© SXC.HUPas de noms mais des chiffres. Le quotidien Libération a publié lundi la liste du montant des bonus d'une douzaine de salariés d'une salle de marché (traders, analystes, managers, assistants...) en 2007 et 2008, révélant de très forts écarts et des sommes pouvant aller jusqu'à 10 millions d'euros. Alors que le Royaume-Uni est en pleine cure d'austérité, la banque RBS a annoncé que son directeur général, Stephen Hester, bénéficierait d'un bonus de 1,15 million d'euros. C'est moitié moins que l'an dernier. Mais le bonus fait débat. La taxe sur les banques, qui sera mise en place l'an prochain et visera les activités les plus risquées, rapportera 504 millions d'euros à l'Etat en 2011, 555 millions en 2012 et 810 millions en 2013, selon la ministre de l'Economie. Christine Lagarde dit vouloir "taxer les activités qui présentent les plus gros profils de risque : c'est là qu'on veut limiter l'activité, en tout cas l'encadrer". Une taxe dont elle espère "entre 300 millions et un milliard d'euros". Les autorités de régulation du système bancaire américain ont révélé lundi leur directive "finale" destinée à guider les banques dans leur politique de primes et de bonus.
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Le journal a interrogé plusieurs employés concernés. Ces coups de fils ont "provoqué le panique des traders et de leur hiérarchie", selon le quotidien qui rappelle le côté confidentiel du montant des bonus. Sollicitée par le quotidien, la banque a menacé dans un courrier électronique de le poursuivre s'il révélait les noms des intéressés, affirme Libération.
De "faux débats" pour le PDG
Dénonçant le montant des sommes et les écarts, le journal explique que "si plusieurs personnes tournent autour du million d'euros, une somme déjà confortable, un chef de desk a touché 10,75 millions d'euros sur la seule année 2007". "Mais d'un autre côté, une analyste financière ne s'est vu attribuer que 15.000 euros, et une secrétaire 850 euros. Le rapport est donc de 1 à 12.500!", ajoute le journal. En 2007, l'affaire Kerviel et les "subprime" ont fait perdre 2,2 milliards à la Société générale, pourtant la banque a maintenu les bonus et certains ont touché trois millions d'euros, affirme Libération.
Interrogé sur l'article lors d'une conférence de presse à Londres, le PDG Frédéric Oudéa s'est refusé à commenter "des rémunérations individuelles", jugeant "sujettes à caution" les sources qui ont servi de base à l'article. "J'ai déjà parlé de la question des bonus et je ne veux pas commenter des éléments qui remontent à plusieurs années", a-t-il expliqué, soulignant que la Société Générale s'était engagée à respecter les engagements pris par les banques françaises sur le sujet des rémunérations et les avait déjà "largement anticipés". "En tant que PDG, je me concentre sur des questions sérieuses", a conclu M. Oudéa, qui s'est refusé à "entrer dans des faux débats".
(D'après agence)
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