Christine Lagarde, au Forum de Davos le 1er février 2009 © TF1-LCIEncadrement des bonus et réouverture du robinet des crédits, notamment pour les PME, figureront en bonne place des thèmes des réunions que les banquiers doivent avoir ces lundi et mardi tout d'abord avec Christine Lagarde, puis avec Nicolas Sarkozy. Le gouvernement avait déjà demandé, début août, que les banques veillent à ce que ménages et entreprises bénéficient de conditions de financement "plus favorables". Les banques devraient, en ce début de semaine, effectuer un point d'étape détaillé sur le crédit à l'économie, dont la distribution s'est ralentie avec la dégradation de la situation économique. L'objectif d'une hausse du volume des crédits de 3 à 4% sur l'année 2009, sur lequel les banques s'étaient engagées à l'automne 2008, ne devrait ainsi pas être tenu.
Mais si les difficultés d'accès au crédit pour les particuliers et petites entreprises sont connues depuis l'arrivée de la crise en France et ont déjà fait l'objet de divers engagements des banques, la question des "rémunérations variables" est devenue particulièrement sensible depuis l'affaire BNP Paribas. Aussi les banques françaises, qui se sont dotées cette année d'un code de bonne conduite sur les bonus dans leurs salles de marché, sont-elles prêtes à aller plus loin pour s'aligner sur les meilleures pratiques au niveau international, selon une source proche d'une grande banque de la place.
Un code éthique peu contraignant
Christine Lagarde y compte bien, puisqu'elle a indiqué attendre des banquiers des propositions sur les rémunérations variables, pour aller "plus loin" que les dispositions actuellement en place. A l'issue de la réunion de lundi, Bercy a publié un communiqué indiquant : "La réunion a duré près de trois heures. Il y a eu des débats fournis. Tous les sujets ont été mis sur la table", indique-t-on dans l'entourage de Christine Lagarde, la ministre de l'Economie, à l'issue d'une réunion au cours de laquelle le financement de l'économie et les bonus ont été abordés.
"Les banques françaises se sont déjà engagées. Si de nouvelles propositions sont faites, nous sommes prêts à aller plus loin", a de son côté déclaré une source bancaire qui n'a pas souhaité être citée. "Il faudra que le G20 s'en inspire". "On peut faire des propositions. Mais il faut qu'elles le soient aussi au niveau international", a ajouté une autre source bancaire, indiquant que les banques françaises allaient détailler leur code de bonne conduite en matière de rémunération variable. Selon l'Elysée, le président, qui recevra mardi les banquiers pour la septième fois depuis moins d'un an, procédera à un rappel à l'ordre sur la question des bonus, mais ne devrait pas s'exprimer publiquement à l'issue de la réunion.
Les engagements déjà pris en France pour encadrer les rémunérations variables prévoient notamment un versement étalé dans le temps et la limitation à un an des bonus garantis. Depuis le rebond de la polémique début août, les autorités de régulation britannique et allemande ont mis en place des codes de conduite sur les rémunérations variables, qui vont dans le sens des recommandations du G20 et de la charte française. Mais à un mois du G20 de Pittsburgh, la France conserve une longueur d'avance sur le sujet, car ses dispositions sont plus larges et elle s'est assurée que la Commission bancaire, régulateur du secteur, vérifierait leur application.
Reste que si le code éthique français va dans le bon sens, les recommandations faites jusqu'à présent sont peu contraignantes. Mais face à tout durcissement de ces recommandations, les banquiers évoquent le risque d'une perte de compétitivité des banques françaises. Nicolas Sarkozy doit ainsi ménager l'opinion, mais aussi l'attractivité de la place financière de Paris et préserver les centaines de milliers d'emplois du secteur.
D'après agence
Retour MYTF1
Chargement en cours...




