Bertrand Delanoë sur TF1 (23 octobre 2008) © TF1/LCILe Conseil constitutionnel a censuré ce jeudi le statut particulier prévu pour Paris dans la loi sur le travail du dimanche. Motif : la loi privait le maire de la capitale du pouvoir, dévolu aux maires d'autres communes, de proposer des extensions d'ouvertures. Les sages du Palais Royal ont jugé constitutionnels tous les autres articles du texte dont ils avaient été saisis le 27 juillet par les parlementaires de gauche.
Le maire PS de Paris Bertrand Delanoë s'est "félicité" "que le conseil constitutionnel rappelle que Paris doit être considéré comme l'ensemble des autres collectivités locales." Le maire de Paris, qui avait vu dans l'exception parisienne un "véritable déni de démocratie", se réjouit que le conseil constitutionnel rappelle que "la légitimité du conseil de Paris élu par les Parisiens doit être respectée au même titre que celle des autres villes françaises."
De son côté, l'UMP s'est réjouie du feu vert définitif donné par le Conseil constitutionnel au texte "attendu par des milliers de salariés et souhaité par des millions de Françaises et de Français". "Cet engagement présidentiel, essentiel pour conforter l'activité économique et commerciale de notre pays était d'autant plus important qu'en cette période de crise il convient de mettre tous les outils en place pour conforter la consommation, qui reste dans notre pays un moteur important de croissance", écrit dans un communiqué Dominique Paillé, porte-parole adjoint du parti majoritaire.
"Inégalités de traitement"
L'opposition avait dénoncé des "inégalités de traitement" entre salariés et entre territoires dans ce texte sur l'extension des ouvertures dominicales d'activités, voulu absolument par le président Nicolas Sarkozy. Proposition de loi du député UMP Richard Mallié, le texte avait, après plusieurs moutures et beaucoup de contretemps, été adopté définitivement le 23 juillet. Il vise à légaliser des ouvertures dominicales pratiquées illégalement dans une quinzaine de zones commerciales autour de Paris, Lille et Marseille, mais pas Lyon où de nombreux élus y sont hostiles. Il élargit aussi les possibilités de dérogations aux zones et communes "d'intérêt touristique" ou thermales. Soit, selon le gouvernement, 500 communes, l'opposition parlant pour sa part de 6.000 communes concernées.
La loi définissait un régime particulier pour la ville de Paris. Le maire de celle-ci n'avait en effet pas le pouvoir de proposer le classement de sa commune ou de zones de celle-ci. Ce droit lui est donc redonné par les sages présidé par Jean-Louis Debré. "Aucune différence de situation ne justifie" que le pouvoir de proposition de classement en zones touristiques autorisant des ouvertures dominicales "ne soit pas confié au maire de Paris, comme dans l'ensemble des autres communes", a jugé le haut conseil.
(D'après agence)
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