question de survie ?
Jeudi dernier, Eric Woerth a chiffré à un milliard d'euros le coût pour les finances publiques de la diminution éventuelle de la TVA dans le secteur de la restauration. Le ministre du budget a précisé que la baisse de la TVA serait composée par un relèvement des charges du secteur. "Les hôtels cafés restaurants bénéficiaient de mesures concernant la diminution des charges, parce que justement il n'y avait pas eu de diminution de la TVA. Quand il y aura eu une diminution de la TVA, évidemment on reviendra sur la diminution de ces charges", a-t-il expliqué. Christine Lagarde n'a pas voulu préciser lundi le taux qui pourrait être appliqué en France. "On va d'abord commencer par essayer d'engranger un accord. Ensuite il faudra discuter sur les taux, sur le calendrier, sur les contreparties", a-t-elle indiqué.
De son côté, l'Umih, l'Union des métiers de l'industrie hôtelière, principal syndicat de restaurateurs, s'est dit "confiant" dimanche dans la capacité de la France d'obtenir l'accord des 27 de l'Union européenne. Si l'accord des 27 constituerait "une grande victoire", explique l'Umih, "les professionnels devront engager des négociations avec l'Etat français pour obtenir la baisse de la TVA de 19,6% à 5,5%". "Seul un taux de TVA à 5,5% permettra aux restaurateurs de survivre. Une application immédiate nous donnera en outre la possibilité de participer activement au plan de relance de l'économie française", affirme la Christine Pujol, la présidente de l'Umih.
| La présidence de l'UE guère optimiste |
La présidence tchèque de l'UE s'est montrée peu encourageante mardi sur les chances d'obtenir dans la journée un compromis autorisant en Europe des taux de TVA réduits dans certains secteurs, en particulier la restauration, comme le demande depuis des années la France. "Je ne suis pas excessivement optimiste", a déclaré à la presse le ministre tchèque des Finances Miroslav Kalousek à son arrivée à une réunion avec ses homologues de l'Union européenne à Bruxelles. "J'ai eu toute une série de rencontres bilatérales et je ne sais pas quelle sera l'issue" de la réunion. "Nous avons besoin de l'unanimité (pour un accord) et c'est difficile à obtenir". Le ministre a souligné qu'une "majorité de pays soutient" une proposition d'accord sur des taux réduits de TVA mise sur la table par la République tchèque. "Mais un petit nombre (d'autres pays) semble avoir des difficultés insurmontables", a-t-il ajouté. |
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