Injustes, inefficaces : les impôts locaux pointés du doigt

Par TF1 News (Avec agence), le 07 mai 2010 à 09h03 , mis à jour le 07 mai 2010 à 11h08

La fiscalité locale n'est pas équitable entre contribuables et collectivités, accuse un rapport du Conseil des prélèvements obligatoires présenté jeudi par Didier Migaud.

Didier Migaud (PS)Didier Migaud (PS) © TF1/LCI

Le rapport du Conseil des prélèvements obligatoires

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S'il a décidé de poursuivre la tradition de son prédécesseur Philippe Séguin à la tête de la Cour des comptes en présentant devant la presse les résultats de ses travaux, Didier Migaud a choisi jeudi de s'attaquer à la fiscalité locale en commentant le rapport du Conseil des prélèvements obligatoires, le CPO, organisme associé à la Cour des comptes et dont il est également président. Pourquoi cet intérêt pour la fiscalité locale ? Parce qu'elle souffre de fortes disparités. Et notamment d'une "faible lisibilité", d'une "efficacité économique incertaine" et de criantes inégalités entre les contribuables et les collectivités, estime ainsi le rapport du CPO.

S'il existe 50 prélèvements locaux différents effectués à tous les échelons (commune, département, région, etc.), la fiscalité locale repose sur quatre impôts principaux qui assurent les deux tiers des recettes : la taxe d'habitation, la taxe professionnelle (réformée cette année) et les taxes foncières sur le bâti et le non-bâti. S'y ajoutent la taxe d'enlèvement sur les ordures ménagères, le versement transport et les impôts indirects, notamment les "droits de mutation" acquittés en cas de transaction immobilière. Mais "ces impôts présentent le défaut de ne plus être adaptés à la situation économique et sociale contemporaine", a jugé lors de sa conférence de presse Didier Migaud.

Une fiscalité "de moins en moins adaptée"

Selon lui, "la fiscalité locale française est faite d'aménagements à la marge, successifs et sédimentés, qui la rend de moins en moins adaptée aux objectifs d'équité, d'efficacité et d'acceptabilité qu'on assigne à une fiscalité moderne". Si son efficacité économique est mitigée, en raison notamment de son opacité, c'est surtout son manque d'équité que le conseil des prélèvements obligatoires critique. Au niveau des contribuables tout d'abord, "le montant des prélèvements fiscaux ne dépend presque pas du revenu perçu", analyse le rapport. La taxe d'habitation n'est progressive que jusqu'à un certain niveau de revenu et devient ensuite "régressive". Ce qui signifie, selon Didier Migaud, que "les ménages modestes ou moyens subissent proportionnellement un prélèvement plus lourd que les ménages les plus aisés". Les bases cadastrales de la taxe foncière, inchangées depuis 1970, ont un effet similaire en privilégiant certains logements anciens rénovés au détriment de HLM récents par exemple.

La fiscalité locale n'assure pas non plus l'équité entre les collectivités sur tout le territoire. Les disparités du "potentiel fiscal par habitant" vont du simple au double entre les régions (67 euros en Corse, 111 euros en Haute-Normandie), du simple au quadruple entre les départements (296 euros dans la Creuse, 1069 à Paris) et de 1 à 1000 entre les communes. Et les mécanismes de péréquation mis en place ne corrigent qu'à peine la moitié de ces disparités, note le CPO. Pour y remédier, le conseil recommande notamment de "mieux prendre en compte les capacités contributives" des contribuables, en introduisant par exemple une part de revenu plus significative dans l'assiette de la taxe d'habitation et en révisant périodiquement les bases de la taxe foncière.

