Le réseau électrique attend sa révolution (25 avril 2007) © TF1-LCIJeudi a marqué la journée la plus chaude de la semaine. Avec comme conséquence une consommation d'électricité qui a explosé, d'une façon comparable à ce qui se produit lors des journées les plus froides de l'hiver. Ainsi, au moment de l'habituel pic de consommation de 13 heures, les importations nettes d'électricité de la France ont atteint une fourchette de "4000 à 4500 mégawatts", selon Clotilde Levillain, directrice du Centre national d'exploitation du système, qui pilote pour le gestionnaire de lignes à haute tension RTE le réseau national de lignes électriques de 400.000 volts. Ce qui "correspond à la puissance de cinq centrales nucléaires", a précisé un porte-parole de RTE. A l'origine de cette surchauffe des lignes et des compteurs : l'utilisation intensive par les ménages et les entreprises de leurs appareils de climatisation, particulièrement gourmands en électricité...
L'hiver n'est donc pas la seule saison "risquée" pour les capacités électriques françaises. "En pointe journalière, un degré de plus entraîne la consommation de 400 MW supplémentaires, soit la consommation d'une ville de la taille de Grenoble pour une journée d'été", souligne ainsi Clotilde Levillain. Or, cette semaine a été caractérisée par "des températures supérieures aux normales saisonnières dans une fourchette de 2 à 5 degrés".
L'impact des grèves
Toutefois, la chaleur seule n'aurait sans doute pas nécessité de recourir aussi massivement à des achats d'électricité à l'étranger. Les grèves qui ont provoqué des retards dans les opérations de maintenance des réacteurs nucléaires d'EDF ont aussi "conduit à une réduction de la disponibilité prévisionnelle du parc de production d'EDF", rappelle Clotilde Levillain. EDF, qui a autorisé ses directeurs de centrales à réquisitionner les grévistes, a confirmé vendredi que "le travail reprenait sur les sites concernés".
Et au final, malgré les importations de cette semaine, "le système respire", fait-on valoir du côté de RTE : la France a certes importé de l'électricité jeudi, de Grande-Bretagne, d'Allemagne et d'Espagne, mais elle en a aussi exporté vers l'Italie. En outre, souligne Clotilde Levillain, "nous ne sommes pas dans un scénario de forte chaleur ou de canicule", Météo France prévoyant le retour de températures conformes aux normales saisonnières à partir de ce week-end. En cas de canicule (températures supérieures de 7 degrés à la normale pendant plusieurs semaines), RTE estime que la France pourrait devoir importer jusqu'à 8000 MW d'électricité à la mi-juillet. Un scénario qui n'a toutefois qu'1% de chance de se produire, selon le gestionnaire.
D'après agence
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