Sarkozy demande de la "fermeté"

le 07 août 2009 à 10h49 , mis à jour le 07 août 2009 à 15h04

Nicolas Sarkozy au G8 à l'Aquila.Nicolas Sarkozy au G8 à l'Aquila. © Reuters

Le gouvernement en vacances, c'est par voie de communiqué que Nicolas Sarkozy réagit à la nouvelle vague de polémique sur les bonus des traders relancée par l'annonce de BNP Paribas. Le chef de l'Etat a demandé vendredi au gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, d'appliquer "avec fermeté" les règles en  matière de rémunération dans les banques, a annoncé l'Elysée. Le président réunira, mardi 25 août, jour du conseil des ministres de  rentrée, "les représentants du secteur bancaire et financier français", a indiqué l'Elysée. La réunion permettra de "faire le point sur le respect de l'ensemble des obligations souscrites par les banques et les acteurs financiers à l'occasion de la crise financière", indique le texte.
 
Le chef de l'Etat "entend tout d'abord s'assurer du maintien des financements bancaires à l'égard des entreprises et des ménages. Cet engagement  des banques de préserver les crédits indispensables à l'économie est la contrepartie du plan de soutien au secteur bancaire français, mis en place en  octobre 2008", rappelle l'Elysée. Nicolas Sarkozy souhaite encore "vérifier le respect par les banques françaises des règles adoptées par le G20 de Londres", précise le texte. "La France est déterminée à faire du respect de ces règles par toutes les  places financières mondiales, l'un des enjeux du G20 de Pittsburg en septembre prochain", poursuit l'Elysée. Le chef de l'Etat écrira en ce sens à la fin du mois à tous ses collègues du G20.
 
Réunion technique à Matignon
 
Message reçu par les banquiers. Au cours de la réunion qui s'est tenue vendredi matin à Matignon, les patrons des principales banques françaises se sont engagés à se "conformer strictement" aux règles du G20 en matière de rémunération des traders. Le président de la Banque centrale européenne Jean-Claude Trichet a en revanche assuré que la décision de BNP Paribas de provisionner environ 1 milliard d'euros de bonus pour ses traders, à l'origine de la polémique, est "conforme aux règles" du G20. "Je vous rappelle qu'il n'y a pas eu de versement, il y a simplement eu provisionnement de ce qui pourrait être versé à partir de l'année prochaine sur plusieurs années. Il ne faut pas partir trop vite. Nous aurons tout le temps de  vérifier que les critères sont bien respectés", a précisé Christian Noyer. De son côté, le directeur général de BNP Paribas Baudouin Prot assure que les banques ont pris les mesures nécessaires pour que "rien ne soit plus comme avant la crise" en matière de rémunération variable. "Il va de soi que  nous sommes totalement prêts à ouvrir nos livres pour que la Banque de France  exerce son contrôle", a-t-il ajouté.    

Les banques sous surveillance

Les règles du G20, édictées à l'issue du sommet de Londres début avril, préconisent notamment un renforcement du rôle du conseil d'administration dans le suivi des rémunérations variables, un lien étroit entre le risque et la  rémunération et l'étalement des bonus sur plusieurs années pour tenir compte de  la durée de vie des opérations. En outre, le G20 demande aux banques de publier "une information claire, complète et opportune" sur leurs rémunérations.

Lors de cette réunion, le gouvernement a également demandé aux banquiers d'accentuer l'assouplissement des conditions de crédit pour les ménages et les entreprises. "Cet engagement fera l'objet d'une surveillance spécifique de la Commission bancaire", assure Matignon. Le Premier ministre, François Fillon, demande enfin à chaque banque d'établir avant le 15 septembre un rapport sur ses perspectives de financement de l'économie "afin de dynamiser la production de crédit."

Le secrétaire national du PS à l'économie Michel Sapin a qualifié de "réunion de l'inaction et du commentaire" la rencontre organisée à Matignon. "Après cette réunion, on en est toujours au même point: des mots, des  recommandations, des engagements, là où il faudrait de la régulation", a déploré  le député de l'Indre.

