Brins de muguet © TF1/LCILCI.fr : Il est de coutume que les particuliers vendent du muguet le 1er Mai, pourquoi avez-vous choisi de réserver cela aux seuls petits commerces de votre ville ?
Henri Plagnol, député-maire UMP de Saint-Maur-des-Fossés : En tant que maire, je me dois de penser aux fleuristes de ma ville. Les temps sont durs pour les petits commerçants. Le 1er Mai est une belle fête traditionnelle mais aussi une journée de vente importante pour eux, il est donc normal qu'on la leur réserve. De plus, cela apporte une garantie de qualité aux clients. Si vous voulez un brin de muguet de qualité le 1er Mai, c'est l'occasion d'aller chez votre fleuriste. J'ai pris cet arrêté municipal suffisamment à temps pour que tout le monde soit prévenu. C'est une mesure de bon sens. Si vous voulez achetez du muguet, allez chez votre fleuriste dont c'est le métier.LCI.fr : Avez-vous répondu à un lobby des commerçants de votre ville ?
Henri Plagnol : Absolument pas, il n'y a pas eu de lobby. Les commerçants sont des gens qui travaillent dur et qui n'ont pas le temps pour ce genre de démarche. En revanche, lorsque je circule dans les rues de ma ville ou nous avons la chance d'avoir beaucoup de fleuristes de qualité, ils m'interpellent régulièrement sur la présence d'étals sauvages à certaines occasions et notamment le 1er Mai. Ces vendeurs font du rabais et ne proposent pas des produits de la même qualité que les commerçants. J'ai donc pris une mesure de justice qui vise à faire reconnaître le travail des commerçants. Il ne faut pas non plus tricher avec les règles de base de notre Etat social, autrement c'est organiser l'économie au noir et la vente sauvage, ce que je ne veux pas. J'ai le sentiment que mon choix est partagé par beaucoup de maires.
LCI.fr : Cette mesure est-elle la bienvenue, en temps de crise, notamment vis-à-vis des jeunes qui trouvent là un moyen de gagner un peu d'argent ?
Henri Plagnol : Oui, elle est d'autant plus nécessaire. Ce n'est pas facile pour les commerçants. Ils paient des charges, des impôts, ont des salariés... Ce n'est pas à cause de la crise que j'ai pris cet arrêté. Pour autant, cette décision est la bienvenue. Il y a la nécessité bien sûr de penser à nos jeunes. A Saint-Maur, par exemple, on essaie d'aider les jeunes à trouver des stages et des petits boulots. Encore une fois, il est tout de même normal que l'essentiel des clients, pour cette fête traditionnelle, aillent chez les petits commerces qui emploient des jeunes et notamment des apprentis. C'est une mesure de bon sens et de justice. Par ces temps de crise, la meilleure des valeurs c'est le commerce de proximité, c'est comme cela que vous défendrez l'emploi.
LCI.fr : Quelle est la sanction encourue pour les particuliers qui enfreindraient cet arrêté ?
Henri Plagnol: C'est un arrêté qui va être appliqué avec indulgence, il est évident que si des gamins vendent quelques brins, la police municipale ne les verbalisera pas. On leur expliquera, on fera de la pédagogie. Pour autant, s'il ya des abus, ils seront sanctionnés. Il est important de rappeler que la vente au noir de brins de muguet constitue une ressource qui échappe à l'impôt, ce sont des personnes qui ne paient pas les cotisations salariales. Par ailleurs, cet arrêté prévoit une exception, qui me tient à cœur, les associations caritatives ou humanitaires, autorisées à vendre du muguet.
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