© SXC.HUCela ressemble à une fin de non-recevoir. Luc Chatel a assuré mercredi que la modification du bouclier fiscal, proposée dans un rapport parlementaire de la commission des Lois de l'Assemblée nationale au nom de la réduction de la dette n'était pas au programme du gouvernement. "Nous défendons le bouclier fiscal comme un outil de justice fiscale et sociale (...) nous pensons que c'est un élément très important de notre politique fiscale, donc la révision de ce bouclier fiscal n'est pas d'actualité", a assuré le porte-parole du gouvernement en rendant compte devant la presse des travaux du Conseil des ministres.
Le ministre du Budget a lui aussi exclu de retirer la CRDS (contribution au remboursement de la dette sociale) des impôts pris en compte dans le bouclier fiscal, ainsi que le suggère la commission, estimant que "quand vous avez des principes et quand vous commencez à faire plein d'exclusions, il n'y a plus de principe". "C'est déjà beaucoup quand quelqu'un paie 50% de l'ensemble de ses revenus en termes de fiscalité. En général, il s'en va", a ajouté Eric Woerth à l'issue du Conseil des ministres. "Le principe, c'est quand même de garder les gens en France, de faire en sorte qu'il y ait une fiscalité élevée, parce qu'on a des services publics élevés, mais qu'il y ait un plafond à cette pression fiscale", a-t-il conclu.
Un rapport parlementaire relance le sujet
Un rapport parlementaire de la commission des Lois de l'Assemblée nationale propose mercredi de modifier le bouclier fiscal, cher à Nicolas Sarkozy, en retirant la CRDS (contribution au remboursement de la dette sociale) des impôts pris en compte dans ce bouclier. Dans ce rapport visant à "optimiser la dépense publique", commandé par le président de l'Assemblée nationale Bernard Accoyer (UMP), la commission des Lois estime que "cette mesure exceptionnelle est justifiée par la situation elle-même exceptionnelle de la dette sociale".
"Lutter contre cette dette est une cause nationale qui suppose la solidarité de tous", souligne le rapport. Mis en place en 2007 et régulièrement dénoncé par la gauche - mais aussi certains à droite - le bouclier fiscal permet à un contribuable de ne pas verser au fisc plus de 50% de ses revenus au titre des impôts directs et des contributions sociales, incluant la CSG et la CRDS. Ce rapport risque de relancer le débat sur la légitimité d'un tel bouclier à la veille du début du marathon budgétaire.
Ayrault tacle
Le président du groupe PS à l'Assemblée nationale Jean-Marc Ayrault a estimé mercredi que le rapport parlementaire proposant de modifier le bouclier fiscal était "révélateur du malaise" de la majorité. "Ce rapport est révélateur du malaise d'une majorité qui n'a plus d'arguments et qui est le dos au mur pour défendre l'indécence. Si au sein même de la majorité il y a des fissures il faudra bien que ça bouge", a déclaré Jean-Marc Ayrault lors d'un point presse.
Pour lui, "aujourd'hui, au sein même de la majorité, on ne se sent pas très bien, les députés de bonne foi qui écoutent les électeurs sur le terrain sentent bien que ça ne passe pas". "Le bouclier fiscal est toujours en place et nous allons continuer à nous battre pour qu'il soit purement et simplement supprimé", a-t-il ajouté.
Jean-Marc Ayrault a ironisé sur le "bouclier filial" qui suit "le bouclier fiscal et le bouclier électoral", lors de l'examen d'un texte sur le redécoupage électoral. "Pour cette élection législative à venir en 2012 on sera dans un découpage que vous aurez fait subtilement pour vous constituer en quelque sorte un bouclier électoral. Mais on est à l'époque des boucliers: il y a le bouclier fiscal, il y a le bouclier électoral et maintenant on a découvert le bouclier filial", a déclaré Jean-Marc Ayrault dans l'hémicycle. Une allusion à la polémique concernant la probable élection du fils du président de la République, Jean Sarkozy, 23 ans, à la tête de l'Etablissement public d'aménagement de la Défense. "Il y a à l'évidence du népotisme dans cette décision", avait déclaré pour sa part la première secrétaire du PS, Martine Aubry.
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