Eric Woerth (30 août 2009) © TF1/LCILe mystère sur la désormais célèbre liste de Bercy commence à s'éclaircir. La France a obtenu les noms de 3.000 résidents fiscaux français détenant des comptes non déclarés en Suisse par les filiales françaises de trois banques helvétiques dont Credit Suisse, a affirmé mercredi le journal Le Temps citant des sources à Bercy. "Ce sont bien trois banques suisses qui ont livré au fisc français les noms et numéros de compte de quelques 3.000 contribuables soupçonnés d'évasion fiscale", explique Le Temps, soulignant que l'information avait été confirmée par une "source informée" au ministère français du Budget.
"Le nom de la filiale française de Credit Suisse circule avec insistance", ajoute Le Temps citant à nouveau Bercy: "Credit Suisse? Oui, mais il n'y a pas que celle-là". Le nom des deux autres établissements concernés n'a pour l'instant pas transpiré. Interrogé par le journal, Credit Suisse, a nié, assurant qu'il n'avait livré "aucun compte et aucune information dans ce contexte".
C'est un contrôle fiscal qui a conduit deux banques à livrer des informations, confirme encore le journal helvétique. Il explique que selon "le livre des procédures fiscales", les banques sont obligées "de communiquer à l'administration, sur sa demande, la date et le montant des sommes transférées à l'étranger (...), l'identification de l'auteur du transfert et du bénéficiaire ainsi que les références des comptes concernés en France et à l'étranger". Les filiales des banques suisses en France risquaient des amendes "pouvant atteindre des centaines de millions d'euros" si elles avaient refusé de coopérer.
40 appels quotidiens
Eric Woerth avait annoncé fin août que le fisc était en possession d'une liste de 3.000 contribuables français soupçonnés d'évasion fiscale en Suisse. Une quarantaine de personnes ayant placé leur fortune à l'étranger pour frauder le fisc français appellent chaque jour une cellule spéciale de Bercy pour négocier un redressement à l'amiable, a affirmé mardi le ministre du Budget. "Ces personnes se disent, je suis dans uns situation illégale, j'interroge mon avocat et l'avocat est en train de changer d'avis", a-t-il expliqué sur France 2. "L'avocat qui lui disait avant : vous en faites pas, c'est pas la peine, ils ne remonteront jamais jusqu'à plus loin, il sait aujourd'hui que le monde est en train de changer", a-t-il ajouté.
Le ministre a dit ne pas savoir exactement si les 40 appels quotidiens dont il fait état provenaient pour partie ou totalité des personnes de cette liste, mais "il y en a, bien sûr", a-t-il dit. Estimant qu'il s'agissait parfois d'évasion fiscale, il avait demandé en août aux "3.000" de se dénoncer à Bercy pour négocier un rappel en l'échange de l'abandon des poursuites, menaçant de transmettre leurs dossiers à la justice s'ils ne le faisaient pas d'ici la fin de l'année.
Ces déclarations ont laissé sceptique une partie de l'opposition, qui estime que le ministre se livre à une opération de communication sans véritable fondement, pour laisser penser qu'un changement de politique s'amorcerait vis-à-vis des plus favorisés.
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