Ce rapport n'a pas manqué de susciter des réactions du côté des élus locaux : ainsi le président de l'Association des Régions de France, Alain Rousset, socialiste tout comme Didier Migaud, a-t-il estimé que le rapport sur la fiscalité locale "confirme" que "l'ampleur du déficit de la France relève de la seule responsabilité" de l'Etat. "Les dépenses des collectivités n'ont cessé d'augmenter depuis 30 ans, ce qui paraît logique du fait des lois de décentralisation, mais cette augmentation est identique à la moyenne européenne", souligne encore l'élu.

Par TF1 News (Avec agence) le 07 mai 2010 à 09:03
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9 Commentaires

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  • gillois30, le 09/05/2010 à 08h17

    Pour faire des economies il n y a qua supprimer la colonie de vacance pour vieux du senat le nmbre de minstres et les conseillers regionneaux ou generaux un seul suffirait ca les ferait un peu travailler

  • nanardesbordes, le 08/05/2010 à 02h59

    Moi je constate que dans ma commune rural , aucun commerce, aucun transport, pas de travail, pas de docteur, aucun équipement de loisir (juste une petite salle à louer), un lotissement situé sur un terrain en pente, pas de tout a l'égout avec tout ses avantages. une eau (potable) avec le gout de chlore 365 jours par an , l'école primaire et collège à 10km , lycée à 22 km, bref un impot local de 730 euros et 680 euros pour ne rien avoir, le bon air oui d'accord, sauf pour les allergiques aux pollens. Quand je compare avec d'autres communes dans certains autres départements ou vivent des membres de ma famille a situation égales , ils ont tout les équipements qui manquent chez nous et ils payent en moyenne la moitié en impots locaux. Je me pose réellement la question , est ce que les communes ou ils habitent payent moins d'impots parceque les maires sont (encore) centristes ou de droites et seraient de meilleurs gestionnaires ??

  • tatidaniele1953, le 07/05/2010 à 20h37

    Entièrement d'accord ,il serait temps de revoir ce système ou la région,le département,la ville,les communautés d'agglomérations taxent la population sans autre forme de procès ,nous sommes revenus au moyen âge,a quand le retour de la gabelle,de la dîme etc..................! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !

  • fredjol, le 07/05/2010 à 18h47

    Arretez avec le salaire de Sarko ! Pour une fois que l'Elysee est totalement transparente sur son budget... Vous oubliez totalement l'opacite des presidents precedents, c'est incroyable.

  • cars38, le 07/05/2010 à 15h53

    Les collectivités locales ne servent à rien sauf à prélever des impôts et à creuser un deficit abyssal .Avant la décentralisation , la france se portait beaucoup mieux sans cette quirielle d'élus qui se nourrit sur le dos des contribuables .. et pour quel résultat???

  • sucreglace77, le 07/05/2010 à 15h12

    Bonjour a tous , bravo hc46 .

  • hc46, le 07/05/2010 à 14h16

    En quoi la taxe d'habitation doit elle etre progressive?Cela deviendrait un deuxième impot sur le revenu.Pourquoi pas aussi le pain dix fois plus cher pour les cadres et 100 fois pour les cadres supérieurs.Le PS devient un vrai ayatollah de l'impôt

  • marco740, le 07/05/2010 à 13h39

    N'oublions quand meme pas que l'Etat se fait un plaisir de redonner des compétences aux collectivités locales, sans pour autant leur redistribuer la part des impots associées. en clair, l'Etat empoche toujours autant d'impots pour moins de responsabilités, ce qui permet à notre cher président d'augmenter son salaire par exemple, ou bien à l'Elysée de multiplier ses frais de représentation. Les collectivités locales ne sont surement pas exemptes d'erreurs mais l'Etat doit aussi respecter ses engagements.

  • saintamil, le 07/05/2010 à 11h31

    J'adore les présidents de région socialiste, quand on leur dit qu'ils dépensent trop, tout ce qu'ils trouvent à dire c'est que "cette augmentation est identique à la moyenne européenne". Limite s'il nous avoue pas avoir prix exemple sur la Grece...ils n'ont vraiment peur de rien.

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