Nicolas Sarkozy au G8 à l'Aquila. © ReutersLe gouvernement en vacances, c'est par voie de communiqué que Nicolas Sarkozy réagit à la nouvelle vague de polémique sur les bonus des traders relancée par l'annonce de BNP Paribas. Le chef de l'Etat a demandé vendredi au gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, d'appliquer "avec fermeté" les règles en matière de rémunération dans les banques, a annoncé l'Elysée. Le président réunira, mardi 25 août, jour du conseil des ministres de rentrée, "les représentants du secteur bancaire et financier français", a indiqué l'Elysée. La réunion permettra de "faire le point sur le respect de l'ensemble des obligations souscrites par les banques et les acteurs financiers à l'occasion de la crise financière", indique le texte.
Le chef de l'Etat "entend tout d'abord s'assurer du maintien des financements bancaires à l'égard des entreprises et des ménages. Cet engagement des banques de préserver les crédits indispensables à l'économie est la contrepartie du plan de soutien au secteur bancaire français, mis en place en octobre 2008", rappelle l'Elysée. Nicolas Sarkozy souhaite encore "vérifier le respect par les banques françaises des règles adoptées par le G20 de Londres", précise le texte. "La France est déterminée à faire du respect de ces règles par toutes les places financières mondiales, l'un des enjeux du G20 de Pittsburg en septembre prochain", poursuit l'Elysée. Le chef de l'Etat écrira en ce sens à la fin du mois à tous ses collègues du G20.
Réunion technique à Matignon
Message reçu par les banquiers. Au cours de la réunion qui s'est tenue vendredi matin à Matignon, les patrons des principales banques françaises se sont engagés à se "conformer strictement" aux règles du G20 en matière de rémunération des traders. Le président de la Banque centrale européenne Jean-Claude Trichet a en revanche assuré que la décision de BNP Paribas de provisionner environ 1 milliard d'euros de bonus pour ses traders, à l'origine de la polémique, est "conforme aux règles" du G20. "Je vous rappelle qu'il n'y a pas eu de versement, il y a simplement eu provisionnement de ce qui pourrait être versé à partir de l'année prochaine sur plusieurs années. Il ne faut pas partir trop vite. Nous aurons tout le temps de vérifier que les critères sont bien respectés", a précisé Christian Noyer. De son côté, le directeur général de BNP Paribas Baudouin Prot assure que les banques ont pris les mesures nécessaires pour que "rien ne soit plus comme avant la crise" en matière de rémunération variable. "Il va de soi que nous sommes totalement prêts à ouvrir nos livres pour que la Banque de France exerce son contrôle", a-t-il ajouté.
Les banques sous surveillance
Les règles du G20, édictées à l'issue du sommet de Londres début avril, préconisent notamment un renforcement du rôle du conseil d'administration dans le suivi des rémunérations variables, un lien étroit entre le risque et la rémunération et l'étalement des bonus sur plusieurs années pour tenir compte de la durée de vie des opérations. En outre, le G20 demande aux banques de publier "une information claire, complète et opportune" sur leurs rémunérations.
Lors de cette réunion, le gouvernement a également demandé aux banquiers d'accentuer l'assouplissement des conditions de crédit pour les ménages et les entreprises. "Cet engagement fera l'objet d'une surveillance spécifique de la Commission bancaire", assure Matignon. Le Premier ministre, François Fillon, demande enfin à chaque banque d'établir avant le 15 septembre un rapport sur ses perspectives de financement de l'économie "afin de dynamiser la production de crédit."
Le secrétaire national du PS à l'économie Michel Sapin a qualifié de "réunion de l'inaction et du commentaire" la rencontre organisée à Matignon. "Après cette réunion, on en est toujours au même point: des mots, des recommandations, des engagements, là où il faudrait de la régulation", a déploré le député de l'Indre.
Lagarde conseille "une cure" à la finance mondiale |
Sur Europe 1, la ministre de l'Economie Christine Lagarde a elle conseillé vendredi à la finance mondiale une "cure de désintoxication collective" pour éviter les dérives du passé, notamment en matière de rémunérations. "Les banquiers, collectivement, doivent comprendre qu'on a changé d'époque et qu'on ne joue plus selon les mêmes règles", a-t-elle souligné, rappelant qu'elle souhaitait la disparition des bonus garantis et que les traders soient payés en fonction de la performance. Elle s'est en revanche prononcée contre une loi, qui ne "répondrait pas à la question", après une proposition en ce sens du Parti socialiste. "Il faut d'abord et avant tout que ce soit international. Ce n'est pas la peine de bricoler à l'intérieur de ses frontières si, à Londres, à Singapour, ou à New York, le jeu reste ouvert", a-t-elle déclaré sur Europe 1. |
D'après agence
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