Assurances-vie non réclamées : nouvelle offensive du Sénat

Par TF1 News, le 28 avril 2010 à 10h02 , mis à jour le 28 avril 2010 à 11h26

Deux lois obligent déjà les assureurs à rechercher les bénéficiaires de contrats d'assurance-vie non réclamés. Une nouvelle proposition de loi vise à renforcer cette obligation.

Le magot caché de l'assurance-viePlus de 150.000 contrats sont en déshérence après la mort du souscripteur. Un véritable pactole. Que devient l'argent des assurance-vie non réclamé ? © TF1/LCI

Les contrats d'assurance-vie non réclamés par leurs bénéficiaires intéressent à nouveau la Chambre haute, en dépit de deux lois déjà votées en 2005 et 2007. Un trésor oublié pour leurs bénéficiaires et qui représente 800 millions d'euros d'après la Fédération française des sociétés d'assurance (FFSA). Le 29 avril prochain, le Sénat va se pencher sur une proposition de loi ayant pour but le renforcement de l'obligation pour les assureurs de  retrouver les bénéficiaires des contrats.

  • Le magot caché des assurances-vie, bis

    Les compagnies auraient cumulé dans les 5 milliards d'euros grâce à des contrats jamais réclamés. Mercredi, une commission d'enquête parlementaire a été demandée.

    Publié le 22/05/2009 Le magot caché des assurances-vie, bis
Plus d'infos

 
Des millions de Français ont signé un contrat d'assurance-vie, car c'est leur instrument d'épargne préféré en raison d'un régime fiscal favorable, puisque le montant échappe partiellement à l'impôt sur les successions.
 
 Cinq milliards d'euros
 
La plupart du temps, le bénéficiaire est facile à retrouver, car les données sur son identité sont précisées dans le contrat. Mais parfois, il n'y a qu'un nom, sans adresse, ou alors simplement la mention "mes enfants" ou "mon conjoint". En outre, le bénéficiaire n'est souvent pas au courant lui-même qu'un contrat a été signé en sa faveur.
  
Un pactole oublié donc, qui serait plus important que la somme avancée par la FFSA selon certaines sources. Le cabinet Deminor, qui s'est fait une spécialité dans la défense des petits actionnaires et épargnants, parle de cinq milliards d'euros."La vérité est quelque part entre les deux, mais je ne crois pas une seconde à l'estimation des assureurs", a déclaré Hervé Maurey, le sénateur Nouveau Centre à l'origine du projet de loi.
 
Les lois de 2005 et 2007 ont déjà renforcé les obligations des assureurs, qui sont opposés à une loi supplémentaire. La loi de 2005 les oblige à informer le bénéficiaire, lorsqu'ils ont connaissance du décès de l'assuré, à condition toutefois qu'ils aient ses coordonnées. La loi de 2007 a autorisé les assureurs à consulter un fichier central pour voir si l'assuré est décédé. Les assureurs se sont engagés à le faire pour leurs assurés âgés de 90 ans et plus, qui ont un encours d'au moins 2.000 euros, et qui n'ont pas donné de nouvelles depuis deux ans. Grâce à ce dispositif, ils ont identifié les heureux bénéficiaires de 14.000 contrats non réclamés et leur ont versé 121 millions d'euros, soit 8.640 euros en moyenne par contrat.
 
"Il y la plus grande opacité dans ce secteur"
 
Mais avec la proposition du sénateur Maurey, les assureurs auront l'obligation, si la loi  est votée, de s'informer tous les ans de l'éventuel décès de l'assuré, quel que soit son âge. En plus, ils auraient l'obligation de publier tous les ans, dans leurs rapports annuels, ce qu'ils ont fait dans ce domaine, ainsi que les sommes versées aux bénéficiaires des contrats. Autant de propositions jugées excessives par les assureurs et trop lourdes à mettre en œuvre.

Enfin, le sénateur demande que les assureurs publient tous les ans dans leurs rapports le nombre de contrats d'assurance-vie non réclamés "en stock", car "il y la plus grande opacité dans ce secteur, on ne connaît pas le nombre de contrats non-réclamés". Selon lui, les assureurs ne sont pas pressés pour verser les sommes à leurs bénéficiaires, car ces "sommes leur rapportent, ils prélèvent tous les ans des frais de gestion" sur ces contrats non-réclamés, ce qui "pose un problème éthique grave".

Par TF1 News le 28 avril 2010 à 10:02
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11 Commentaires

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  • ultiminfo01, le 13/03/2011 à 15h26

    La dernières estimation de la déshérence liées aux capitaux non réclamés est de 10 à 30 milliards d'euros, selon le rapport Attali. Voir dans Google : "attali + déshérence" En dépit des mesures législatives Agira 1 et 2 et bientot de la troisième loi (devant l'assemblée générale pour vote en avril 2011), ce fléau ne cesse d'augmenter. Dans quelles proportions ? je dirai que cela est secondaire. Par contre, il est plus qu'urgent pour tout souscripteur de se donner aujourd'hui les moyens de s'en prémunir, pour après son décès.

  • valente12, le 29/04/2010 à 11h28

    Si il y a pas de dernière volontés on fait comment pour les trouvez

  • william95260, le 29/04/2010 à 09h16

    ça c'est de l'utopie, si vous instaurez un nouvelle taxe, c'est le bénéficiaire du contrat qui devra payer.

  • titivh, le 28/04/2010 à 20h20

    Le notaire interroge toujours les assurances liées aux banques (par exemple pour le crédit agricole on va interroger pacifica, pour la BNP : la cardif, pour la banque postale : la CNP...). malheureusement nous ne sommes pas en mesure d'interroger toutes les caisses d'assurances pouvant exister en France. Et puis de toute façon la plupart du temps, les assurances nous répondent qu'ils ne sont pas en mesure de répondre à notre demande sous couvert du secret professionnel. Et ceci est bien embêtant. En tous les cas, si vous souhaitez savoir si vous êtes bénéficiaire d'un contrat d'assurance vie après décès d'un proche contacter l'AGIRA (cet organisme transmettra votre demande auprès des différentes assurances)

  • cathyrurale, le 28/04/2010 à 16h58

    C'est de l'argent qui dort dont il faut bien trouver un moyen pour relancé la consommation. :-)

  • thierrymugler77, le 28/04/2010 à 14h25

    Travaillant chez un Notaire, je suis tout à fait d'accord avec vous. La première chose que l'on fait à l'ouverture d'une succession, c'est de se renseigner auprès du fichier central des dernières volontés et nous connaissons les héritiers. Effectivement, les assureurs n'ont qu'à faire la même chose

  • alain-paris, le 28/04/2010 à 14h14

    Une idée pour les législateurs : instituer une taxe payée (supérieure aux frais de gestion encaissés , et bien évidemment non refacturable aux bénéficiaires) par les assureurs sur les contrats non réclamés !

  • valente12, le 28/04/2010 à 13h29

    Quand on les réclames ,il trouve toujours une bonne excuse pour ne pas les payer

  • cat21700, le 28/04/2010 à 12h37

    Le problème c'est qu'il n'y a pas que les banques qui proposent des assurances vie.

  • 1potiron, le 28/04/2010 à 11h39

    Les notaires ont bien mis en place le "centre des dernières volontés" pour les testaments et depuis longtemps. Les assureurs auraient pu le faire aussi, mais il y a des intérêts évidents.

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