© Médiathèque de la Commission européenLa hausse des cours avait pris analystes et traders par surprise. Mardi, sans aucune raison visible, les cours mondiaux du brut étaient passés brutalement à un plus haut de huit mois. Le Brent était monté à 73,50 dollars avant de reperdre tout aussi brusquement du terrain. Il se traite actuellement autour de 66,50 dollars le baril. La raison de cette flambée inexpliquée pourrait être tout simplement... les opérations non autorisées d'un seul et unique trader. Des rumeurs ont circulé cette semaine sur les marchés pétroliers. Elles ont été confirmées jeudi par un communiqué de la société PVM Oil Futures, qui avait perdu environ 7,13 millions d'euros lors de ces opérations, et qui a confirmé avoir été victime des agissements d'un trader indélicat.
"A la suite d'une série de transactions non autorisées, des volumes substantiels de contrats à terme ont été détenus par PVM", a précisé Robin Bieber, son directeur général. Ces positions ont été ensuite clôturées mais ont entraîné une perte "totalisant un peu moins de 10 millions de dollars", a-t-il souligné. La maison de courtage a précisé qu'elle enquêtait sur ces transactions. Elle n'est pas la seule : ICE Futures Europe, le marché du pétrole de Londres, a aussi indiqué vendredi mener une enquête sur une transaction "non autorisée" passée dans la nuit de lundi à mardi. L'homme à l'origine de ces mouvements aurait d'ores et déjà été identifié. David Peniket, son président, a rappelé que les mouvements de prix inhabituels faisaient "automatiquement" l'objet d'une telle procédure. De son côté, l'autorité des services financiers britanniques s'est refusée à confirmer ou infirmer l'existence d'une enquête.
Des transactions portant sur 16 millions de barils
Le volume d'échanges enregistré en pleine nuit, entre lundi et mardi, à des heures normalement creuses, a été tout simplement effarant : 16 millions de barils, soit deux fois la production quotidienne de l'Arabie saoudite (8 millions de barils), selon le Financial Times qui a révélé l'affaire. Ce volume comprend à la fois les ordres passés par le courtier, qui a été identifié, et ceux qu'ils ont pu déclencher automatiquement par effet de contagion.
Pour les experts, cet incident illustre la vulnérabilité du marché pétrolier aux manipulations de cours. "Cette transaction illégale de pétrole montre bien combien il est facile d'influencer le marché quand les volumes d'échanges sont faibles", souligne Manor Ladwa, analyste chez ETX Capital. "Les actions de ce courtier voyou montrent combien le marché est vulnérable aux manipulations, sans rapport avec l'offre et la demande", renchérit John Hall, le fondateur d'un cabinet spécialisé.
Cette affaire "ne veut pas dire que le marché est mal régulé ou que les régulateurs n'ont pas fait leur travail", puisque cet "acte non autorisé de trading a été corrigé de manière très rapide", nuance toutefois Olivier Jakob, analyste du cabinet Petromatrix. Interrogé sur une éventuelle similitude entre cet incident et l'affaire Jérôme Kerviel, il observe qu'il s'agissait "d'une affaire sur un jour, ou même quelques heures", alors que Kerviel avait accumulé des positions sur plusieurs mois.
D'après agences
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