© TF1/LCILa fréquentation des restaurants est en baisse : jusque-là, pas de surprise. L'impact de la crise se fait sentir dans tous les secteurs - et donc aussi dans celui de la restauration. Mais ce qui interpelle dans les chiffres publiés mercredi par l'Union des métiers de l'industrie hôtelière (Umih), premier syndicat du secteur en France, et par le Syndicat des hôteliers, cafetiers, restaurateurs et traiteurs (Synhorcat), deuxième organisation, c'est l'ampleur de la chute.
Pour l'Umih, l'activité dans les restaurants en province a chuté de 15% à 35% depuis le début de l'année par rapport à la même période un an plus tôt. A Paris, la chute est moindre, entre 10% et 15%, grâce à la présence de touristes. Le Synhorcat se montre plus alarmiste encore, faisant état d'une dégringolade de 20% à 50% du chiffre d'affaires en province et de 10,2% à Paris. "En province, les régions touristiques souffrent le plus en raison de l'absence de touristes étrangers", explique Christine Pujol, présidente de l'Umih. Les déjeuners d'affaires sont aussi moins nombreux et plus frugaux. Ainsi, l'activité des traiteurs et organisateurs de réception enregistre également un coup d'arrêt, avec une chute de 40% depuis le début de l'année, selon le Synhorcat.
Menus "anti-crise", mentions "soldes et promotions"
Ces contre-performances ont débuté au second semestre 2008, forçant certains restaurants à multiplier les menus "anti-crise" moins chers que les menus traditionnels. Des mentions "soldes et promotions" sont aussi apparues sur les façades de certains restaurants, une première pour le secteur. En vain : leur chiffre d'affaires a dégringolé de 7% à 12% au second semestre, selon Gira Conseil, un cabinet d'études spécialisé. Parallèlement, les défaillances dans le secteur ont aussi explosé, augmentant de 16,2% sur un an à fin octobre, selon les derniers chiffres de l'Institut national de la statistique publiés fin mars.
Les restaurations traditionnelles et de haut de gamme sont les plus touchées, selon l'Umih et le Synhorcat, une fois de plus en raison de la baisse de l'activité touristique. Le France reste la première destination touristique mondiale, mais elle a accueilli en 2008 moins de touristes étrangers et 2009 laisse entrevoir une "légère dégradation de la fréquentation", a prévenu lundi le secrétaire d'Etat au Tourisme Hervé Novelli. Le Synhorcat se montre ainsi pessimiste pour la saison estivale car si les vacanciers privilégient des séjours sur le territoire français, ils diminuent leurs budgets. "Ils consomment moins au restaurant ou optent pour la vente à emporter : la rue devient le plus grand restaurant de France et ce phénomène s'accélère avec la crise", commente le syndicat.
Pour le Synhorcat, la baisse de la TVA à 5,5% sera un levier déterminant pour la relance du secteur. Après des années de négociations, les restaurateurs ont obtenu la baisse de la TVA à 5,5% contre 19,6% actuellement, qui doit en principe être appliquée à partir de janvier 2010. Gouvernement et représentants des restaurateurs ont entamé fin mars des discussions sur la mise en oeuvre de cette baisse de la TVA et les contreparties que devront donner les professionnels, notamment en matière d'emploi, de baisse des prix ou de formation. Les discussions vont prendre fin le 28 avril lors des états généraux de la restauration.
D'après agence
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