Un paquet de cigarettes. © SXCAvec 55,6 milliards de cigarettes vendues, le marché du tabac a augmenté de 2% en France en 2009. Ces chiffres, diffusés par la filiale française du fabricant British American Tobacco (BAT France), proviennent d'Altadis, le distributeur de tabac en France. Cette augmentation est due, selon BAT France, à une baisse parallèle des achats transfrontaliers de l'ordre de 7%. Elle ne serait donc pas synonyme de hausse de la consommation. "Ce sont bien les achats en France qui reprennent, pas la consommation", affirme Yves Trévilly, porte-parole de BAT France.
Une étude, commandée chaque année par BAT France au cabinet Epsy, montre qu'en septembre 2009, 22% des cigarettes consommées en France n'avaient pas été achetées chez un des 29.000 buralistes de l'Hexagone, mais plutôt à l'étranger, et notamment en Espagne et en Belgique. Cette proportion représente toutefois une baisse de 2 points, par rapport aux 24% enregistrés en 2008. Et une diminution encore plus spectaculaire par rapport aux années 2003 et 2004 : les achats transfrontaliers en Belgique, en Allemagne ou en Espagne, où le tabac est moins taxé et vendu moins cher, avaient alors explosé, après une augmentation de 40% du prix des cigarettes en France.
300 millions d'euros de recettes fiscales en plus
Cette baisse des achats à l'étranger s'explique, selon cette étude commandée par BAT France, par la stabilité des prix en France entre l'été 2007 et novembre 2009. Dans le même temps, la crise et des augmentations de prix en Espagne et en Belgique "semblent avoir limité les déplacements" vers les pays voisins.
La baisse pourrait également s'expliquer par les opérations médiatisées des douanes contre les achats transfrontaliers. Cependant, Bruxelles a demandé le 20 novembre à Paris d'assouplir ses règles concernant l'achat de tabac par les particuliers à l'étranger pour leur usage personnel, menaçant dans le cas contraire de saisir la justice. La législation européenne permet aux particuliers d'acheter du tabac à l'étranger à condition qu'ils le transportent eux-mêmes et le destinent à leur consommation propre. Mais la France limite ces achats à 2 kilos par véhicule.
Au final, celui qui gagne le plus dans cette baisse des achats à l'étranger, c'est encore l'Etat : dans son communiqué, BAT souligne qu'une telle baisse des achats à l'étranger lui permet d'engranger 300 millions d'euros de recettes fiscales supplémentaires.
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