Lundi, la BNP Paribas publiait des profits importants, qui vont lui permettre, et certains grincent déjà des dents, de verser près d'un milliard de bonus à ses salariés. © TF1/LCILa ministre de l'Economie Christine Lagarde a prôné lundi une démarche collective des banques pour mettre fin aux "abus" des bonus des traders. La France entend faire de la rémunération des professionnels des marchés financiers un des sujets majeurs du prochain sommet du G20, fin septembre à Pittsburgh. Elle a notamment souhaité sur France Info mettre fin aux bonus garantis, quelles que soient la durée ou la performance des opérateurs, et mettre en place des bonus conditionnels, afin de vérifier les performances des traders. "Ce que nous devons éradiquer collectivement, c'est cette course à l'échalote aux bonus. Il faut véritablement trouver un mode d'emploi collectif dans le secteur financier qui permette d'éviter des abus", a-t-elle déclaré.
Dans un environnement international hyper-concurrentiel, la ministre de l'Economie s'est en revanche prononcée contre une taxation des hauts revenus dans l'Hexagone. "Si on le fait tous seuls en France et que par la suite les tables de traders vont s'installer à Londres, à Luxembourg ou à Singapour, ça ne m'intéresse pas du tout parce qu'on aura perdu de la valeur en France, mais les comportements continueront à l'extérieur", a-t-elle fait valoir.
Lagarde opposée au remboursement anticipé
La ministre de l'Economie doit recevoir les banquiers lundi prochain pour préparer leur réunion, le lendemain, avec Nicolas Sarkozy. En les recevant à l'Elysée, le chef de l'Etat veut s'assurer que les banques françaises respectent leurs engagements pris depuis le début de la crise financière, en échange du soutien de l'Etat. Des voix se sont élevées dans la majorité pour réclamer plus de clarté sur les contreparties acceptées par les banques en pleine crise financière. Le député Hervé Mariton a demandé que l'Assemblée nationale soit mieux informée sur ces engagements, dénonçant le retour des bonus.
Lundi matin sur France Info, Christine Lagarde n'a pas souhaité faire de commentaire particulier sur les bonus annoncés chez BNP Paribas, qui a bénéficié du plan de soutien à l'automne dernier et qui vient de provisionner près d'un milliard d'euros pour les bonus de fin d'année. "Je ne veux pas m'arrêter sur un chiffre d'abord parce que ce sera toujours trop et parce que quand on a des situations à risques, on a besoin d'avoir les meilleurs" traders, a-t-elle expliqué.
La ministre s'est par ailleurs opposée au remboursement anticipé des aides de l'Etat par les banques françaises, qui pourrait handicaper la reprise. "Ce qui m'importe absolument, c'est le financement des petites et moyennes entreprises. Il faut que les banques soient en mesure de financer les entreprises, qu'elles le fassent de manière responsable, de manière audacieuse. Pour cela, ce n'est pas inutile que l'Etat soit un partenaire des banques en participant aux fonds propres", a insisté la ministre. Lundi prochain, elle demandera aux dirigeants des banques françaises "quelles sont leurs prévisions, les consignes qu'ils ont données à leurs réseaux pour financer l'économie française".
D'après agence
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