La crise est aussi dans les assiettes

le 09 avril 2009 à 07h11 , mis à jour le 09 avril 2009 à 07h48

Victimes de la désaffection des consommateurs, mais aussi de la réduction du train de vie des entreprises, les restaurateurs ont vu leur chiffre d'affaires s'effondrer de 10% à 50% depuis janvier.

carafe d'eau restaurant © TF1/LCI

La fréquentation des restaurants est en baisse : jusque-là, pas de surprise. L'impact de la crise se fait sentir dans tous les secteurs - et donc aussi dans celui de la restauration. Mais ce qui interpelle dans les chiffres publiés mercredi par l'Union des métiers de l'industrie hôtelière (Umih), premier syndicat du secteur en France, et par le Syndicat des hôteliers, cafetiers, restaurateurs et traiteurs (Synhorcat), deuxième organisation, c'est l'ampleur de la chute.

 

Pour l'Umih, l'activité dans les restaurants en province a chuté de 15% à 35% depuis le début de l'année par rapport à la même période un an plus tôt. A Paris, la chute est moindre, entre 10% et 15%, grâce à la présence de touristes. Le Synhorcat se montre plus alarmiste encore, faisant état d'une dégringolade de 20% à 50% du chiffre d'affaires en province et de 10,2% à Paris. "En province, les régions touristiques souffrent le plus en raison de l'absence de touristes étrangers", explique Christine Pujol, présidente de l'Umih. Les déjeuners d'affaires sont aussi moins nombreux et plus frugaux. Ainsi, l'activité des traiteurs et organisateurs de réception enregistre également un coup d'arrêt, avec une chute de 40% depuis le début de l'année, selon le Synhorcat.

 

Menus "anti-crise", mentions "soldes et promotions"

 

Ces contre-performances ont débuté au second semestre 2008, forçant certains restaurants à multiplier les menus "anti-crise" moins chers que les menus traditionnels. Des mentions "soldes et promotions" sont aussi apparues sur les façades de certains restaurants, une première pour le secteur. En vain : leur chiffre d'affaires a dégringolé de 7% à 12% au second semestre, selon Gira Conseil, un cabinet d'études spécialisé. Parallèlement, les défaillances dans le secteur ont aussi explosé, augmentant de 16,2% sur un an à fin octobre, selon les derniers chiffres de l'Institut national de la statistique publiés fin mars.

 

Les restaurations traditionnelles et de haut de gamme sont les plus touchées, selon l'Umih et le Synhorcat, une fois de plus en raison de la baisse de l'activité touristique. Le France reste la première destination touristique mondiale, mais elle a accueilli en 2008 moins de touristes étrangers et 2009 laisse entrevoir une "légère dégradation de la fréquentation", a prévenu lundi le secrétaire d'Etat au Tourisme Hervé Novelli. Le Synhorcat se montre ainsi pessimiste pour la saison estivale car si les vacanciers privilégient des séjours sur le territoire français, ils diminuent leurs budgets. "Ils consomment moins au restaurant ou optent pour la vente à emporter : la rue devient le plus grand restaurant de France et ce phénomène s'accélère avec la crise", commente le syndicat.

 

Pour le Synhorcat, la baisse de la TVA à 5,5% sera un levier déterminant pour la relance du secteur. Après des années de négociations, les restaurateurs ont obtenu la baisse de la TVA à 5,5% contre 19,6% actuellement, qui doit en principe être appliquée à partir de janvier 2010. Gouvernement et représentants des restaurateurs ont entamé fin mars des discussions sur la mise en oeuvre de cette baisse de la TVA et les contreparties que devront donner les professionnels, notamment en matière d'emploi, de baisse des prix ou de formation. Les discussions vont prendre fin le 28 avril lors des états généraux de la restauration.

 

D'après agence

le 09 avril 2009 à 07:11
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7 Commentaires

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  • Aurore33, le 19/07/2009 à 23h00

    Je vois qu'il y a beaucoup de personnes qui réagissent mais qui n'y connaissent pas grand chose à ce métier. Il faut savoir faire la différence entre manger un steak à la maison et se faire servir. Par ailleurs il ne s'agit pas d'une intox des restaurateurs, nous sommes le 19 juillet un dimanche soir sur une station balnéaire et nous avons à peine fait 20 couverts... 11euro 50 les 700gr de moules et portion de frites à la marinière (vin blanc, échalottes), aprés avoir tout payer, on peut meme pas partir en vacances nous memes, alors Messieurs et Mesdames soyons intelligents!!!!!! Arrêtons de critiquer pour le simple plaisir de le faire.

  • ZeMygale, le 09/04/2009 à 12h38

    A 15 euros le steack de 150 grammes à peine avec 3 frites et 2 feuilles de salades, c'est normal qu'il y ait moins de clients...et la crise n'arrange rien (quoi qu'elle ait bon dos, la crise)...

  • Kiki, le 09/04/2009 à 11h21

    Ils faut baisser vos prixmonsieur les restaurateurs ,ou sinon faut vous lancer dans la fast food ,il ya que ca qui marche c pas cher et rapide

  • Nadine, le 09/04/2009 à 11h11

    10 % en région parisienne !!! cela se voit que ces gens qui annoncent les chiffres ne travaillent pas dans la restauration. A Paris, l'employé, dans certaines maisons est généralement payé uniquement au pourcentage - la perte de salaire est loin des 10 % - Un exemple : salaire de mars - perte 500 euros. On parle des restaurateurs, mais pas des employés de la restauration.

  • Gebe, le 09/04/2009 à 09h15

    Si les prix des menus étaient moins chers, les gens iraient, je pense, plus souvent au restaurant. Quand on est une famille de 4 personnes, avec un tarif moyen de 20 ?, (je ne parle même pas des restaurants gastronomiques !) le syndicat des restaurateurs s'étonne qu'il y a moins de monde dans les restaurants. de pouvoir d'achat = de consommation ; pour moi l'équation est simple.

  • Braggard, le 09/04/2009 à 08h44

    C'est bizarre, je vais toujours autant au restaurant, environ 1 à deux fois par mois, et je vois toujours autant de monde. Ne serais-ce pas une intox des restaurateurs pour ne pas répercuter la baisse de TVA sur les prix et l'embauche?

  • Sylvain, le 09/04/2009 à 07h37

    On peut très bien se restaurer à la maison pour un bon prix.

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