Une réunion pour quoi faire ?

le 07 août 2009 à 08h07 , mis à jour le 07 août 2009 à 09h39

François Fillon en vacances, les banquiers sont reçus à Matignon par son directeur de cabinet adjoint, alors que la polémique sur les bonus rebondit.

[Expiré] euros argent tune pactole cagnotte © SXC.HU

Les banquiers sont attendus à Matignon, mais François Fillon, en vacances, ne sera pas présent. Ses services réunissent vendredi matin les principaux acteurs du secteur et la Banque de France, officiellement pour "examiner l'évolution et les conditions du crédit bancaire aux particuliers et aux entreprises ces derniers mois, ainsi que  les mesures qui devraient, le cas échéant, être envisagées". Mais "le thème des bonus sera bien sûr évoqué, parce qu'il est au cœur de l'actualité", indique-t-on dans l'entourage de François Fillon. En l'absence de  ce dernier, la réunion sera conduite par son directeur de cabinet adjoint Antoine Gosset-Grainville, chargé des questions économiques.
 
Cette réunion a été préparée dans l'urgence, après la polémique sur les bonus relancée par  la décision de BNP Paribas de prévoir environ un milliard d'euros pour les  bonus de ses équipes. Cette annonce a mis le feu aux poudres alors que la  banque avait reçu 5 milliards d'aides de l'Etat au plus fort de la  crise. Dans un communiqué, François Fillon a rappelé les banques au "respect" de leurs "engagements", évoquant "une exigence absolue vis-à-vis de l'Etat, qui a  mis à leur disposition à l'automne dernier des moyens importants pour les aider  à surmonter la crise financière".
 
Le G20 n'est pas allé "très loin dans l'obligation"
 
Toutefois pour l'opposition, cette réunion, convoquée en plein mois d'août, s'apparente à de l'agitation. "On est dans le traitement de l'opinion publique,  pas dans le traitement du problème", a estimé le secrétaire national du PS à l'économie, Michel Sapin. D'autant que, selon lui, l'Etat s'est privé des moyens de contrôler les rémunérations des dirigeants des banques en refusant en contrepartie des aides  versées au secteur d'entrer dans les conseils d'administration, "ce qui aurait  été le meilleur moyen de garder un œil sur les bonus versés". Pour lui, l'affaire BNP Paribas pose de nouveau la question du caractère  non-contraignant des préconisations faites par le G20 il y a trois mois pour "moraliser le capitalisme". "Sur la question des rémunérations, on est allé très loin dans la recommandation, pas très loin dans l'obligation".
 
L'Etat fait preuve de "légèreté", estime aussi Aurélie Filippetti, députée  PS proche de Ségolène Royal. Selon elle, le cas de BNP Paribas démontre "une nouvelle fois que les  prédateurs continuent de se goinfrer alors que les Français, eux, devront encore  affronter la crise à la rentrée". Même tonalité du côté du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) d'Olivier Besancenot, qui a appelé jeudi à faire "rendre gorge" aux banques qui  s'apprêtent à verser des bonus à leurs traders.
 
Dans les rangs de la droite, l'affaire provoque aussi des vagues. "La première réaction est de se dire que ces banquiers n'ont rien compris en  se remémorant le fameux dicton allemand: ils sont nés bêtes et n'ont rien  appris depuis", a réagi le député UMP Jacques Myard. "Nous sommes un certain nombre à être conscients depuis le départ que les  contreparties à l'effort de l'Etat demandées aux banques n'ont jamais été assez  précises", avance de son côté le député Hervé Mariton, membre de la commission  des Finances de l'Assemblée. "J'attends de la réunion de demain une prise de conscience des pouvoirs publics français -de la clarté, de la fermeté et de l'humilité- et qu'elle  propose un agenda international", ajoute-t-il.

Lagarde veut une réponse internationale aux bonus

La ministre de l'Economie Christine Lagarde a  estimé vendredi qu'encadrer les bonus des traders par la loi "ne répondra pas à la question", après une proposition en ce sens du Parti socialiste. "Il faut d'abord et avant tout que ce soit international. Ce n'est pas la  peine de bricoler à l'intérieur de ses frontières si, à Londres, à Singapour, ou à New York, le jeu reste ouvert", a-t-elle déclaré sur Europe 1. La ministre de  l'Economie s'est dite "sceptique" sur le principe de la limitation des bonus soulignant qu'"à chaque fois qu'on met des  plafonds ou des seuils, les opérateurs, les joueurs, les avocats ou les conseils  trouvent toujours des moyens pour tourner autour". "Je crois beaucoup plus fermement à des règles qui soient internationales et  qui interdisent ces dérives, comme les bonus garantis. Je crois aussi  beaucoup au principe de la transparence. Dès qu'on met au grand jour un certain  nombre de rémunérations, le sens de la mesure doit revenir", a-t-elle  poursuivi.

