L'ouverture à la concurrence se joue à l'Assemblée

le 07 octobre 2009 à 06h50 , mis à jour le 07 octobre 2009 à 10h49

Le projet de loi sur l'ouverture à la concurrence du marché jeux et paris en ligne est examiné à partir de mercredi par les députés.

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Le compte à rebours de la fin du monopole sur les jeux et paris en ligne est lancé. Conformément à la législation européenne, le projet de loi doit du ministre du Budget Eric Woerth doit être examiné par les députés. Celui-ci vise à ouvrir à la concurrence un marché jusqu'ici réservé aux opérateurs français, la Française des Jeux (FDJ) et le Pari mutuel urbain (PMU).  Il concerne trois types de jeux - paris hippiques, paris sportifs et jeux de table, principalement le poker -, pour lesquels seront accordées des licences distinctes. La loterie en sera exclue et demeurera le domaine de la FDJ, qui reste, elle, sous contrôle de l'Etat. Selon le ministère de l'Economie, 25.000 sites de jeux illégaux sont actuellement accessibles sur internet, que les autorités entendent bloquer. Chaque opérateur sera donc tenu de demander une licence, qui pourra lui être délivrée par l'Autorité de régulation de jeux en ligne (Arjel), créée par le projet de loi.
 
Lors de son point de presse hebdomadaire, le président du groupe socialiste, Jean-Marc Ayrault, a dénoncé une "dérive" visant à "faire plaisir" à des amis du chef de l'Etat. "Quand on voit la liste des bénéficiaires, de ceux qui ont fait du lobbying et qui ont essayé d'avoir des rendez-vous avec les parlementaires, on y retrouve la liste des invités du Fouquet's", le restaurant de luxe où Nicolas Sarkozy avait fêté sa victoire présidentielle en mai 2007, a-t-il estimé. Il a cité les noms de plusieurs industriels, chefs d'entreprise et personnalités du show-business français, présents à la table présidentielle, ayant créé, ou s'apprêtant à le faire, des sites de paris sportifs ou de casinos en ligne.
 
Fiscalité modifiée
 
Pour le président du groupe UMP à l'Assemblée, Jean-François Copé, "le temps est venu d'introduire une régulation dans le secteur des jeux en ligne". Il a néanmoins apporté "deux bémols" à son soutien au texte: la question des contrôles des circuits de financement et l'addiction aux jeux qui doit être "une politique publique prioritaire au même titre que les politiques de santé publique". Le porte-parole des députés communistes, Roland Muzeau, partage cette préoccupation. "Le risque c'est de promouvoir encore un peu plus l'addiction et l'appauvrissement de certains de nos concitoyens", a-t-il déploré, réclamant le retrait du texte. Le gouvernement espère voir le dispositif en place pour la Coupe du monde de football 2010, en Afrique du Sud.
 
Le projet de loi doit être examiné en séance publique par les députés pour une durée de trois jours. L'Assemblée doit ensuite se prononcer par un vote solennel sur l'ensemble du texte, mardi 13 octobre. La fiscalité des jeux a été modifiée afin d'harmoniser jeux en ligne et jeux dits "en dur" (PMU, loterie et paris sportifs opérés par la FDJ). Le taux de TVA courant a été fixé à 7,5%, mais à 2% pour les paris hippiques, sportifs et pour le poker. Les opérateurs agréés par l'Etat, qui s'attend à recevoir une centaine de demandes, seront en outre autorisés à faire de la publicité, ce qui devrait faciliter, selon le ministère du Budget, la concentration du marché et donc son contrôle. La publicité est pour l'heure interdite - règle qu'a notamment tenté d'outrepasser l'entreprise Betclic en signant un accord de sponsoring avec l'Olympique Lyonnais.
 
D'après agence

Partouche : "de leçon à recevoir de personne"

Patrick Partouche, président du groupe de casinos  éponyme, a rejeté mercredi les craintes de voir l'addiction augmenter chez les adeptes de paris en ligne dans le cadre d'une ouverture à la concurrence de ces  jeux, tout en estimant que tous les casinotiers devaient adopter les mêmes  règles de contrôle. "Nous n'avons, nous, casinotiers, de leçon à recevoir de personnne", a-t-il estimé sur la radio BFM. Mais, a-t-il reconnu, "encore faut-il que tous les opérateurs de jeu  adoptent les mêmes règles, en termes d'addiction au moins". "Nous sommes les premiers à avoir mis en place un système, 24 heures sur 24,  de conseillers (qui apportent une aide aux joueurs en difficultés) baptisé Addictel", a poursuivi le patron des casinos Partouche. Il a également assuré avoir mis en place dans ses casinos en ligne un système de contrôle de l'identité des joueurs : lorsque ceux-ci créent un compte, ils saisissent leurs "identifiants habituels" et leur numéro de téléphone portable sur lequel "un code de validation" leur est envoyé, code qui devra être "confirmé sur le net". Avec ce système, "j'ai déjà la certitude que le téléphone portable et le compte bancaire appartiennent à la personne qui veut jouer", a-t-il souligné. "A  partir de là, en fonction des enjeux que vous avez, nous exigeons vos papiers  d'identité pour avoir une validation complète", a-t-il ajouté. Interrogé pour savoir si les joueurs en difficulté pourraient être interdits  de casinos virtuels, M. Partouche a remarqué qu'on est "à l'aube d'une loi": "ça  fait partie des choses que nous devons voir".

le 07 octobre 2009 à 06:50
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7 Commentaires

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  • Le gaulois, le 07/10/2009 à 12h45

    Qui chaque jour fréquente les PMU et les points de vente du Loto sinon"" les pauvres français accro au jeu"" en l'occurrence, les chomdus de profession -les demandeurs d'emplois allergiques au travail et tous les assistés de France et de Navarre.!! ça fait du monde!! de gauche de toute évidence!!........

  • Zoroastrien, le 07/10/2009 à 12h39

    Que de publicité pour le jeu d'argent! pourtant il fait d'énorme dégat dans les familles. la dépendance est rapide et touche tout le monde. Le jeu est un vice mais aujourd'hui le message est atténué: Le jeu peut entrainer une addiction. Quel jolie mot mot ! Pendant ce temps des familles éclatent, certains perdent leur travail, mentent, volent, s'endettent, se suicide à cause de leur dépendance. Le jeu est un vice car il entraine une déchéance morale, psycologique et la perte des valeurs sociales. Et dire qu'il est interdit de fumer dans les casinos, ça fait doucement rire une telle hypocrisie. C'est comme si dans les bars on interdisait la grenadine sous le pretexte que ça fait grossir!

  • Michel, le 07/10/2009 à 11h23

    Comme toujours la France est en retard sur les autres, en dernière place , mais elle arrive.

  • Franck, le 07/10/2009 à 10h34

    Le gouvernement Français s'autorise à délivrer des licences Française!!! elle n'a pas le droit selon la communauté Européenne, de quel droit??? c'est aller à l'encontre du droit Européen..

  • Claude, le 07/10/2009 à 09h44

    Il serait temps que la France se mette à l'heure des autres pays concernant les jeux en ligne...

  • NaBaZTaG, le 07/10/2009 à 07h57

    Cela ne concerne t-il QUE les paris ? Les loteries et tombolas sont-elles toujours exclues ?

  • Phil, le 07/10/2009 à 07h49

    Lamentable dans un pays de liberté et d'égalité de voir que seulement une cinquantaine de personnes, triée sur le volet (présidentiel) vont avoir le droit de plumer les pauvres français accro au jeu (souvent dans l'espoir de sortir de leur misère.

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