Crédits conso : Lagarde veut vous protéger

Par , le 16 mars 2009 à 13h28 , mis à jour le 16 mars 2009 à 22h38

La ministre de l'Economie a présenté lundi un projet de réforme du crédit à la consommation encadrant notamment la publicité et les conditions de souscription.

Christine LagardeChristine Lagarde, au Forum de Davos le 1er février 2009 © TF1-LCI

Des milliers de Français sont pris dans la spirale des crédits à la consommation, le gouvernement cherche donc à les réformer. Christine Lagarde a présenté lundi un projet qui vise à mieux protéger les emprunteurs en encadrant notamment la publicité et les conditions de souscription à ces crédits. "C'est un projet de loi qui vise à responsabiliser le prêteur", a déclaré la ministre de l'Economie lors d'une conférence de presse, au terme d'une réunion avec les associations de consommateurs. Le projet vise plus particulièrement le crédit renouvelable ou "revolving", une enveloppe de crédit qui se renouvelle, dans la limite du plafond fixé, au fil des remboursements.

Avec ce texte, le gouvernement veut s'attaquer aux quatre "points noirs" du crédit à la consommation, selon Christine Lagarde, que sont la "publicité agressive", le "crédit qui ne se rembourse pas", le crédit "à l'insu de son plein gré" et le rachat de crédits "sauvage". Le projet, qui devrait être présenté en Conseil des ministres le 15 avril, prévoit d'abord d'imposer, dans toutes les publicités relatives à un crédit, la mention légale: "Un crédit vous engage et doit être remboursé". En outre, la publicité ne pourra plus suggérer qu'un crédit "améliore la situation financière de l'emprunteur" et devra présenter un exemple chiffré illustrant le coût du crédit.

Fini de payer que les intérêts...

En matière d'information, pour éviter le crédit "à l'insu de son plein gré", le prêteur sera dans l'obligation de fournir des explications à l'emprunteur sur la nature du crédit qu'il s'apprête à souscrire. Le prêteur devra également s'assurer de la solvabilité de l'emprunteur en consultant le fichier des incidents de paiement, dit FICP. Il devra également remplir avec l'emprunteur une fiche de renseignements qui comprendra des informations sur ses revenus et son niveau d'endettement. Pour éviter le crédit "qui ne se rembourse pas", le texte prévoit qu'à chaque échéance d'un crédit renouvelable, une partie du capital soit désormais remboursée, alors que les mensualités peuvent aujourd'hui ne comprendre que des intérêts. Concernant le rachat de crédits, qui consiste à regrouper plusieurs créances en une seule, le texte fixera des règles spécifiques, qui permettront notamment au consommateur de comparer le coût total de ses crédits avant et après le regroupement. Figurera aussi dans le projet de loi l'application d'une directive européenne de 2008 qui double le délai de rétractation des consommateurs ayant souscrit un crédit de 7 à 14 jours.

Mais pour les associations de consommateurs, ce n'est pas assez. "Je ne dis pas qu'il n'y a rien dans le texte, mais je suis très dubitatif sur les effets de cette réforme", a commenté Alain Bazot, président de l'association UFC-Que Choisir. Alors que la Fédération bancaire française avait salué dimanche la réforme, les associations ont toutes fait état de lacunes dans le projet, à commencer par l'absence de réforme du système des cartes de fidélité qui permettent d'obtenir des facilités de paiement et des promotions, mais y associent souvent un crédit renouvelable. "Il faut séparer les cartes de fidélité, de paiement et de crédit", a demandé Alain Bazot.

Ce dernier a également regretté que le gouvernement ne réponde pas à la problématique posée par une enquête de l'UFC-Que Choisir, qui montre que les emprunteurs sont majoritairement orientés vers des crédits renouvelables plutôt que des crédits affectés, qui ont des taux d'intérêt moins élevés et prévoient une date de remboursement. Christian Huard, secrétaire général de l'Association de défense et d'éducation des consommateurs, a lui dénoncé l'absence de disposition visant à réduire le taux d'usure, dont le niveau actuel (21%) permet aux établissements de crédit de pratiquer des taux supérieurs à 20% pour des crédits renouvelables. Autre sujet évoqué par Serge Maître, secrétaire général de l'Afub, le principe d'un faible taux d'intérêt initial, attractif pour le consommateur mais remplacé par un taux plus élevé par la suite. Les associations de consommateurs disposent d'une semaine pour faire des propositions d'amendements du texte.

Par Olivier Levard le 16 mars 2009 à 13:28
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10 Commentaires

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  • Egnalos, le 17/03/2009 à 16h49

    Entièrement d'accord avec ALI st denis, il faut que les gens se responsabilisent.

  • Ginette 59, le 17/03/2009 à 15h25

    Réformer c'est bien et nécéssaire mais éduquer serait aussi indispensable. Ce n'est pas une question de moyens, ne croyez pas que ceux sont les plus pauvres les plus endetter. C'est mon métier, l'analyse des dossiers de persnnes surrendetter, le problème est le manque de gestion...et cela ça s'apprend !