D'après agence

le 07 août 2009 à 08:07
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Économie
  

17 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Victor002009, le 08/08/2009 à 17h15

    Une réunion? Oui! Si elle servait à faire le point sur la question et à développer une perspective de moralisation du système bancaire. Mais comme pour les rémunérations des Grands Patrons, il faudra bien aboutir à une loi. La confiance à leur auto régulation est maintenant épuisée. Ils sont nés "Requins" et ils resterons "Coquins". Les temps sont à la Réforme; Réformons aussi et surtout les pratiques financières, avant d'en arriver à la déliquescence complète des moeurs de rétribution. Si la notion de mérite équitable reste toujours aussi ignorée, cela finira par une révolte sinon une véritable révolution qui n'arrangera rien dans le moyen terme.

  • Hijak, le 08/08/2009 à 14h00

    Les petits épargnants revus à la baisse tandis que les banques s'en mettent plein les poches ,il faudrait mieux rémunérer le peuple qui travaille durement pour quelques sous et qui a du mal à boucler les fins de mois ce sont ces gens là qui relancent la consommation et créent des emplois ,pas ceux qui s'en mettent plein les fouilles a plus savoir qu'en faire . Ou plutot si !! ils font la noce tous les jours alors que d'autres s'endettent .

  • Onethemars, le 07/08/2009 à 11h06

    Encore une réunion qui va servir a rien

  • Tatayoyode, le 07/08/2009 à 11h01

    Pour que Fillon ne se déplace même pas, cela ne doit pas être une réunion si importante que cela... ou alors peut-être que le champagne, les petits fours et le diner suivant la réunion ne soient pas à son goût...

  • Fabry, le 07/08/2009 à 10h53

    Pour quoi faire ? Rien !

  • Grillage, le 07/08/2009 à 10h33

    Le système est mondial. Mondialement pourri. C'est pas une réunion "technique" qui va changer quoi que ce soit... Je m'attends à un joli discours pour attendir le peuple et ce sera reparti pour un tour. Qui accepterait de voir ses primes partir en fumée sous la pression médiatique ? Ces primes seront transformées en rémunération d'autres formes... Il faut etre bien crédules pour croire que les banques vont changer de fonctionnement. Le principe d'une banque à l'origine, c'est le crédit... mais je comprends qu'ils preferent marger sur des travaux plus rémunérateurs... tels que le bourse. Quand on voit que certains organismes financiers (types cartes bancaires américaines) font plus de chiffre d'affaire sur le location de leurs fichiers clients que sur les commissions sur les achats)... on sait désormais que la banque veut juste une chose. Du bénéfice au plus court terme possible !!!! S'engager sur 20 ou 30 ans avec un client, ça ne parle pas à un actionnaire !!!! Il faut désormais, du rapide et du concret pour imprimer le rapport financier et montrer qu'on a été éfficace. Ce n'est donc pas les remontrances de notre ministre qui va changer quoi que ce soit à ce système globalisé mondial devenu fou.

  • Marquise69, le 07/08/2009 à 10h23

    Quand je pense qu'il y a encore des personnes qui vives dans là rue,qu'ils y en a qui perdent leurs travail , qu'ils y en a qui ne sont jamais partis en vacances et je ne parle pas du reste . quand vous allez demander des aides ont vous envois ballader pour etre polie et les banques ce font des bonus sur le dos de leurs clients et bien pourquoi ne pas mettre sont argent dans les banques ils ne ferait plus de profil sur notre dos .

  • Sylvain, le 07/08/2009 à 10h17

    POUR COMMERCER A PREVOIR SES EMPLOIS APRES LA POLITIQUE ET SE PARTAGER LE GATEAU A TERME .

  • Will, le 07/08/2009 à 10h00

    Je vois pas pourquoi on suprimerais les primes d'objectif des employer sous pretexte de crise. Je suis commercial si j'atein mes objectif mon patron me versera ma prime contractuel.

  • Didier, le 07/08/2009 à 09h58

    La BNP PARIBAS qui est ma banque descide de redémarer le bonus des traders alors que des fonds PUBLIC ont aidé les banques à sortir la tête de l''eau, pendant ce temps là moi pauvre client de cette banque voit ma mensualité de ma carte bleu passé de 7.99? à 8.15? par mois. Il ne faudrait pas que ce soit les clients depuis plus de 35 ans qui servent à payer des bonus, lorsque je fais un emprunt à la BNP PARiBAS je n' ai jamais eu des intérêts négatifs. Après près de 37 ans de fidellité à cette banque je pense changer de banque, trop c'est trop!!!!!!!

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience