Des pâtes chez Leader Price à Nice en février 2008. Les produits alimentaires ont bondi en 2008. © Eric Gaillard / ReutersLes prix à la consommation en France ont augmenté de 0,2% en mars sur un mois et ont progressé de seulement 0,3% par rapport à mars 2008, soit la plus faible hausse annuelle depuis juin 1999, a annoncé l'Insee vendredi. L'inflation s'était établie à +0,4% en février, avec une hausse de 0,9% sur un an. "Mécaniquement, cela redonne du pouvoir d'achat aux ménages au moment où ils en avaient le plus besoin, dans un contexte de fort remontée du chômage", souligne l'économiste Alexander Law, du cabinet Xerfi. Cela pourrait permettre à la consommation des ménages, principal moteur de la croissance française, "de ne pas plonger à son tour, ce qui est la condition sine qua non pour que la récession actuelle ne se transforme pas en dépression", ajoute-t-il.
Cette inflation au plus bas depuis dix ans devrait par ailleurs aboutir à une forte réduction du taux de rémunération du Livret A, qui passerait de 2,5% à 1% au 1er mai, si le gouvernement décidait d'appliquer le mode de calcul automatique défini par la loi. Le taux du Livret A est en théorie calculé en fonction des derniers chiffres de l'inflation disponibles et des taux du marché monétaire. Certes, une telle baisse pèserait sur l'épargne des Français, mais les inciterait aussi à consommer, et par conséquent, à soutenir l'activité économique.
Une inflation négative est à prévoir
"Surtout, il ne faudra pas s'inquiéter lorsque le chiffre (de l'inflation) deviendra négatif car cette baisse n'est pas liée aux caractéristiques intrinsèques de l'économie française mais au repli des cours des matières premières sur un an", explique Alexander Law. Selon les dernières prévisions de l'Institut national de la statistique, l'évolution des prix à la consommation sur un an deviendrait en effet temporairement négative, à -0,6% en juin, en raison des baisses des prix du pétrole enregistrées depuis le pic de l'été 2008. Mais l'économie n'est pas pour autant au bord de la déflation - baisse des prix durables et généralisée qui pèse à son tour sur les salaires -, insiste Alexander Law.
La hausse de l'inflation en mars "résulte principalement de la hausse des prix de l'habillement, des chaussures (+6,0%) et des autres produits manufacturés (+0,5%) à l'issue des soldes d'hiver", de même que celle des prix des loyers, de l'eau et des services d'enlèvement des ordures ménagères (+0,3%), relève l'Insee. Ces augmentations sont en partie compensées par les baisses des prix de l'énergie (-2,2% en mars pour les seuls prix des carburants, soit -21,2% sur un an), des services de transports et communications (-0,8% en mars) et des produits frais (-1,1%). Ce type de biens étant consommés fréquemment par les ménages et constituant souvent des dépenses incompressibles, la baisse des prix sera plus facilement perçue que pour d'autres secteurs comme la micro-informatique, note Alexander Law.
D'après agence
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