  • Nefertiti62, le 17/03/2009 à 13h27

    Vous êtes une référence "Ali " c'est à croire, parce que Lisa35 n'a pas la même opinion que la votre ca fait d'elle une personne forcément prise dans l'engrenage de l'endettement??? Elle a tort point barre??? Il faudrait arréter de se prendre pour le centre du monde tout de même, beaucoup de gens ont malheureusement recours au crédit à la conso pour se payer des choses simples utiles tous les jours de la vie courrante, telle qu'une machine à laver ou encore même un frigo...tout le monde n'a pas les mêmes revenus!!! De plus, il faut bien avouer que ces crédits sont trop simples d'accés et surtout que les informations sont relativement trompeuses.... il est vrai que beaucoup de gens en abusent pour acheter des choses futiles certes mais il ne faut pas faire d'un cas toute une généralité... De plus, que ce soit Sarko ou un autre c'est ca la poilitique de nos jours, comme la célébre chanson de Dalida parole parole...des promesses et que du vent!! Maintenant chacun son avis mais pas la peine d'incendier cette pauvre Lisa sous prétexte qu'elle pense différement de vous!!! Je trouve ca complétement puéril de se défouler derriére son PC, on nous demande une réaction sur le sujet pas de trouver un bouc émissaire ...

  • Titine, le 17/03/2009 à 13h12

    Non lisa se n'est pas la faute a sarko c'est la faute aux organismes qui prêtent car il ne verifient pas si nous avons des crédits autres part et je pense que les gens le sigalent pas.Moi j'ai vécu le surendettment maintenant je fait attention je suis comme ali j'achète quand j'ai les moyens. Et je peux vous dire même quand vous avez fini de rembourser vos bêtises les maisons de crédit vous lachent pas, moi 20ans après une maison de crédit me dit que je lui doit 4000? alors que j'ai tout réglé le preuve signé par le tribunal j'ai été obligé e faire appel a un avocat depuis plus de nouvel se sont des voleurs tous ces gens bravo christine lagarde de réformer tous cela.

  • Irismcb, le 17/03/2009 à 12h49

    Et moi, quand je suis à découvert, je suis bien obligée d'utiliser ce type de crédit, étant donné que j'ai eu un cancer, que je n'ai plus l'âge pour la convention aeras et voilà, je n'arrive pas à rembourser ce crédit. Quand je paie 160 euros par mois, j'ai 60 euros d'intérêts. Il y a eu une année où c'était déductible d'impôts. Taux usurier, mais pour des gens malades, comment faire autrement. Si cela avait été un crédit normal je l'aurais remboursé depuis longtemps, par an cela me fait 700 euros d'intérêts. Hélas.

  • Bfmabeau0608, le 17/03/2009 à 12h47

    Travaillant dans une société financiere et gérant des dossiers au quotidien, je peux dire que ce n'est pas les sociétés financières qui endettent mais les banques avec leur réserve ouverte dès lors de l'ouverture d'un compte courant et leur découvert Nous savons refuser et faisons les recherches FICP et voyons la situation finacières du client avant de l'accepter.... les clients doivent gérer leurs comptes et on pas tout faire

  • Ali, le 16/03/2009 à 16h18

    Que vous etes Naive Lisa35, donc si vous etes endettés c'est la faute de sarko ???? si vous ne savez pas gérer votre argent et si vous avez les yeux plus gros que le ventre forcément vous allez droit a la cata. Pourquoi achetez tout et n'importe quoi quand on a pas les moyens ???? les gens aujourd'hui veulent tous les gadgets dernier cris quittent a s'endetter, moi j'achete que des que j'ai l'argent disponible, aujourd'hui je n'ai pas de crédit mais je quasiment tout ce qu'il me faut (pc, ecran plat etc etc ) mais ce n'est pas du jour au lendemain que j'ai tout eu c'est en faisant des économies et en me passant du superflus. Trop facile de rejetez ces erreurs sur les autres, dans la vie faut savoir assumer ces erreurs Lisa35

  • JGH, le 16/03/2009 à 15h59

    Qui pourrait croire que ce gouvernement, qui a toujours eu une politique monétaire favorable aux grands groupes bancaires, voudrait, à présent, prendre la défence des consomateurs ?

  • Josette, le 16/03/2009 à 15h52

    Réponse à lisa35 Et les autres (PS etc) feraient-ils mieux. La critique est facile, l'art est difficile

  • Lisa35, le 16/03/2009 à 14h21

    Largarde veut réformer les crédit à la consommation, car ils sont trop simple d'accès. Mais allons pourquoi les gens se lancent dans les crédits, parce qu'ils n'y arrivent plus avec le peu qu'ils ont. Pour qu'ils n'y est plus de crédit à la consommation, il faudrait que le gouvernement augmentent les salaires, les retaites, les minimas sociaux, cela me semble évident. De toute façon le gouvernement Sarkozy ne sait pas gérer la France convenablement, il fait pire que mieux. Ils nous enfoncent dans la galère au lieu de nous en sortir. Avec Sarkozy, nous n'avons pas tiré le gros lot, nous n'avons pas misé sur le bon cheval, loin de là.

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