Bactérie tueuse : l'UE va accroître son aide aux agriculteurs

le 07 juin 2011 à 19h52 , mis à jour le 07 juin 2011 à 22h24

Dossier : Bactérie tueuse E.Coli

Sous la pression de plusieurs pays mécontents, la Commission européenne a promis de revoir à la hausse l'enveloppe de 150 millions d'euros, destinée aux producteurs de fruits et légumes européens dont les ventes se sont effondrées. Une nouvelle proposition devrait être faite mercredi.

Un député européen espagnol brandit le 7 juin 2011 un concombre dans l'hémicycle de Strasbourg alors que le légume a été injustement accusé par Berlin d'être le vecteur d'E.Coli.Un député européen espagnol brandit le 7 juin 2011 un concombre dans l'hémicycle de Strasbourg pour demander la réhabilitation du légume injustement accusé par Berlin d'être le vecteur de la bactérie E. coli. © TF1-LCI

La Commission européenne a promis mardi soir une enveloppe nettement supérieure aux 150 millions d'euros annoncés initialement pour indemniser les producteurs de légumes de l'UE, dont les ventes se sont effondrées du fait de l'épidémie de la bactérie Eceh. Lors d'une réunion extraordinaire des ministres européens de l'Agriculture, le commissaire en charge du dossier Dacian Ciolos a d'abord proposé de créer un fonds de soutien exceptionnel de 150 millions d'euros pour couvrir les pertes des agriculteurs. Bruxelles voulait dans ce cadre indemniser les pertes à hauteur de 30%. Mais une grande majorité de ministres ont jugé ce montant très insuffisant et exercé de "fortes pressions" pour qu'il soit revu en hausse, selon une source diplomatique. A l'issue de la réunion, Dacian Ciolos Ciolos s'est engagé à "revoir ce chiffre" à la hausse, de façon à améliorer de façon "substantielle" aussi bien le niveau de compensation que l'enveloppe globale.
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Partout en Europe, les consommateurs boudent concombres, salades et autres tomates, présentés par l'Allemagne comme possibles vecteurs de la contamination bactérielle qui a tué déjà 24 personnes. Les fonds tirés du budget européen permettront d'indemniser partiellement les pertes des producteurs de légumes, qu'ils soient ou non membres d'une organisation de producteurs. Un producteur de concombres pourrait ainsi percevoir quelque 14 centimes par kilo, sur un prix normal de 48 centimes, calculé sur la moyenne saisonnière de 2007 à 2010. Les producteurs affiliés à des organisations, environ 35% des professionnels en Europe, pourront y ajouter des indemnisations déjà prévues par les règles en vigueur. Ils pourraient ainsi recevoir les deux tiers du prix de vente moyen (autour de 32 centimes par kilo de concombre).

Les producteurs français "ne sont pas responsables"
 
Les pertes de salades et de tomates depuis le 26 mai seront aussi prises en compte et la liste pourrait être étendue aux courgettes et poivrons. Les capitales européennes ont ainsi fait pression pour que Bruxelles révise sa copie, et un nouveau projet devrait être présenté dès mercredi. "Pour l'Espagne, ce n'est pas assez", a notamment assuré l'Espagnole Rosa Aguilar, en s'en prenant notamment au principe du remboursement de 30% de la valeur des invendus. Elle a pu compter là-dessus sur le soutien de Paris et de huit autres pays qui ont réclamé que l'UE indemnise à hauteur d'"entre 90 et 100% des pertes".
 
Les producteurs français "ne sont pas responsables de ce qui s'est passé, ils prennent de plein fouet la crise, ils ont droit à une indemnisation à l'euro près", s'est expliqué le ministre de l'agriculture Bruno Le Maire. "Je suis prêt à revoir à la hausse mais je pense pas que le niveau du budget permettra d'aller à 100%", a rétorqué Dacian Ciolos. Selon la fédération agricole Copa-Cogeca, le secteur enregistre des pertes de l'ordre de 417 millions d'euros par semaine, dont 200 millions en Espagne, premier exportateur de fruits et légumes en Europe qui a vu ses ventes s'effondrer depuis que ses concombres ont été mis en cause, à tort, par les autorités allemandes.
 
Plusieurs ministres ont également souligné la nécessité de tirer les leçons des dysfonctionnements du système d'alerte sanitaire européen, accusé d'avoir semé prématurément la panique et détourné les consommateurs des légumes sans preuve, sur fond de polémique germano-espagnole. "Cela doit bien entendu faire l'objet d'une enquête", a reconnu le commissaire chargé de la Santé, John Dalli. Il y a urgence également à identifier la source pour obtenir la levée des embargos décrétés, en particulier par la Russie, sur les importations de légumes européens.

le 07 juin 2011 à 19:52
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