"La hausse des recettes des radars est constante depuis plusieurs années, et elle est mécanique avec l'augmentation du nombre de dispositifs de contrôle automatisé. Ils étaient 3.700 fin 2011 et seront 4.100 fin 2012", explique le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Pierre-Henry Brandet suite à la publication de chiffres concernant les recettes liées aux radars.
"Le ministère ne calcule pas les projections de recettes, mais les évaluations du journal de 700 millions d'euros sont à mettre en perspective avec les 23 milliards d'euros que coûte chaque année l'insécurité routière", ajoute t-il. Sur ces recettes, un tiers va aux collectivités territoriales, un tiers va à l'agence du financement des infrastructures des transports, et un tiers à l'entretien et à la modernisation du parc de radars. "Cela veut dire que l'argent est reversé dans la lutte contre l'insécurité routière", a déclaré M. Brandet. Selon des policiers, le parc de radars doit être régulièrement modernisé car sur les appareils de première génération, un cliché sur deux n'est pas exploitable.
Et pour cela, l'Etat devrait avoir un peu de marge de manoeuvre en 2012. Les recettes générées par les radars, l'une des armes de la sécurité routière, devraient atteindre un niveau record en 2012, entre 675 et 700 millions d'euros, contre 639 millions en 2011, selon une estimation de l'Agence nationale du traitement automatisé des infractions (Antai) publiée par Les Echos. Les radars ont déjà rapporté "324 millions d'euros entre le 1er janvier et le 30 juin 2012, et en tenant compte de la corrélation du trafic selon les saisons, l'année 2012 pourrait rapporter entre 675 et 700 millions d'euros", selon l'Antai.
Possibilité de verbaliser les automobilistes étrangers
En 2011, le montant des recettes atteignait déjà la somme record de 639 millions d'euros. En 2007, les radars rapportaient 362 millions d'euros, rappellent Les Echos. En guise d'explication, outre l'extension du parc des radars, un expert interrogé par le quotidien économique avance un "relâchement des automobilistes, et une légère augmentation de la vitesse moyenne". Il note une augmentation de "20% en avis de contravention et excès de vitesse depuis le début de l'année".
L'augmentation du nombre de radars installés, notamment les 679 qui l'ont été depuis 2009 pour contrôler le respect des feux rouges, est un autre facteur qui a contribué à la hausse de ces recettes, de même que la possibilité de frapper d'amendes les automobilistes étrangers en infraction sur les routes de France.
Le Front national a réagit vendredi. Commentant dans un communiqué intitulé "Pour l'arrêt de la chasse aux conducteurs", la perspective de recettes record des radars de circulation, Steeve Briois, secrétaire général du FN, "se désole de cette politique de répression initiée par Nicolas Sarkozy" contre automobilistes et motards. "Plus stigmatisés que les délinquants réels, les conducteurs français ne supportent plus d'être triplement sanctionnés, financièrement d'abord par le paiement des amendes, pénalement par la perte de leurs points, et enfin socialement par les difficultés professionnelles que ce système engendre", écrit le parti de Marine Le Pen.
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