Bactérie E.Coli : l'Europe promet d'aider ses agriculteurs

le 07 juin 2011 à 06h47 , mis à jour le 07 juin 2011 à 12h14

Dossier : Bactérie tueuse E.Coli

Les ministres de l'Agriculture de l'Union européenne se réunissent mardi pour établir un plan de soutien aux maraîchers, dont les ventes de fruits et légumes sont en chute libre depuis le début de l'épidémie liée à la bactérie E.coli.

[Expiré] concombre bactérie E.Coli © AFP PHOTO FRANK PERRY

Ils vont être aidés. Les maraîchers européens victimes de la crise de confiance des consommateurs consécutive à l'épidémie mortelle de la bactérie E.coli vont pouvoir compter sur des indemnisations financières de l'Europe. L'exécutif européen devrait proposer mardi "des mesures concrètes d'indemnisation" pour le secteur, lors d'une réunion extraordinaire à Luxembourg des ministres européens de l'Agriculture et de la sécurité alimentaire.
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Premier exportateur de fruits et légumes en Europe, l'Espagne a vu ses ventes s'effondrer depuis que ses concombres ont été mis en cause -à tort- par les autorités allemandes. Alors que la saison est à son apogée, la méfiance des consommateurs à l'égard des concombres, salades et tomates, coûte cher aussi aux producteurs néerlandais, belges, portugais, français et allemands. Le ministre français Bruno Le Maire a annoncé lundi à Bruxelles avoir demandé au commissaire européen à l'Agriculture Dacian Ciolos "qu'il y ait une indemnisation à l'euro près des pertes subies par les producteurs de légumes en France".
 
"Grave dysfonctionnement"
 
L'Espagne, qui évalue ses pertes à environ 225 millions d'euros par semaine, veut que ce soit l'Allemagne qui endosse à 100% le dédommagement du préjudice. "Sinon, nous nous réservons le droit (de lancer) une action légale", a averti la ministre espagnole Rosa Aguilar. Berlin s'y refuse toutefois et Dacian Ciolos préfère explorer la piste d'une "solution européenne à ce qui est devenu un problème européen", a indiqué son porte-parole. La réunion de mardi pourrait déboucher sur "un accord de principe" à des mesures concrètes qui couvriraient "non seulement les producteurs qui sont membres d'organisations professionnelles, mais aussi ceux qui n'en font pas partie", a-t-il précisé. En principe, seuls les producteurs de fruits et légumes membres d'une organisation ont le droit de percevoir une indemnisation exceptionnelle pour leurs invendus, cofinancée par l'UE et les organisations, à hauteur de 5% à 10% de la valeur annuelle de leur production.
 
Selon des sources européennes, l'UE pourrait décider mardi de lever ce plafond. Mais la mesure risque d'être insuffisante. Et elle ne pourrait pas s'appliquer aux producteurs indépendants, qui sont majoritaires dans l'UE (65% de la profession). Une autre piste consisterait à instaurer un fonds européen d'urgence, tiré à 100% du budget de l'UE et ouvert à tous les producteurs, qu'ils soient organisés ou non. Pour des raisons légales, cette aide devrait être versée aux organisations de producteurs, avec lesquelles les producteurs non affiliés seraient tenus de signer un contrat pour pouvoir en bénéficier. Elle permettrait d'indemniser les producteurs pour leurs produits invendus depuis le 26 mai, à un prix fixé autour de 25 à 30% du prix de saison habituel, selon une source proche du dossier.
 
Les ministres évoqueront également les moyens d'améliorer la traçabilité et le système d'alerte sanitaire, alors que plusieurs pays tiers, notamment la Russie, ont interdit l'importation de légumes européens en attendant que la source de la contamination à la bactérie Eceh soit identifiée. Une décision jugée "disproportionnée" par l'Union européenne qui réclame sa levée immédiate. Pour Bruno Le Maire, il faut "tirer les conséquences" du "grave dysfonctionnement du dispositif de sécurité sanitaire" révélé par cette crise.

le 07 juin 2011 à 06:47
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7 Commentaires

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  • flacleco, le 07/06/2011 à 16h58

    Surtout quand on vois le prix payé a la caisse pour les concombres au même moment..alors qu'ils sont jeté a la benne...Une honte aux distributeurs qui n'aide pas les producteur..

  • 11b223, le 07/06/2011 à 13h53

    Et moi, qui m'aide???

  • 84vaucluse, le 07/06/2011 à 13h04

    Si vous mangez trois fois par jour, c'est bien parce qu'il y a des agriculteurs pour remplir votre assiette, mais personne ne vous oblige à manger bien sûr.

  • henri_bambelle, le 07/06/2011 à 12h50

    L'Allemagne, ayant initié et propagé une fausse rumeur, est seule responsable : elle doit payer. L'Europe n'a pas de responsabilité dans cette affaire.

  • gg74000, le 07/06/2011 à 10h43

    Je suis d'accord pour aider les agriculteurs , aides habituelles de Bruxelle, aides exceptionnelles quand tout va mal, mais qu'en est-il des remboursements ou des aides aux démunis quand tout va bien ?

  • francaisdeparis, le 07/06/2011 à 10h42

    Ce qui fait que lorsque l'on continue d'acheter des légumes, on paye deux fois. Et que si des agriculteurs décident de cultiver des légumes, c'est une obligation de les acheter. Vive l'Europe, vivement que l'on en sorte.

  • artibel, le 07/06/2011 à 09h18

    Les allemands peuvent se vanter d'avoir semé une belle pagaille...

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