BNP Paribas © DR/LCIEst-ce pour pouvoir verser des bonus et autres généreuses rémunérations sans avoir à rendre trop de comptes ? BNP Paribas a annoncé mardi une augmentation de capital de 4,3 milliards d'euros qui sera consacrée au remboursement de l'aide accordée par l'Etat au plus fort de la tempête financière dans le cadre de son plan de sauvetage des banques. Dans un communiqué, la banque indique qu'elle va rembourser dès octobre les 5,1 milliards d'euros d'actions de préférence (sans droit de vote) souscrites le 31 mars par l'Etat français, et lui verser une rémunération de 226 millions d'euros calculée sur sept mois.
Cette opération a été saluée par le marché. Avant 10 heures, le titre enregistrait la plus forte progression du CAC en gagnant 3,2% à 58,38 euros, surperformant nettement l'indice sectoriel européen DJ Stoxx (+0,6%). Il était convenu dès l'origine avec les pouvoirs publics et l'Union Européenne que cette participation de l'Etat serait remboursée dès que possible. Le taux d'intérêt de ces fonds, apportés aux banques afin de les aider à surmonter la crise financière, augmente en effet au fil du temps de manière à inciter à un remboursement rapide. D'autres banques européennes, comme Unicredit et Intesa Sanpaolo en Italie ou encore les banques britanniques Lloyds Banking Group et Royal Bank of Scotland envisagent également des opérations similaires afin de rembourser des aides publiques.
Pas de polémique...
Maintenant que le pire de la crise financière semble passé, les banques peuvent plus facilement se refinancer sur les marchés et souhaitent en profiter pour échapper à une tutelle désormais jugée pesante des Etats. La banque française a dégagé un bénéfice net de 3,16 milliards d'euros au premier semestre 2009 et passé dans ses comptes 4,17 milliards de provisions depuis le début de l'année. L'annonce en plein été d'une provision d'environ un milliard d'euros destinée à payer les bonus des salariés de sa division de banque de financement et d'investissement avait contribué à relancer le débat sur ce sujet déjà sensible.
Lors d'une récente audition à l'Assemblée nationale, Baudouin Prot, directeur général de la banque et président de la Fédération bancaire française (FBF), a estimé que les principales banques françaises allaient désormais pouvoir se financer directement sur les marchés financiers et se passer du coup de la Société de financement de l'économie française (Sfef) créée à l'automne 2008 en pleine paralysie des marchés. Le titre de la BNP, qui représente une capitalisation boursière de 61 milliards d'euros, progresse de 93% depuis le début de l'année après avoir perdu 59% en 2008.
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