Image d'archives © TF1Lagarde, Woerth, Chatel, Bachelot, Darcos... L'annonce d'une éventuelle hausse du forfait hospitalier de 25% pousse les ministres à monter au créneau. Et ça cafouille. Après Chirstine Lagarde, dimanche matin sur Europe 1 (lire notre article : Hausse du forfait hospitalier : Lagarde ne confirme pas), qui assurait que le gouvernement n'avait pas rendu ses arbitrages sur les moyens de résorber le déficit croissant de la Sécurité sociale, le ministre du Budget Eric Woerth a indiqué que cette mesure constituait simplement une "piste", tout en refusant d'en faire "un drame absolu".
"C'est une piste parmi des milliers qui sont sur la table", a assuré le ministre du Budget, interrogé en marge de l'université d'été des jeunes UMP dans les Landes. Pourtant, l'information du Journal du Dimanche (JDD) est précise et semble aller au-delà d'une hypothèse de travail : le gouvernement prévoit une "hausse historique" du forfait hospitalier, qui passerait de 16 à 20 euros, ainsi qu'une baisse du remboursement de certains médicaments.
Darcos se ravise
Puis est venue la déclaration du ministre du Travail, qui lui confirme. Xavier Darcos a affirmé dimanche à l'AFP-vidéo que le gouvernement allait augmenter le forfait hospitalier, affirmant qu'il est "obligé de faire cet ajustement". "Ce qu'il faut, c'est le rapporter à son prix final, nous étions à 16 euros, nous passons à 20 euros ou quelque chose comme ça", a-t-il dit. "Evidemment, cela peut paraître une somme importante, mais pour tenir l'objectif de dépenses de santé, on est obligé de faire cet ajustement", a poursuivi le ministre du Travail. "Cela peut paraître important, mais je le répète, relativement, c'est une somme modeste par jour pour être accueilli dans un établissement". Mais le ministre du Travail a ensuite précisé dans un communiqué que l'hypothèse d'une augmentation du forfait hospitalier, n'était qu'une "piste de travail", et "ne saurait être tenue pour l'arbitrage définitif du gouvernement".
A son tour, la ministre de la Santé Roselyne Bachelot a donné son avis dimanche, pour juger sur France 5 qu'"il ne serait pas illégitime qu'il y ait un rattrapage sur le forfait hospitalier", qui n'a pas été augmenté depuis trois ans, tout en estimant qu'une augmentation de 25% lui semblait "très élevée". Mais "aucune décision n'est encore prise", a-t-elle aussi assuré. Enfin, le porte-parole du gouvernement Luc Chatel, invité du grand Jury RTL/Le Figaro/LCI dimanche soir, a assuré que le "gouvernement n'avait pas encore arbitré" les mesures qui seront prises pour financer le déficit. De son côté, le porte-parole adjoint de l'UMP Dominique Paillé a estimé, toujours à l'AFP-vidéo, que c'était "une augmentation substantielle mais juste".
"10 milliards de déficit"
Peut-être échaudé par le début de polémique sur la taxe carbone, Eric Woerth a appelé de son côté à ne "pas monter sur ses grands chevaux en appelant au drame absolu", remarquant qu'un certain nombre de Français étaient dispensés du forfait hospitalier. "La seule question qui compte, c'est que l'assurance maladie a quasiment 10 milliards d'euros de déficit", a-t-il plaidé. Eric Woerth cherche donc à rassurer : le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2010 ne sera présenté qu'en octobre au parlement et "à ce moment-là, vous verrez non pas les pistes mais les choix qui seront pris", a-t-il assuré.
Le ministre a également tenté de minimiser la question des déremboursements de médicaments. "S'il y a des médicaments dont l'efficacité médicale n'est pas prouvée, la question du taux de remboursement se trouve posée", a-t-il indiqué. "Je ne vois pas de raison pour les Français paient sur leurs charges sociales un médicament qui n'est pas efficace". Le déficit de l'ensemble des branches (retraite, famille, maladie et accidents du travail) pourrait atteindre 30 milliards d'euros en 2010 (après 20 milliards en 2009), selon la dernière estimation gouvernementale, pour des recettes dépassant les 300 milliards.
(D'après agence)
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