- Vers une hausse inéluctable des produits alimentaires - 02 min 53 s
Mais les conséquences de cette brutale augmentation sont mondiales et l'Europe n'y échappera pas. Aussi le ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire, a-t-il lancé un avertissement jeudi matin sur la chaîne I-télé. Il sera impossible, selon lui, d'éviter au cours des prochains mois une répercussion de la hausse des cours des matières premières agricoles sur les prix de l'alimentation.
Les pronostics pessimistes de Bruno Le Maire
"Nous essayons de contenir cette augmentation, mais il y aura forcément une répercussion sur les prix de l'alimentation. Elle est inéluctable", a souligné le ministre. La volatilité des cours des matières premières est "un problème pour tous les paysans, mais elle est un problème pour nous consommateurs", a-t-il rappelé en pronostiquant que les Français verront "dans les prochains mois le prix de la baguette de pain, des pâtes, de la farine, de l'huile, de tous les produits de première nécessité, de la viande, bien entendu augmenter".
Bruno Le Maire a fait valoir que cette volatilité faisait peser un grand danger sur toute la planète, confrontée à "un risque considérable d'émeutes de la faim, à nouveau cette année ou l'année prochaine" sachant que "les pays en développement ne peuvent pas payer le blé au prix auquel il est parvenu". Un avertissement lancé alors que les ministres de l'agriculture du G20 se retrouvent en juin à Paris pour tenter, précisément, de trouver des solutions à la volatilité des prix des denrées alimentaires.
Différence entre offre et demande
Cette inquiétude est partagée par Michel Barnier, commissaire européen au Marché intérieur. Pour lui, la spéculation sur les marchés de matières premières agricoles est scandaleuse et une régulation plus étroite doit être instaurée. Il s'exprimait à Bruxelles quelques minutes après que le président Nicolas Sarkozy, au forum de Davos, eut indiqué que l'explosion des prix des matières premières menaçaient la croissance mondiale.
Il a toutefois précisé que la spéculation n'était qu'un élément parmi d'autres expliquant l'envolée des prix agricoles. "La première raison de la volatilité des prix agricoles est la différence entre une demande qui s'accroît et une offre qui ne s'accroît pas assez rapidement", a-t-il insisté. "Deuxième front : celui des fluctuations monétaires, qui accélèrent les variations des prix des matières premières. Le troisième front est celui de la spéculation", a-t-il poursuivi.
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