Martine Aubry sera en tête du cortège parisien le 7 septembre prochain. Image d'archives. © REUTERSMartine Aubry ne devait faire sa rentrée politique que vendredi, mais après le discours de Nicolas Sarkozy sur les banques, la première secrétaire du PS est sortie de son silence. Elle a jugé que le rendez-vous du président de la République et des banquiers qui s'est tenu mardi à l'Elysée était "une énième réunion pour pas grand chose."
Sévères avec le PS, moins avec Aubry
Selon un sondage BVA, une large majorité des Français estime que, un an après l'issue serrée et polémique du congrès de Reims, l'état du parti socialiste n'a pas changé.
Publié le 17/11/2009
"Ce soir, les Français sont en colère" a-t-elle poursuivi. "Quand il s'agit d'augmenter les prix du gaz ou d'augmenter les franchises médicales, pour faire payer toujours les mêmes, on n'hésite pas, on prend les textes. Là, on a annoncé des textes pendant longtemps et on ne fait rien". "Par rapport à tout cela, des grands mots "je prendrai des sanctions, je veux de la transparence'", a estimé l'ancienne ministre de l'Emploi. "Je me fais la porte-parole du ras-le-bol des Français qui ont été extrêmement choqués comme nous tous, cet été", a-t-elle ajouté.
"Stupéfaction"
Pour Martine Aubry, "Nicolas Sarkozy fait la preuve qu'il n'a ni la volonté, ni sans doute le pouvoir de réformer un système qui marche sur la tête. C'est bien la raison que c'est un autre modèle qu'il faut mettre en place". Les Français "ont appris avec stupéfaction cet été les milliards mis de coté par la BNP pour quelques milliers de traders, après les stock-options de la Société générale, les bonus des dirigeants de Gaz de France et de Suez". "Ils ont en souvenir, les grandes déclarations de Nicolas Sarkozy à Toulon, dans les Ardennes, les six réunions antérieures avec les banquiers et ils attendaient ce soir des décisions, c'est à dire celles que nous préconisons", a-t-elle affirmé, appelant à une loi qui interdise le versement de bonus.
A l'opposé de Martine Aubry, l'UMP a réagi dans un communiqué pour saluer "le volontarisme du président de la République et se réjouit de la triple exigence manifestée par le chef de l'Etat - plus de transparence, plus de contrôle et plus de responsabilité - dans le fonctionnement et les rémunérations du système bancaire." La majorité présidentielle s'est également engagée à "peser de tout son poids" pour le succès de ces nouvelles orientations. Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la République, a dénonce le "rideau de fumée de Nicolas Sarkozy et des banques", une "mascarade qui n'est destinée qu'à donner le change vis-à-vis de l'opinion". "Ces annonces sont des trompe-l'oeil".
"Nicolas Sarkozy brasse de l'air"
Au parti communiste, Jean-Pierre Brard, député de Seine-Saint-Denis, il estime que "Nicolas Sarkozy brasse de l'air et les banquiers des milliards". "Les discours exhibitionnistes du président et les admonestations télévisées des ministres et des plus hautes autorités de l'Etat envers les patrons des banques, ne parviennent pas à dissimuler la soumission à abuser ceux qui ne peuvent imaginer la déférence des dirigeants de la droite à l'égard de la haute finance"
Côté syndical, la CGPME "se félicite de la volonté du président de la République d'appeler les banques à augmenter les encours de crédit aux PME. Elle regrette toutefois qu'aucune précision n'ait été apportée sur ce point." Quant au MEDEF, il "partage la préoccupation réaffirmée ce jour par le président de la République d'un financement efficace de l'économie." Et l'Association des usagers de banques (Afub) estime de son côté que la copié présidentielle "est vide".
(D'après agence)
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