Lagarde conseille "une cure" à la finance mondiale

Sur Europe 1, la ministre de l'Economie Christine Lagarde a elle conseillé vendredi à la finance mondiale une "cure de désintoxication collective" pour éviter les dérives du passé, notamment en matière de rémunérations. "Les banquiers, collectivement, doivent comprendre qu'on a changé d'époque et qu'on ne joue plus selon les mêmes règles", a-t-elle souligné, rappelant qu'elle souhaitait la disparition des bonus garantis et que les traders soient payés en fonction de la performance. Elle s'est en revanche prononcée contre une loi, qui ne "répondrait pas à la question", après une proposition en ce sens du Parti socialiste. "Il faut d'abord et avant tout que ce soit international. Ce n'est pas la  peine de bricoler à l'intérieur de ses frontières si, à Londres, à Singapour, ou à New York, le jeu reste ouvert", a-t-elle déclaré sur Europe 1.


 
D'après agence

le 07 août 2009 à 10:49
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Économie
  

47 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Armand, le 09/08/2009 à 10h55

    Les Etats ont abandonné notre travail aux banques (depuis 30 ans env., quand il se sont interdit de créer leur propre monnaie, pour devoir l'acheter aux banques... d'où les dettes monstrueuses qui gonflent depuis 30 ans, y'a pas de secret ni de mystère). C'est une arnaques mondiale, une haute trahison qui restera comme l'un des faits les plus incroyable de l'histoire de l'humanité. On se rappellera de M. Sarkozy "et compagnie" (ses prédécesseurs et 90% des dirigeants de la planète) comme ceux ayant empêché l'humanité de profiter de cette manne qu'est la technologie, empêchant l'humanité d'évoluer paisiblement, préférant faire vivre un calvaire à 90% de la population pour que quelques nantis aient un niveau de vie incroyablement destructeur, aussi bien pour la planète que pour notre civilisation. La révolution gronde, les changements seront radicaux.

  • Joss, le 09/08/2009 à 07h41

    Les banques ne doivent pas distribuer leurs bénéfice tant qu'il leur reste 1 centime de dette. ce n'est pas des paroles de fermetés qu'il faut mais des actes. Assez de pipo sarko

  • éric, le 08/08/2009 à 16h52

    Les bénéfices des banques doivent être imposées a 80 % voir 90 % ,et les charges sur le travail doivent être ABOLIE .

  • Didou54, le 08/08/2009 à 14h47

    Pauvre FRANCE elle ma laisser tomber..!

  • Eric, le 08/08/2009 à 05h22

    Les banquiers ne laissent personne tranquil, le président a besoin de vacances. c'est pathétique

  • Fafa, le 07/08/2009 à 21h30

    Sarko pleure,les banques tigoles.

  • Kent, le 07/08/2009 à 21h14

    Enfin un mec qui gère, de la fermeté et de l'organisation. Et tout le monde sera content. Regarder l'exemple de l'armée française tout est organisé.

  • Wil, le 07/08/2009 à 20h21

    La solution que le PS avait proposer etait de faire entrer l'etat dans le capital des banques ,et donc de pouvoir peser sur les decisions prisent par ces "banquiers" . Mais c'est l'UMP qui est au pouvoir , donc rien ne changera ... Quand je pense que l'ont licencie a la pelle dans ce pays et que les banques ont le sourire .

  • Lucifer90, le 07/08/2009 à 20h05

    Celui qui distribue notre argent "réclame avec fermeté"... Les banquiers rigolent !

  • Dada, le 07/08/2009 à 18h38

    L argent retourne toujours a l argent c est la crise on aide les banques et maintenant on va matraquer les traders comme quoi il ya du pognon en france et beaucoup de bourgeois ne connaissent pas la misere quand on voit que les dossiers de surendettement arrivent a plus de 30 pour cents ceci est signe que les gens galerent notre seul faute a nous c est d etre ne dans des culottes de toile bleu merci de me publier pour une fois

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience