Le logo de promotion du lait français © DRFace à la tourmente, peut-on compter sur un réflexe "national" ? Sans aucun doute, pour les producteurs de lait. Confrontés depuis des mois à des crises successives en raison de la baisse des prix, ils vont lancer dans les prochains jours un logo pour inciter le consommateur à acheter du lait produit, collecté et transformé en France. Ce lait sera reconnaissable à un logo "Eleveurs laitiers de France" déposé par la FNPL, une branche de la FNSEA, le principal syndicat agricole français. "Nous avons besoin de l'appui des citoyens et en particulier de la fidélité des consommateurs français", a déclaré mardi Henri Brichart, président de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL), à l'origine de cette initiative.
Ce label veut garantir un produit réalisé à partir de lait produit, collecté et transformé en France. Son objectif est d'aider les quelque 90.000 exploitations laitières qui font face à un "contexte économique très difficile" en raison de la grande volatilité des prix Après une flambée en 2008, les prix ont atteint cette année des plus bas historiques. Avant de s'étendre à d'autres produits comme l'emmental, la démarche concernera, dès le 21 septembre, le lait de consommation 1er prix puis, dans un deuxième temps, le lait sous marque de distributeurs (MDD).
"J'aime le lait d'ici"
La société Orlait, principale société de commercialisation du lait en France, est la première à rejoindre l'opération de la FNPL. Elle a décidé de créer "une marque militante qui va s'appeler : "j'aime le lait d'ici", soutenue par une campagne de publicité de 10 millions d'euros. Les briques de lait porteront le logo "Eleveurs laitiers de France". En valorisant un lait produit en France, Orlait veut "favoriser une démarche d'achat responsable pour la consommation d'un lait plus citoyen", a expliqué son PDG Roger Beguinot. Selon lui, le lait 1er prix qui représente plus d'un milliard de litres, soit près du tiers de la consommation de lait (à boire, ndlr) en France, est le plus touché par les importations.
Le lait importé vient surtout d'Allemagne où le prix est environ 15% inférieur à celui pratiqué en France. En 2009, les importations devraient doubler par rapport à l'année précédente pour atteindre 400 millions de litres, selon Roger Beguinot."Si l'on ne fait rien, il y a le risque de voir disparaître ce milliard de litres de lait au bénéfice de lait importé, ce qui pourrait entraîner la fermeture en France de 7 à 8 laiteries ce qui représente quelque 2.500 à 3.000 emplois", s'inquiète-t-il.
Bruxelles pourrait tiquer
"Il y a un petit risque" que les autorités européennes rejettent cette démarche, reconnaît Roger Beguinot. Bruxelles voit en général d'un mauvais œil la promotion d'un produit sur sa seule spécificité nationale. "Ce que n'aime pas Bruxelles, c'est quand un programme de promotion est obligatoire et qu'il est financé par de l'argent public", a fait valoir de son côté Henri Brichart Brichart.
La démarche ne devrait pas en tout cas améliorer les relations entre la filière lait française et Bruxelles. Le président de la FNSEA Jean-Michel Lemétayer a dénoncé mardi l'"attitude suicidaire de la Commission européenne qui n'entend que le langage ultralibéral", au lendemain de l'absence d'accord des ministres européens de l'Agriculture sur les moyens de faire face à la crise du lait. Seize d'entre eux, emmenés par la France et l'Allemagne, sont partisans d'une nouvelle forme de régulation pour protéger le secteur, les autres prônant la libéralisation.
Que pensez-vous de cette initiative des producteurs de lait ? Regrettez-vous ce "nationalisme" économique ou y voyez plutôt une initiative de solidarité en temps de crise ? Réagissez ci-dessous sur LCI.fr
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