Les banques françaises ont pris mardi des engagements en faveur des emprunteurs victimes de chômage partiel, de la même façon qu'elles ont promis d'accompagner les personnes en difficulté à la suite de prêts relais, a annoncé Christine Lagarde. La ministre de l'Economie s'exprimait devant la presse à l'issue d'une réunion avec les dirigeants des six principaux réseaux bancaires en charge de la clientèle des particuliers. Le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, et la ministre du Logement, Christine Boutin, y ont également participé. Le 21 octobre, les banques avaient pris l'engagement de rechercher des solutions au cas par cas avec les personnes éprouvant des difficultés à dénouer leur prêt relais en raison
du ralentissement du marché immobilier.
Elles se sont notamment engagées à n'appliquer aucune pénalité au client dont la durée initiale du prêt relais serait allongée ou des échéances reportées pour faciliter le dénouement d'une opération d'achat revente. "J'ai demandé le même type d'engagement des réseaux bancaires en direction des personnes en chômage partiel," a déclaré Christine Lagarde. "Les banques se sont engagées à regarder les dossiers au cas par cas pour apporter des réponses."
Les crédits immobiliers en baisse de 12% en 2008
Après le "sommet social" du 18 février à l'Elysée, la ministre de l'Economie avait appelé les banques à se mobiliser pour accompagner les emprunteurs qui ont des difficultés dans le remboursement de leur crédit immobilier suite à un problème d'emploi. Concrètement, les banques n'appliqueront pas de pénalités pour les prêts qui seraient allongés ou qui verraient leurs échéances reportées. De plus, l'exonération des plus-values réalisées lors de la cession d'une résidence principale restera jusqu'en 2010 acquise pendant une durée de deux ans, au lieu d'un an, à compter de la mise en vente lorsque l'immeuble a été occupé par le cédant jusqu'à la mise en vente et qu'il n'a pas été donné en location ou occupé gratuitement. Enfin, les réseaux bancaires désigneront des "personnes contacts" au niveau national pour s'assurer du bon traitement des dossiers.
Selon une étude de l'Observatoire du crédit aux ménages, 1,29 million de ménages ont souscrit un prêt immobilier en France l'an dernier contre 1,48 million en 2007, soit une baisse de 12% qui a été surtout ressentie en fin d'année. Mais ce recul reflète surtout un attentisme des acheteurs et la baisse engagée des taux d'intérêt pourrait soutenir la demande dans les prochains mois, a expliqué Michel Mouillart, professeur à l'Université Parix X qui a présenté les premiers résultats de l'étude à la réunion. Dans un communiqué publié lundi, l'Observatoire du Financement des marchés résidentiels indiquait que le taux moyen des crédits immobiliers avait diminué à 4,62% en février, soit son niveau le plus bas depuis novembre 2007. En trois mois, les taux ont ainsi baissé de 53 points de base, du jamais vu depuis 1993.








